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COMMUNIQUE

Au Niger, il ne fait pas bon parler politique


- 4 Février 2014 modifié le 4 Février 2014 - 16:20


Par RSF Africa

Soumana Idrissa Maïga, directeur de l’unique quotidien privé du Niger l’Enquêteur, est arrêté le 23 janvier 2014. Accusé de complot contre la sûreté de l’Etat et recel de malfaiteurs suite à la publication dans son journal d’un article qui évoquait la tenue d’un congrès d’un parti politique d’opposition. Il sera gardé cinq jours en détention préventive, en violation de l’actuelle loi sur la presse. 
 
L’édition du 17 janvier 2014 du quotidien privé l’Enquêteur contient un article intitulé Congrès chaud de Lumana. L'auteur y annonce la tenue les 25 et 26 janvier 2014 d’un congrès du Mouvement démocratique nigérien (Moden). Il insiste sur le caractère militant du congrès du Moden Lumana, perçu par le parti comme l’occasion de faire le tri entre les partisans du pouvoir en place et les véritables militants du parti.
 
Les deux dernières phrases de l’article reprennent l’opinion de quelques militants du parti qui prévoient la chute prochaine du régime en place :
 
"Les militants sont ultra convaincus que le compte à rebours a commencé pour le pouvoir en place. Les plus hargneux ne lui prédisent pas une année de plus à régner."
 
Il n'en faut pas plus aux autorités pour convoquer et arrêter le directeur de publication, Soumana Idrissa Maïga. Il est détenu dans les locaux de la direction de la police judiciaire de Niamey pendant cinq jours. Le 27 janvier 2014, le procureur de la République, estimant qu’il n’y avait pas de matière à poursuite, autorise sa libération.
 
L’affaire n’est cependant pas classée car, selon des informations obtenues par Reporters sans frontières, le dossier a été transmis à un juge d’instruction.
 
En maintenant le journaliste en garde à vue pendant cinq jours, les autorités nigériennes ont piétiné la loi sur la presse de 2010. L’Ordonnance N°2010-35 du 4 juin 2010 portant sur le régime de la liberté de la presse, en son article 67, précise qu’ en matière de délit de presse, la détention préventive est interdite et que le juge ne peut décerner ni un mandat de dépôt ni un mandat d'arrêt.
 
Le Niger, 43e au classement mondial de Reporters sans frontières, faisait jusqu'ici figure de modèle dans la région sur les questions de liberté de la presse.
 
Reporters sans frontières republie ici en signe de solidarité l'article de l'Enquêteur. Egalement téléchargeable au format PDF.
 
Congrès chaud de Lumana.
Du 25 au 26 janvier 2014, se tiendra à Niamey un congrès ordinaire du Moden FA Lumana, que tous les observateurs prédisent déjà comme le congrès du "renouveau". Nul ne doute que les transfuges du parti qui ont rejoint le camp présidentiel, y seront mal accueillis, si d'aventure, ils s'y risquaient. Selon nos informations, de sources recoupées, ils seront purement et simplement exclus du parti. A moins qu'ils ne fassent amende honorable et retournent au bercail comme des enfants prodigues. Dans ce parti, aujourd'hui enraciné dans l'opposition, l'optimisme regagne ses droits. Les militants sont ultra convaincus que le compte à rebours a commencé pour le pouvoir en place. Les plus hargneux ne lui prédisent pas une année de plus à régner. L'homme propose. Dieu dispose.



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