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AFRIQUE

Cameroun/Huile de palme : le prix de cession du kg maintenu à 450 Fcfa


Alwihda Info | Par - 4 Juillet 2017 modifié le 4 Juillet 2017 - 11:27

Le ministre du Commerce Luc Magloire Mbarga Atangana a rencontré le 27 juin 2017 à cet effet les producteurs agro-industriels et villageois, les transformateur et les associations de consommateurs, réunis au sein du Comité ad-hoc chargé de la régulation de la filière de l’huile de palme.


Les membres du Comité ad-hoc dans une unité de production à Douala.
Les membres du Comité ad-hoc dans une unité de production à Douala.
S’appuyant sur les interventions des acteurs de la filière des oléagineux, le ministre camerounais du Commerce a déclaré, au sujet de la demande de relèvement à la hausse du prix de cession du kg d’huile de palme brute formulée par la Socapalm que c’est au sein du Comité ad-hoc présidé par le Dr Emmanuel Nkoulou Ada que tous les problèmes de la filière huile de palme doivent être analysés et assortis des propositions, conformément aux habitudes ayant cours au sein de la filière. L’occasion a été donnée pour battre en brèche la dissolution de cette instance, force de proposition par excellence au gouvernement. Depuis quelques mois, certains industriels militent en faveur de la révision à la hausse du prix de cession du kg d’huile de palme jusque-là fixé à 450 FCFA hors taxe.
C’est ainsi que le 11 juin 2017, le directeur général de la Société camerounaise de palmeraies (Socapalm), Dominique Cornet, a saisi le ministère du Commerce, afin d’obtenir une augmentation substantielle du prix de cession de l’huile de palme brute aux industries de transformation et aux ménages. La raison évoquée est que le prix de cession de l’huile de palme brute est resté bloqué dans le pays depuis une décennie. La Socapalm propose de faire passer le prix de cession de la tonne aux industriels de 450 000 à 600 000 Fcfa hors taxe, avec pour conséquence, une augmentation de plus de 30%. Du coup, l’Association des raffineurs des oléagineux du Cameroun (Asroc) exprime son inquiétude de voir cette hausse impacter le prix aux ménages, qui passerait alors de 600 Fcfa le litre à 750 Fcfa, en hausse de 25%. La nécessité de cette révision à la hausse des prix, selon la Socapalm se justifie par des raisons suivantes : l’augmentation des charges, le renflouement de la trésorerie de l’entreprise pour lancer un plan d’investissement et la hausse du prix de cession de la tonne sur le marché international à 843 dollars au premier trimestre 2017. Dans sa démarche, la Socapalm est soutenue par l’Ong ODS dont la correspondance a été transmise au ministre du Commerce le 28 juin 2017 par le secrétaire général des Services du Premier ministre.
Déficit structurel
La rencontre avec le ministre du Commerce a permis à la Socapalm, l’un des plus grands producteurs de l’huile de palme (avec la CDC et Pamol), d’exprimer sa déception qu’aucune suite à sa demande d’augmenter le prix de cession de ce produit n’ait été donnée. Pourtant, face au déficit structurel dont fait face le Cameroun (130 000 tonnes), des suggestions sont faites par certaines agro-industries dans l’optique de rattraper le gap. Parmi ces mesures, il y a l’amélioration à apporter au prix de cession de l’huile de palme, ce qui permettrait d’acheter les noix de palme auprès des planteurs. Aujourd’hui, des pays comme le Ghana, le Gabon compte sur le Cameroun pour écouler leurs productions, d’où l’urgence de rajeunir le verger, de donner des moyens aux agro-industries pour investir et produire davantage en terre camerounaise. Mais est-ce en relevant le prix de cession de l’huile de palme qu’on peut investir et devenir compétitif comme le prétend la Socapalm ? Pourquoi cette société a-t-elle préféré redistribuer les 6 milliards de gain par elle annoncée au lieu de s’en servir pour réinvestir ?
La question de revoir à la hausse le prix de l’huile de palme est un vieux sujet à en croire Mokonya Okon Charles directeur général de la Pamol : « Nous demandons des moyens pour investir davantage, nous amenons un plaidoyer pour sauver la filière ». Les agro- industries trouvent nécessaires d’investir davantage afin de limiter les fuites de devises à travers les importations. Etant donné que le développement de la filière se fera aussi avec les plantations villageoises, le Centre technique de l’agro-alimentaire (CTA) que préside Jacquis Kemleu Tchabgou, par ailleurs secrétaire général de l’Association des raffineurs et oléagineux du Cameroun (Asroc), vient de mettre sur pied le programme dans l’agro-alimentaire. Et le succès des opérations passe par la lutte contre la contrebande et la contrefaçon, cheval de bataille du ministère du Commerce. Au cours de la rencontre avec les producteurs agro-industriels (Socapalm, Pamol, CDC) et villageois (représentés par Unexpalm), les transformateurs (Asroc, Atpo, Athv) et les associations de consommateurs (Lcc), réunis au sein du Comité ad-hoc chargé de la régulation de la filière de l’huile de palme, le ministre du Commerce Luc Magloire Mbarga Atangana a sollicité une transparence sur les chiffres, pour faire un bilan entre 2008, année au cours de laquelle des facilités ont été accordées aux industriels et 2017.
Approvisionnement des marchés
La prochaine valorisation du prix de cession ne sera alors possible qu’au terme de la concertation entre les acteurs de la Filière et d’un engagement pour l’investissement. En lieu et place de l’extension des plantations prévue, dans l’optique d’accroître la production, l’Asroc révèle même que la Socapalm avait plutôt utilisé les fonds engrangés à la faveur de la dernière hausse des prix, pour développer des plantations d’hévéa, au détriment du palmier à huile. Au regard de la conjoncture actuelle, la nécessité d’avoir un Comité s’impose pour protéger la filière et éviter le dumping. Pour l’heure, ce Comité est déterminé à mettre en application les instructions du chef de département afin de satisfaire les consommateurs en continuant à contribuer à « la politique de lutte contre la vie chère », par un meilleur approvisionnement des marchés en qualité et en quantité en huile de palme brute et ses produits dérivés que sont l’huile de palme raffinée, les savons de ménage et de toilette et la margarine.
Pour l’Association des raffineurs des oléagineux du Cameroun (Asroc), les manœuvres de la Socapalm sont une entrave à la politique de lutte contre la vie chère du président Paul Biya. Ainsi, demander au gouvernement de procéder au relèvement du prix de cession de l’huile de palme ne se justifie pas, la Socapalm n’ayant pas respecté le plan d’investissement de 2008 qui justifiait alors le relèvement du prix de cession de 360 à 450 Fcfa. Les raisons évoquées par la Socapalm pour un relèvement de prix, qui vient de déclarer un gain de 6 milliards de Fcfa, avec redistribution aux actionnaires, ne sont pas compréhensibles lorsqu’on sait que l’Asroc a acheté ces deux derniers mois la tonne d’huile de palme brute CIF Douala à 450 000 Fcfa auprès de Olam Palm Gabon SA et à 645 euros (423 120 Fcfa) chez Reuse au Libéria.



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