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AFRIQUE

Armée sénégalaise : Quand des officiers de type nouveau prennent les grands commandements


Alwihda Info | Par Pape NDIAYE - JOURNAL LE TEMOIN - 20 Janvier 2013 modifié le 20 Janvier 2013 - 11:09


L'armée sénégalaise. Crédits photos : Sources
L'armée sénégalaise. Crédits photos : Sources

Pape NDIAYE - « Le Témoin » N° 1111 –Hebdomadaire Sénégalais ( JANVIER 2013)

Dans l’Armée sénégalaise comme dans toutes les autres armées du monde, certains empruntent les chemins les plus courts, c’est-à-dire les grandes écoles de formation militaire, pour devenir officiers. D’autres choisissent une voie plus détournée, mais non moins efficace, pour parvenir à cet objectif. Et ce chemin de contournement, c’est celui des écoles de sous-officiers. Là, à partir du grade de sergent, il ne reste plus qu’à passer le concours d’entrée à l’école d’officiers, pour étrenner des barrettes. Et souvent, dit-on, les officiers qui sont passés par la case sous-officier, où ils ont crapahuté dur, deviennent de très bons officiers, des chefs respectés et combatifs car ayant partagé la vie des hommes du rang et connu les problèmes du gros de la troupe. La preuve par l’actuel Cemga Mamadou Sow alias Nogass qui a d’abord été sous-officier avant de gravir les échelons jusqu’au sommet de l’Armée.

Les dernières nominations intervenues, il y a une dizaine de jours, dans le haut commandement de l’armée nationale n’ont pas encore fini d'alimenter les débats dans les casernes, salons et autres mess d’officiers. En passant en revue la liste des officiers promus à la tête des bataillons d’élite et des directions stratégiques des armées, force est de constater qu’il y a une nouvelle donne. Et si cette nouvelle donne avait dès le départ des relents de redistribution des cartes, elle a annihilé les velléités de certains barons qui se voyaient déjà au firmament des galonnés. Des barons sortis directement des grandes écoles d’officiers et qui se se croyaient formatés pour être « Cemga ». À l’analyse des dernières mesures et affectations intervenues, il ne fait l’ombre d’aucun doute que des officiers de type nouveau ont pris les grands commandements. Cette nouvelle race de généraux et de colonels est composée de jeunes officiers dits « rampants » sortis des école de sous-officiers avant de fréquenter plus tard les académies militaires. Ils ont derrière eux une carrière bien remplie puisque le métier des armes est un apprentissage dur et exigeant. Et plein d'incertitudes. Il faut d'abord aimer ce métier qui n'est pas fait pour les enfants de choeur, avant de l'embrasser par passion et vocation. Si on est prêt à accepter de servir sa patrie comme tout autre citoyen et courir le risque de perdre sa vie sans recevoir une rémunération égale à celle des autres compatriotes évoluant dans d’autres secteurs d’activités dans le civil, alors, il est conseillé de s’engager sous les drapeaux !

La plupart des soldats interrogés nous listent les nombreuses difficultés dans ce milieu de grande émulation qu'est l'Armée. Une Armée où tout passe par des sélections rigoureuses. Et à tous les niveaux avant d'obtenir un parchemin tant convoité.

Donc, le sous-officier qui devient officier est quelqu'un qui connaît bien la compétition dans les catégories inférieures, d’abord, avant de concourir rudement pour les hautes fonctions ou les grades supérieurs. Car, ces anciens sous-officiers ont assumé pour la plupart toutes les fonctions à leurs risques et périls : sentinelle, chef de poste, sergent de semaine, chef de section, sous-officier adjoint, adjudant de compagnie etc. Puis, ils ont eu le mérite et l’abnégation d'accéder dans les grandes écoles de formation d'officiers. Au-delà de ces responsabilités, ils ont toute une somme d'expérience de la vie des hommes et du commandement.

Alors, pourquoi donc ces militaires dont le mérite et le professionnalisme sont à revendre, font-ils l'objet de critiques pour avoir été promus à des postes de responsabilité au sein de la Grande muette ? La réponse devrait être cherchée dans ces querelles de clochers qui ne disent pas leur nom et dont l'essentiel procède d’un complexe de supériorité fallacieux qui n’est assis sur aucune base, de l’avis de nombreux anciens patrons de l’Armée. En clair, si les critères rigoureux de sélection sont surmontés par ces officiers pour avoir sauté tous les obstacles avec brio, pourquoi leur refuserait-on ces étoiles tant prisées ? Ou, en tout cas, les grands commandements.

Car, ce dont notre Armée nationale a besoin, ce ne sont pas ces grands théoriciens brevetés des grandes écoles et qui n'ont jamais essuyé de coup de feu. Au moment où la sous-région est menacée par des envahisseurs islamistes et où les rebelles du Mdfc (Mouvement des Forces démocratiques de Casamance)  destablisent le Sud de notre pays, notre Armée a besoin de chefs militaires compétents, courageux, intègres et soucieux du devenir de leurs hommes. Ils doivent être rigoureux et courageux pour constituer un exemple pour leurs troupes. En tout cas, le Sénégal de l’après-Wade devrait être celui de la rupture à tous les niveaux. Dans l’Armée comme dans la fonction publique. Attention, nous ne disons pas que les grandes écoles comme Saint-Cyr, Mekhnès, West-Point, Sandhurst, Énoa etc. n’ont pas produit de brillants officiers généraux émérites. Au contraire, ces écoles restent et demeurent des références puisqu’elles nous ont fourni de très grands officiers généraux : Babacar Gaye, Mouhamadou Keita, Abdoulaye Fall, Mamadou Seck « Faidherbe », Mamadou Seck « Number One », Lamine Cissé, Pathé Seck etc… Faudra-t-il désormais compter avec les nouveaux jeunes officiers de type nouveau, c’est-à-dire ceux qui viennent d’être promus aux grands commandements de l’armée nationale ? Ces officiers qui, du pied de l’échelle, ont réussi à se hisser au sommet de la montagne. En tout cas, de l’avis général, l’actuel Cemga Mamadou Sow alias Nogass ne s’est pas trompé sur le choix des hommes destinés à prendre les grands commandements de l’Armée. Et tant mieux pour l’équilibre des chances et des parcours…

Pape NDIAYE
« Le Témoin » N° 1111 –Hebdomadaire Sénégalais ( JANVIER 2013)


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