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INTERVIEW

Belngar Larmé : "Nous voyons tous les journalistes tchadiens qui souffrent au quotidien de tels actes"


Alwihda Info | Par - 5 Juin 2017 modifié le 5 Juin 2017 - 23:56

L’Union des Journalistes Tchadiens (UJT) et d’autres corporations de la presse Tchadienne, constituées en partie civile, a déposé une plainte, ce lundi 5 juin 2017, à la justice contre le chef d’antenne de l’ANS (Agence Nationale de la Sécurité) de la commune du 4ème arrondissement de la capitale pour enlèvement et séquestration qu’il a fait subir au journaliste Boulga David, il y a de cela quelques jours.


Le président de l’Union des Journalistes Tchadiens (UJT), Belngar Larmé. Alwihda Info/D.W.
Le président de l’Union des Journalistes Tchadiens (UJT), Belngar Larmé. Alwihda Info/D.W.
A la sortie du palais de justice, le président de l’Union des Journalistes Tchadiens (UJT) revient dans un entretien qu’il a accordé à Alwihda Info sur l’objet de la plainte, les tenants et aboutissants de cette procédure judiciaire.

Alwihda Info. Quel est l'objet de la plainte que vous venez de déposer contre le chef d'antenne de l'ANS, de la commune du 4ème arrondissement ?

Président de l’UJT, Belngar Larmé : Nous (toutes les corporations de la presse Tchadienne) avons décidé de nous constituer en partie civile pour déposer cette plainte afin que justice soit rendue à Boulga David. Le journaliste Boulga David était allé dans le cadre de son travail et il n’est pas normal que le chef d’antenne de l’ANS et ses complices lui infligent un tel sort. Voilà pourquoi nous avons décidé de déposer cette plainte pour que justice lui soit rendue.

A travers Boulga, nous voyons tous les journalistes Tchadiens qui souffrent au quotidien des actes des personnes qui ont la charge de diriger les institutions de l’Etat et qui usent de leur position pour faire du mal, pour faire la honte, pour humilier, pour torturer les journalistes qui ne font qu’exercer leur travail. Voilà l’objet de notre plainte. Toutes les organisations professionnelles des médias se sont constituées en partie civile pour suivre de bout en bout cette affaire pour qu’au moins, justice soit rendue. Nous avons foi à la justice.

Pensez-vous que cette plainte va aboutir ?

En tant que citoyen, nous vivons dans un Etat où il y a la loi et les institutions. Donc, c’est un premier pas que nous avons pu faire en déposant déjà cette plainte. Nous attendons du parquet qu'il agisse en conséquence. Notre objectif c’est d’arriver à rendre justice au journaliste Boulga David qui a subi des actes barbares de la part du chef d’antenne de l’ANS. Nous avons foi en la justice et nous comptons sur elle pour u'un jugement soit rendu.

Que comptez-vous faire au cas où la justice n'agit pas rapidement pour donner une suite favorable à votre plainte ?

En tant que partie civile, nous avons un conseil qui est là et qui va s’en charger du dossier. Nous allons suivre de bout en bout l’évolution et nous saurons le moment venu ce que nous pourrons faire pour faire avancer les dossiers.

Que faut-il faire pour éviter des telles bavures à l’égard des journalistes ?

Ce que nous sommes en train de faire doit servir de leçon aux autres. C’est la démarche. Je le dis, on ne peut pas accepter que des individus qui ont la charge d’exercer la fonction confiée par l’Etat, usent de leur position pour faire du mal et constituent un recul à l’exercice de notre métier de journaliste.

Le journaliste Boulga David est allé dans le cadre d’un reportage commandé par sa rédaction et il n’est pas question qu’il subisse des tortures de la part de l’ANS. Nous ne sommes pas d’accord et je crois que cette démarche doit inspirer les autres à dire qu’il faut respecter la loi dans sa rigueur, respecter la procédure s’il y a des manquements, mais on ne peut pas abuser de sa position en tant qu’autorité pour faire du mal à un citoyen. Ce n’est pas normal.

Cette bavure ne constitue-t-elle pas une restriction à la liberté de presse au Tchad ?

Demandez à Boulga s'il a pu réaliser ou bien pu achever la recherche d'information qu’il est allé chercher. On l’a étouffé alors qu’il réalisait un entretien avec un personnel qui était en grève. Il est allé relayer l’information mais en le prenant pendant l’exercice, on a interrompu l’information.

A travers Boulga, comme je le dis, ce n’est pas lui seulement aujourd’hui, on a enregistré beaucoup de cas en début d'année et l’année passée ; des journalistes ont été interpellés puis torturé dans le cadre de l’exercice de leur travail. Nous trouvons ça anormal. Il faut que ça s’arrête.

Ce recours collectif de plusieurs corporations de presse est un signal fort. Quel message souhaitez-vous envoyer ?

Il est question de défendre notre corporation, de défendre la liberté de la presse et la liberté de s’exprimer. Nous avons ce pouvoir de le faire et nous avons trouvé anormal qu’un journaliste puisse subir un tel sort pendant l’exercice de son métier. C’est la raison qui nous a poussé et nous voudrions envoyer un signal à tous ceux qui ont la charge de commandement de respecter au moins la loi.

Djimet Wiche Wahili
Journaliste, directeur de publication. Tél : +(235) 66304389 E-mail : djimetwiche@gmail.com En savoir plus sur cet auteur