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AFRIQUE

Assassinat économique : Un maître chanteur nommé Tahibou Ndiaye


Alwihda Info | Par Pape NDIAYE - 9 Décembre 2013 modifié le 9 Décembre 2013 - 10:38


Tahibou Ndiaye. Crédit photo : Sources
Tahibou Ndiaye. Crédit photo : Sources
SENEGAL - Le père, l’épouse, les enfants, les filles adoptives… bref, il ne restait plus que les bonnes domestiques et les chiens pour que le royaume fut au complet ! Des sommes faramineuses s’élevant à des centaines de millions de fcfa, des dizaines de villas et de titres fonciers bâtis ou nus localisés dans des quartiers résidentiels. Sans oublier un parc automobile impressionnant… Les chiffres de ce casse du siècle sont tellement élevés qu’ils donnent le tournis au citoyen ordinaire. Et le plus chevronné des experts-comptables peinerait à s’y s’y retrouver. Sauf le procureur de la Cour de répression de l’enrichissement illicite (Crei), M. Alioune Ndao, et sa légion d’experts qui ont finalement réussi à reconstituer la toile d’araignée financière et immobilière de la dynastie Tahibou Ndiaye. Une fois n’est pas coutume, nous sommes en phase avec Monsieur le Procureur spécial de la Crei dès lors que les faits imputés à l’ancien directeur du Cadastre sont flagrants. L’affaire dite Tahibou Ndiaye n’est pas seulement un crime économique ! Au fond de cette cache algébrique, on constate dans les ténèbres qu’elle est plus qu’un crime, mais plutôt un assassinat économique. Un assassinat avec préméditation comme le montrent les prêtes-noms, les fuites de capitaux, les planques à l’étranger etc. Un scandale à juste titre ! Mais le scandale serait plus beaucoup dramatique aux yeux du peuple sénégalais s’il était resté impuni. Ouf, Tahibou Ndiaye a été placé sous mandat de dépôt ! Une mesure qui vient balayer cette vaste campagne médiatique orchestrée par certains avocats de Tahibou Ndiaye. Justement ! Lesquels ont ventilé dans certaines rédactions triées sur le volet des procès-verbaux dans lesquels le sieur Tahibou Ndiaye tentait piteusement de justifier son empire financier. D’où le tir groupé de la plupart des confrères. Mais pourquoi ces mêmes avocats n’ont-ils pas filé aux mêmes journalistes les conclusions accablantes de l’enquête de la gendarmerie démontant pièce par pièce les allégations de Tahibou Ndiaye ? Cette stratégie de communication synonyme de bouée de sauvetage nous rappelle d’ailleurs la première crise politico-militaire de la Côte d’Ivoire lorsque le défunt général Robert Gueï avait renversé le président Henri Konan Bédié. La France savait déjà que les carottes étaient cuites. Faisant mine de vouloir sauver le régime de Henri Konan Bédié, elle avait fait tendre le micro de « Rfi » à Henri Konan Bédié pour un ultime appel à la résistance. S’agrippant sur le micro de « Rfi » comme à une bouée de sauvetage depuis l’ambassade de France où il s’était réfugié, le président Bédié invitait les gouverneurs, préfets et sous-préfets à inciter les populations locales à la résistance. Un appel désespéré mais qui était peine perdue !

Pour ce coup-ci, et malheureusement pour l’ex-tout puissant directeur du Cadastre, la bouée médiatique n’a pas suffi pour sauver sa peau. Car, ses avocats savaient que les carottes étaient cuites pour lui. Surtout que, malgré le dossier accablant constitué par les gendarmes sur son patrimoine, il s’est mis à brandir l’arme du chantage. On lui demandait de convaincre sur les faits d’enrichissement illicite qui lui sont reprochés ? Il choisit de menaçer un Etat ! Or, malgré 12 ans de présence à la tête du Cadastre, M. Tahirou Ndiaye ne détenait aucune bombe qui pouvait éclabousser le régime du président Macky Sall, si ce n’est pas une bombe foncière dont il est à la fois le fabricant, l’artificier, le propriétaire et… la victime !

Au moins sous le régime du président Macky Sall, toutes les personnes impliquées dans les affaires d’enrichissement illicite ont usé de leur droit de défense. Elles ont été confrontées à l’accusation tout en bénéficiant d’un très large délai afin d’apporter des justificatifs. Contrairement aux premières heures de l’alternance sous Me Abdoulaye Wade où d’honorables pères de famille et anciens directeurs de société avaient été expédiés sans autre forme de procès à Rebeuss. Sous d’autres cieux, l’ancien directeur du Cadastre serait conduit dans les couloirs de la mort pour assassinat économique. Il a bien de la chance de vivre au Sénégal…

Pape NDIAYE
« Le Témoin » N° 1145 –Hebdomadaire Sénégalais ( DECEMBRE 2013)


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