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AFRIQUE

Afrique : Un avenir du continent qui dépend de sa capacité à répondre aux attentes de sa jeunesse


- 3 Avril 2017 modifié le 3 Avril 2017 - 14:29

« Un point de bascule pour l’Afrique » : rapport publié en amont du Forum Ibrahim 2017 qui se tiendra samedi 8 avril à Marrakech (Maroc)


Afrique : Un avenir du continent qui dépend de sa capacité à répondre aux attentes de sa jeunesse
LONDRES, le 28 mars 2017 – Le rapport sur lequel s’appuiera le Forum 2017 de la Fondation Mo Ibrahim, « Un point de bascule pour l’Afrique », souligne que, malgré d’incontestables progrès, le continent africain est aujourd’hui confronté à un risque réel de recul. Son avenir dépend avant tout de sa capacité à apporter une réponse adéquate aux attentes d’une jeunesse devenue fortement majoritaire.

Parmi les éléments de réflexion :
Aujourd’hui, près de 60 % de la population du continent a moins de 25 ans. En 2050, l’Afrique comptera 452 millions de jeunes de moins de 25 ans, soit plus de 60% du total de la population européenne en 2015.

Leur dynamisme, leur ambition et leur potentiel constituent une richesse extraordinaire pour les pays du continent. Toutefois, de facteur de progrès, ce « dividende démographique » peut se transformer en facteur de déstabilisation.
Trop de jeunes Africains se sentent aujourd’hui privés de toute perspective économique et dépourvus du moindre poids sur les décisions concernant l’avenir de leur propre continent.

Si le cycle des matières premières a alimenté la croissance du PIB dans de nombreux pays africains, il n’a pratiquement pas créé d’emplois nouveaux. Au cours des dix dernières années, alors que le PIB réel de l’Afrique a enregistré une hausse annuelle moyenne de 4,5 %, le taux de chômage des jeunes n’a pas quitté un niveau élevé. Pourtant deuxième économie africaine, l’Afrique du Sud est incapable de proposer un emploi à plus de la moitié de sa jeunesse.

Si aujourd’hui la jeunesse africaine a bénéficié en moyenne d’un niveau d’éducation plus large et plus élevé que la génération précédente, elle a rarement été dotée des compétences dont l’économie a besoin. L’Égypte et la Tunisie, dont la population figure parmi les plus instruites du continent avec un taux brut de scolarisation dans l’enseignement supérieur de plus de 30 %, enregistrent également l’un des plus hauts taux de chômage des jeunes sur le continent chez les jeunes, supérieur à 30 %.

Les élections « libres et transparentes » se sont multipliées au cours de la dernière décennie, mais le taux de participation décline et le scepticisme vis-à-vis des représentants élus augmente, en particulier chez les jeunes.
Le désenchantement à l’égard du modèle démocratique et le manque d’opportunités économiques se conjuguent pour créer un « mélange toxique » qui ne peut que conforter l’attrait de la migration et de l’extrémisme violent.

Le terrorisme est devenu une organisation criminelle rodée, pesant quelques milliards de dollars, et exerçant un contrôle croissant sur divers trafics -drogue, êtres humains, ressources naturelles…. L’emploi, le statut, le revenu et le sentiment « d’appartenance » que le terrorisme en apparence offre aux jeunes qui se sentent exclus du système général sont sans doute aussi attrayants que l’idéologie elle-même.

Mo Ibrahim, président de la Fondation Mo Ibrahim, a déclaré : « L’énergie et l’ambition de la jeunesse africaine constituent notre ressource la plus précieuse et notre plus grand espoir pour accélérer les progrès de notre continent. Toutefois, les attentes des jeunes deviendront frustration et colère s’ils ne trouvent pas d’emploi et n’ont pas voix au chapitre concernant leur propre avenir. Notre continent est à un point de bascule. Les décisions prises aujourd’hui détermineront s’il continuera à progresser ou régressera. Un leadership éclairé et une gouvernance saine sont plus essentiels que jamais. »

Publié en amont du Forum Ibrahim 2017, qui se tient dans le cadre du  Week-end annuel de la Fondation Mo Ibrahim sur la gouvernance, le rapport permet de nourrir la discussion organisée autour des trois thèmes suivants :

L’attrait de l’extrémisme violent et de la migration
Le risque d’un recul démocratique
La nécessité d’une croissance inclusive et créatrice d’emplois

Parmi les intervenants :
Akinwumi Adesina, Président de la Banque Africaine de Développement
Kofi Annan, ancien Secrétaire général des Nations Unies
Youssef Amrani, membre du Cabinet Royal du Royaume du Maroc
Abdoulie Bathily, ancien Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour l’Afrique centrale
Fatou Bensouda, Procureure générale de la CPI(Cour Pénale Internationale)
Bono, leader du groupe U2, co-fondateur de The ONE Campaign
Aliko Dangote, PDG de Dangote Group
Moulay Hafid Elalamy, Ministre de l’Industrie, du Commerce et des Nouvelles technologies, Royaume du Maroc
Jean-Marie Guéhenno, Président de International Crisis Group
Sello Hatang, Président de la Fondation Nelson Mandela
Mo Ibrahim, Président et fondateur de la Fondation Mo Ibrahim
Martin Kobler, Chef de la mission d’appui des Nations Unies en Libye
Ngozi Okonjo-Iweala, Senior Advisor chez Lazard
Amina J. Mohammed, Secrétaire général adjoint des Nations Unies
Mark Malloch Brown, Président de la Business Sustainable Development Commission
Paul Polman, PDG de Unilever
Sanusi Lamido Sanusi, Émir de Kano
 
Modérateurs :
Abdelamalek Alaoui, PDG de Guepard Group
Zeinab Badawi, animatrice, BBC HardTalk
Jendayi Fraser,   PDG, 50 Ventures, LLC