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AFRIQUE

Boko Haram : Un commerçant abattu à la frontière tchado-camerounaise


Alwihda Info | Par Salomon KANKILI - cameroonvoice.com - 21 Janvier 2013 modifié le 21 Janvier 2013 - 10:43

Alors que des rumeurs persistantes déclinent l'identité du tueur comme étant tchadien, l'enquête se poursuit. La police frontalière tchadienne est également en état d'alerte. Nos confrères de cameroonvoice.com apportent de larges précisions.


Crédits photos : Sources.
Crédits photos : Sources.

Un homme cagoulé a abattu de six (6) balles le nommé Abagana Aladji, un commerçant nigérian naturalisé camerounais. Peur sur la ville frontalière avec le Nigeria et le Tchad.

Scène de crime effroyable près d’un dépôt pétrolier à Kousséri. La ville commerciale doublement frontalière avec le Nigeria et le Tchad a essuyé ce weekend un assaut terroriste sans précédent. Les premières conclusions des forces de sécurité camerounaise et nigériane indiquent clairement qu’il s’agit d’un meurtre imputable à la secte islamique Boko Haram dont les activités prolifèrent dans l’Extrême- Nord voici maintenant deux (2) ans: ventilation de tracts, menaces verbales ou téléphoniques des chrétiens et autres évangélistes, meurtres répétés, infiltrations multiformes, etc. Samedi 19 janvier 2013 autour de 15h 25, alors que les uns et les autres attendent fièvreusement le coup d’envoi de la 29e édition de la Can sud-africaine ; un homme cagoulé à bord d’une moto de marque Honda (en vogue au Nigeria voisin) fait irruption dans un quartier de Kousséri, Hile Haoussa, où se trouve un dépôt pétrolier illégal. C’est paradoxalement aussi le centre par excellence de la vente du carburant frelaté en provenance du pays de Goodluck Jonathan. 

Des pousseurs installés aux abords de cet espace marchand ont tenté de dénoncer l’homme cagoulé et armé (arme de guerre type A47) qui, visiblement, recherchait une cible. Mais ce dernier qui n’avait pas l’air de badiner leur aurait intimé l’ordre de se taire, « sinon il a dit qu’il allait tous nous tuer si on essayait seulement de crier », a laissé entendre l’un des pousseurs tenu en respect. Après environ quatre (4) minutes de recherche, le mystérieux tueur s’est pointé devant Abangana Aladji, la trentaine sonnée. Le Nigérian vendeur de carburant frelaté est abattu à bout portant devant une foule horrifiée. Six (6) détonations qui n’alerteront malheureusement aucune force de police puisque invisible dans les parages. Le devoir accompli, l’assaillant mystérieux va s’évanouir (sans en être inquiété) dans la nature à bord du même engin sur lequel il a débarqué quelques minutes auparavant.

Informés, le procureur de la République et les forces de sécurité sont arrivés sur le lieu de l’assassinat. En plus de la vision insoutenable du crime, le tueur laisse derrière lui des témoins broyés par la psychose.

Reconverti potentiel ?

Le mystère plane sur cet assaut réussi. Comment un homme armé et cagoulé a-t-il pu infiltrer la ville de Kousséri sans se faire stopper ? Pour l’heure, seules quelques dépositions éparses dont celle de l’ex-deuxième femme du défunt s’érigent en piste potentielle pour les enquêteurs. L’on apprendra surtout qu’Abangana Aladji était polygame. Son ex-première épouse et ses six (6) enfants se trouveraient à Gambarougara, une ville nigériane qu’il a dû quitter sous le feu des menaces à n’en plus finir de la secte islamique Boko Haram. Refugié à Kousséri où il a développé quelques activités commerciales, Abangana Aladji continuait de recevoir la visite des émissaires de Boko Haram qui lui en voulaient. Dans une lettre retrouvée à son domicile et destinée à la police camerounaise, le défunt raconte qu’il n’a eu de cesse d’être menacé par Boko Haram. «A s’en tenir à cette pièce, le défunt avait l’intention d’alerter la police mais il ne l’a jamais fait (…) certainement du fait de la menace terroriste », a confié sous cape un responsable de la police en service dans le Logone et Chari.

Soupçonné d’être lui-même un membre reconverti, le nigérian naturalisé camerounais devait en savoir beaucoup sur les activités terroristes de Boko Haram dans l’Extrême-Nord. Une autre source qui ne rejette pas cette probabilité pense même qu’il aurait pactisé avec les forces gouvernementales nigérianes...

La réunion de crise convoquée par Gabriel Eloi Essoa, préfet du Logone et Chari suite à ce crime adieux met un point d’honneur sur le relèvement de la sécurité dans le département. Lequel sursaut sécuritaire devra surtout faire la part belle à certains points stratégiques à l’instar des services publics et autres dépôts pétroliers de Kousséri. Dépôts dont certains observateurs pensent que l’un a échappé au spectre algérien d’In Amenas. 



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