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AFRIQUE

But du défilé militaire du 4 Avril au Sénégal : Montrer au citoyen son outil de défense et dissuader le voisin


- 12 Avril 2014 modifié le 12 Avril 2014 - 15:38


But du défilé militaire du 4 Avril au Sénégal : Montrer au citoyen son outil de défense et dissuader le voisin
La fête nationale du 4 avril célébrant l’anniversaire de notre accession à la souveraineté internationale a vécu ! Elle a été traditionnellement symbolisée par un défilé civil et militaire. La parade de cette année s’est déroulée sous les yeux du président de la République, M. Macky Sall, Chef Suprême des Armées. Il avait à ses côtés un invité de marque en la personne du président namibien Hifikepunye Pohamba.
 
Le 54e anniversaire de notre indépendance a été célébré à la fois dans la solennité et la sobriété contrairement aux gigantesques défilés populaires et folkloriques des années Diouf et Wade. D’abord, la fête a eu lieu un vendredi, jour de la semaine considéré comme saint. Et comme nous sommes dans un pays à majorité musulmane et très croyant, il fallait tenir compte de l’heure de la grande prière hebdomadaire afin de libérer à temps les fidèles pour qu’ils puissent s’acquitter de cette obligation religieuse. D’où la courte durée de la cérémonie. Une cérémonie, toutefois, hautement colorée et riche en symboles républicains. Parce que le 4 avril est la fête de la jeunesse, mais surtout celle de l’Armée. Une occasion de perpétuation d’une tradition pour toutes les forces de défense et de sécurité qui peuvent se parer de leurs plus beaux atours allant des tenues d’apparat aux insignes et autres emblèmes de la nation, pour montrer leur fierté de participer à la parade. La fête nationale de cette année revêtait un double caractère. Pour les forces armées, il s’agissait de déployer un impressionnant arsenal militaire, histoire de dire aux citoyens sénégalais « Voici votre outil de défense ! ». En plus, pour l’Etat Major Général des Armées et l’Intendance Militaire des Armées, l’axe du défilé constituait un large « boulevard parlementaire » pour montrer aux représentants du peuple que le budget du ministère des Forces armées et celui du ministère de l’Intérieur ont été utilisés à bon escient.
 
Au-delà de cette empreinte militaire, la fête de l’indépendance a été une occasion de montrer à la face du monde entier que le Sénégal ne dispose pas de « faiblesses » armées, mais plutôt de véritables forces armées ! Des forces de défense bien nourries, équipées et entraînées pour l’objetif d’assurer en tout temps et en toutes circonstances, contre toutes les formes d’agression, la défense de l’intégrité du territoire national. Mais aussi, et surtout, de protéger le peuple sénégalais souverain tout en volant, en cas de besoin, au secours de certains voisins à travers des accords de défense. Mais le signal fort que « Le Témoin » a pu intercepter, c’est que cette parade militaire symbolise une arme grandeur nature dont seuls, cependant, des spécimen ont été montrés au public, de nos capacités de défense. En effet, les armements les plus redoutables ont été laissés dans les casernes. Cela dit, il fallait faire comprendre aux pays voisins que l’armée sénégalaise est plus jamais debout et équipée. Autrement dit, la parade de vendredi dernier était aussi, et surtout, placée sous la bannière de la dissuasion. Avec la magie de la télévision et la présence des ambassadeurs et attachés militaires des pays accrédités à Dakar, il ne fait l’ombre d’aucun doute qu’une partie de nos hommes et de nos armements s’est invitée dans tous les foyers du monde. Des images qui ont dû être scrutées à la loupe chez certains de nos voisins.
 
Ce qu’il faut aussi retenir ou révéler de cette fête de l’indépendance, c’est que l’Etat major général des Armées n’a fait défiler que des détachements militaires pour des raisons de « timing ». Autrement dit, toutes les unités d’élite à savoir les parachutistes, les blindés, les artilleurs etc. n’ont fait défiler que des compagnies, soit moins de 150 hommes. Les amateurs de parades auront remarqué, pour la regretter, l’absence des commandos (le fameux Bat codos avec ses bérets marrons) dont une partie du bataillon est déployée à travers le monde (Côte d’Ivoire, Mali etc). Leur déploiement entre dans le cadre des missions onusiennes et africaines attestant que l’Armée sénégalaise dispose d’un outil de crédibilité internationale qu’il peut projeter aisément au-delà de nos frontières.
 
Et puis, les observateurs vous le diront, les bidasses et la peinture font bon ménage ! À chaque événement dans les casernes ou garnisons, les soldats sont toujours prompts à blanchir les arbres, les murailles et les trottoirs à la chaux. La fête du 4 avril, n’en parlons pas ! Elle constituait traditionnellement l’occasion ou jamais pour l’armée de repeindre ses chars de combat, ses véhicules de transport de troupes et autres matériels mobiles. Ainsi, elle faisait souvent du neuf avec du vieux ! Sauf cette année 2014 où les forces de défense ont défilé avec du matériel flambant neuf voire ultramoderne. Par exemple, les directions de l’Intendance et du Matériel mais aussi le Bat’Artillerie ont exhibé leur impressionnant lot d’équipements et de matériels, mais aussi d’armements récemment acquis : chars de combat, boulangeries et toilettes mobiles, camions-citernes etc. Surtout, surtout, il y a eu les fameux canons de 155 mm qui ont tant manqué à nos forces en Guinée Bissau et dont l’armée dispose à présent dans ses arsenaux.
 
Cette acquisition de matériels — dont même des aéronefs qui ont survolé le défilé — entre dans le cadre du processus de modernisation et de restructuration des forces armées sénégalaises dont certains matériels vétustes seront au fur et à mesure retirés et remplacés par du neuf… Il faut dire que le président de la République, sans tambours ni trompettes, s’emploie à doter l’Armée des moyens d’exécution de ses missions traditionnelles. Sans compter les mesures sociales destinées à rehausser le moral de la troupe !
 
Pape NDIAYE
Article paru dans « Le Témoin » N° 1160 –Hebdomadaire Sénégalais (AVRIL 2014)


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