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REPORTAGE

CONFERENCE DE PRESSE DE L'OTDH: « DU Ridicule au Rubicon! »


Alwihda Info | Par MOUSSA IDRISS MOUSSA - 15 Mai 2013 modifié le 26 Mai 2013 - 00:03

Ce mercredi 15 mai, dans la salle de réunion de leur siège sis au quartier Ambassatna, le Président de l'Organisation Tchadienne des Droits Humains (OTDH) Mahamat Ahmat Brahim, toujours fidèle à ses habitudes s'est fait attendre pendant une demi-heure par la presse, avant de débarquer avec son staff, pour sa conférence de presse sur la situation sociopolitique que traverse le pays.


Dans un document de onze pages intitulé: « L'Etat Tchadien: du Ridicule au Rubicon », le Président de l'OTDH a exposé la situation critique des Droits de l'Homme dans notre pays depuis le début de l'année 2013. En un trimestre, l'OTDH a enregistré 163 cas d'atteintes graves aux droits et libertés fondamentaux, allant des arrestations arbitraires aux détentions illégales sans oublier des bavures policières.
Justifiant le titre de son rapport, Mahamat Ahmat Brahim n'est pas passé par quatre chemins pour se faire comprendre: « Dans ce pays, il y a quelques mois un simple rire à couté la mort au syndicaliste Gustave Mbailaou Batar en prison, alors que Mr Bahr Sebil, le cousin du Président et l'agresseur du Maire de Moundou (Laokein Kourayo Medar) par qui, il y a eu troubles et destruction des monuments publics le 16 mars dernier n'est pas jugé et en plus indemnisé par la Mairie comme l'a exigé le Bureau du MPS qui est parti joué aux sapeurs-pompiers le mois dernier…Il y a juste un an le Deputé Gali Ngotté Gata, accusé d'avoir tué une phacochère (ce qui n'est pas interdit dans la législation tchadienne) était arrêté et détenu pendant plusieurs mois, en toute illégalité. Aujourd'hui, on l'arrête parce qu’il aurait remis un colis dans un hôtel de la place à un ami occidental. Il est incarcéré comme les autres Députés Saleh Makki, Mahamat Malloum Kadre ou encore le Gouverneur du Salamat Ahdjo et l'ancien rebelle Moussa Tao Mahamat, sans respect de procédure et des immunités. " Si le ridicule ne tue pas au pays de Toumaï, le Président de l’OTDH pense que les autorités ont franchit le rubicon avec « cette campagne d'arrestation sans précédent ». Le climat sociopolitique est rendu morose par les autorités et la presse est bâillonnée, les libertés d'opinion ne sont plus autorisées, ce qui fait à égal le régime MPS à celui de l'UNIR du Président Hissein Habré. Ainsi, par exemple Mr Nekim, le DP du journal N'Djamena Bi Hebdo est poursuivit depuis quelques mois en justice par Mr Daoussa, le grand frère du Président Deby. Son journal a été fermé pendant quatre mois. A sa suite, le DP du journal Abba Garde, Moussa Avenir de la Tchiré, accusé d'incitation à la haine et de soulèvement populaire croupi depuis le 07 mai en prison. Et Mr Eric Topona, SG de l'UJT (Union des Journalistes Tchadiens) convoqué le 06 mai, se retrouve dans les geôles de Deby, le même jour. Bien avant eux, les blogueurs et écrivains Jean-Baptiste Laokolé et Mingar Monodji (ce dernier, évadé des cellules de l'ANS ne serait plus sur le territoire national), accusés eux aussi de diffamation, d’atteinte à l’honneur du Chef de l’Etat et d'appel à l’insurrection...Le plus grave et spectaculaire de cette comédie du Président Itno, est le déplacement expresse qu'a fait le Ministre de la Justice Jean Bernard Padaré au Sénégal pour faire arrêté et extradé au pays le célèbre blogueur Makaila Nguebla. Mais, le Sénégal a préféré plutôt l'expulsé vers la Guinée de Sekou Touré dans la nuit du 7 au 8 mai dernier. En « l’espace de deux mois, le pays a dépassé le niveau de la Corée du Nord et de l'Erythrée en matière de violation des droits humains », laisse entendre douloureusement le Président de l'OTDH. Et d'ajouter, "en attente de prison les autres opposants de la CPDC (Ngarledji Yorongar, Saleh Kebsabo) accusés de complot et de « tentative de déstabilisation des institutions républicaines ». Mais aussi à leur suite, se trouvent les responsables de l'Union des Syndicat du Tchad (UST) François Djondang, Barka Michel et Younous Mahadjir, condamnés déjà en septembre dernier à 18mois de prison pour « incitation à la haine ethnique » et donc le procès en Appel est en cours.
Continuant à décrire ce tableau sombre des droits de l'Homme, le Président de l'OTDH Mr Mahamat A. Brahim n'a pas oublié les généraux (Routoung Yoma Golom, Ngaro Ahdjo, David Beadmadji) et les autres sous officiers qui, accusés aussi pour « tentative de coup d’Etat» croupissent sous cette chaleur accablante dans les prisons et cellules du général Deby Itno.
Enfin, l'OTDH, par la voix de son Président, demande au Gouvernement et au Président de la République « l'arrêt immédiat de ces rapts et arrestations arbitraires » et « exige la libération sans condition des prisonnier d'opinion » qui se retrouvent dans les « prisons de non droit du régime ». Le Président de l'OTDH menace d'appeler à la « désobéissance civile » si ces violations flagrantes des droits humains continuent avant de lancer un vibrant appel à tous ses membres et sympathisants de se mobiliser pour l'organisation du cinquième anniversaire de son organisation qui aura lieu dans les jours à venir.


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