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POINT DE VUE

Antisémitisme: après la prise de conscience, la crise de confiance !


Alwihda Info | Par Richard C. ABITBOL - 22 Août 2014 modifié le 22 Août 2014 - 21:47


Par Richard C. ABITBOL

Les derniers évènements survenus tant en Israël qu'en France ou en Europe, voire un peu partout dans le Monde, ont amené nombre de nos coreligionnaires à prendre conscience de l'ampleur de la montée en puissance de l'antisémitisme en France, bien sûr, mais également en Europe, et un peu partout dans le monde.

D'une simple inquiétude, cette prise de conscience s'est véritablement transformée en anxiété, au point que certains s’interrogent sur leur avenir dans le pays de leurs ancêtres, au point d'envisager d'émigrer vers Israël ou ailleurs, mais où ? La question se pose tant l'antisémitisme s'est disséminé partout de par le monde. Même aux Etats-Unis la question commence à se poser.

Nos derniers communiqués, concernant la montée inexorable de l'antisémitisme tant en France qu'en Europe, ainsi que ceux concernant le déferlement de haine envers Israël, ont déclenché des centaines de réponses et d'interrogations. Ce qui montre l'ampleur de l'inquiétude et de l'anxiété ambiante; anxiété accrue par la perception d'une réaction inadaptée et molle tant de nos institutions que des autorités constituées.

Ainsi cette prise de conscience est, pour la première fois, accompagnée d'une perte de confiance: perte de confiance dans nos leaders, perte de confiance dans nos associations, perte de confiance dans les autorités de la République et pire que tout perte de confiance dans nos institutions.

Cette perte de confiance s'accompagne d'une per te de l'espoir d'amélioration de notre situation dans un avenir prévisible.

C'est là le véritable challenge: redonner l'espoir et l'envie de combattre !

Alors, quelles solutions pourrions-nous apporter à ce phénomène déplorable et qui semble inexorable afin de redonner l'espoir à nos concitoyens juifs ?

Faire le point sur la situation, évaluer nos actions passées et réfléchir à une nouvelle stratégie au vu des circonstances anxiogènes que nous vivons, voilà notre mission.

Le temps du bilan est donc arrivé !

Il ne faut pas être grand clerc pour comprendre à quel point notre communauté est menacée, et avec quelle violence Israël est dénigré ! Nous vivons la triste époque du Israël bashing !

Après avoir évalué la situation en France, nous élargirons notre analyse au reste de l'Europe.

Avant de nous projeter dans l'avenir, il est impératif de faire un état des lieux et d'évaluer ce qui a été fait.

Le monde d'aujourd'hui n'a plus rien à voir avec celui que nous avons connu. Il n'est donc pas question d'extrapoler le passé mais plutôt d'inventer l'avenir.

En France, la stratégie communautaire de communication qui a été mise en place depuis une vingtaine d’années a, incontestablement, échoué. De plus, beaucoup d’argent a été dépensé pour peu de résultats !

Nous ne sommes plus compris, ni entendus par la masse du peuple français.

Un exemple de cette incompréhension a été donné, récemment, dans un éditorial paru dans la presse française sous la plume de Christophe Barbier, rédacteur en chef de l'Express, qui semblait, pourtant, être un de nos amis ( et qui l’est peut-être) mais qui a considéré, à tort, qu'il était de son devoir de nous donner des directives, des leçons et des règles de vie. C'est ce qu'il a fait dans son Éditorial du 5 août 2014 !

Ainsi, selon lui, les Juifs français ne comprendraient rien à leur propre situation, ils seraient stupides au point de ne pas saisir où se trouvent leurs intérêts !

1. Selon lui, se défendre serait une erreur, et donc, s'ils le faisaient les Juifs auraient tort !

2. Partir, ils auraient encore tort, car ce serait peu courageux et une forme de lâcheté !

3. La seule solution qui resterait donc aux Juifs de France et qui devrait leur convenir comme un gant, c'est la dhimmitude La solution serait donc que les Juifs de France restent sous la protection de ceux qui les insultent et leur donnent des coups de pieds au c… ! Et cela pour leur bien, bien entendu, car ils ont un impérieux besoin d'être réveillés par des bons samaritains, comme lui, afin de les faire sortir de leur turpitude ! C'est donc pour leur bien que Christophe Barbier leur conseille de faire le dos rond et d'attendre la bienveillance et la protection de la République.

En espérant qu'elle réussisse à les défendre car, lui-même n'en est pas si sûr !

Voilà donc l’admirable solution que nous propose Christophe Barbier , cet ami qui nous veut du bien (voir l'édito en cliquant sur le lien ci-dessous):

http://www.lexpress.fr/actualite/politique/les-nouveaux-baal-zebud_1564124.html

Bien que nous soyions convaincus du danger d’un « judéo-centrisme » qui nous isolerait et mettrait en péril notre avenir en France, nous ne pouvons accepter, en aucune manière, la conclusion indigne de Christophe Barbier qui laisserait à penser que seuls les Juifs de France sont responsables de leur situation présente.

Le penser est indigne !

Certes les Juifs de France ont peut-être commis des erreurs dans l'approche et l'évaluation de la situation.

Mais ils sont les victimes, et non pas les coupables, de cette dégradation sociétale qui frappe la France depuis des années et que rien ne semble pouvoir arrêter. Dans la responsabilité de cette dégradation, on ne peut disculper ni les gouvernements de droite, ni les gouvernements de gauche, car ils se sont tous accomodés de cette dérive. Peut-être que les émeutes de novembre 2005 y sont pour quelque chose !

Ils ont donc laissé cette délinquance, tant mafieuse que politique, s'installer à tous les niveaux de notre société dans une forme de laxisme ambiant et résigné, délinquance qui s'est particulièrement illustrée, comme souvent, par l'installation d'un antisémitisme violent.

L'antisémitisme n'est que la conséquence prévisible et visible d'une déliquescence morale qui se mesure à tous les strates de la société, et qui a pour conséquence une délinquance de plus en plus violente et morbide.

Pour notre part, nous nous devons de faire l’analyse qui s’impose, sans œillères et sans complaisance !

Et, comme vous avez pu le constat