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Cameroun : Mémorandum sur la répression violente et sanglante des manifestations citoyennes de Février 2008


Alwihda Info | Par CEBAPH - 3 Mars 2013 modifié le 3 Mars 2013 - 22:19


Cameroun : Mémorandum sur la répression violente et sanglante des manifestations citoyennes de Février 2008
L’objet du présent  Mémorandum est de nous rappeler nos martyrs d’un part, et de fixer dans la mémoire collective et singulièrement de notre Peuple et de la communauté internationale, un évènement particulièrement macabre ayant marqué avec cruauté les atrocités des émeutes du mois de février 2008 dans notre pays le Cameroun, passé sous silence : plus de 100 de nos jeunes compatriotes perdirent la vie. Ils se firent massacrer lorsque dans le désarroi de la vie chère et du chômage endémique qui les broyaient, ils descendirent résolument dans les rues pour protester contre une manipulation constitutionnelle instituant une présidence à vie qui aggraverait leur désespoir… C’est le contexte dans lequel nos propres forces militaires nationales, instrumentalisées à des fins politiciennes par un régime dictatorial incarné par M. Paul BIYA au pouvoir depuis 30 ans, n’hésitèrent pas à les massacrer froidement au cours d’une manifestation. Une chose dont il faut se rappeler.
Célébrer un anniversaire heureux ou malheureux participe d’un rite fondateur où le souvenir des faits permet des analyses, des réflexions et des prises de résolutions afin que tout soit mieux qu’avant via des projets novateurs. Un anniversaire est un rite d’initiation aux bonnes mœurs dans plusieurs domaines car le temps court de l’évènement perd parfois de vue la fonction structurante à long terme de celui-ci dans une conscience politique collective où les émotions et leurs destins politiques ne sont pas à négliger.
En fait, des paramètres afférents à la construction d’une nation, la mémoire est un des plus fondamentaux, étant donné que l’avenir des sociétés se construit, soit en rappelant de grands évènements heureux qui fondent un destin commun, soit des évènements malheureux qui, quoi qu’on veuille ardemment en éviter la reproduction et la récurrence, permettent aussi de bâtir une communauté et une identité nationales via une subjectivation politique transformatrice des mentalités.
 
Aux côtés des autres récits, mythes cosmogoniques et narrations dont la fonction anthropologique et politique est de produire du collectif par la création d’un sentiment d’appartenance, la répression violente et sanglante des émeutes au Cameroun en février 2008, revêt une symbolique de conquête de la liberté occupe désormais une place de choix. Les massacres de février-mars 2008 sont en effet un évènement-repère qui, parmi d’autres tristement célèbres, met en évidence la dérive autoritaire, machiavélique et sanglante du régime en place au Cameroun depuis 1982.
 
Descendus en masse et de façon spontanée dans les rues pour contester et crier leur colère par rapport à la vie chère, au chômage massif et à une modification constitutionnelle visant à installer un Principat en lieu et place d’une démocratie et d’un Etat de droit, plusieurs jeunes camerounais sont restés sur le carreau.
Monsieur Paul Biya, Président de la République du Cameroun depuis plus de trente ans et chef suprême des armées, ordonna des tirs à balles réelles dans la foule afin de réprimer la liberté d’expression.
 
D’après le Rapport 2012 d’Amnesty International, à la fin du mois de février 2008, les forces de sécurité camerounaises ont tué pas moins de 100 civils au cours de ces manifestations contre l'augmentation du coût de la vie et la deuxième modification constitutionnelle du Régime en place depuis 1982.
 
La tuerie de février 2008 est donc déjà un point structurant du régime d’historicité du Cameroun au sens d’articulation travaillant les représentations du pouvoir politique et de ses effets néfastes dans la vie des populations. L’action violente de l’Etat camerounais et les morts qui s’ensuivent interrogent, entre autres, l’avenir du Cameroun sur plusieurs dimensions :
 
1-Le rôle d’une armée nationale ;
2-La situation des Droits de l’Homme et le rôle d’une justice républicaine ;
3-La place de la jeunesse dans le développement politique ;
4-Le rôle de la communauté internationale.
 
La diaspora camerounaise, désormais un acteur politique qui compte dans la scène politique camerounaise en formulant constamment sa critique et ses propositions constructives, a choisi de célébrer le triste anniversaire des massacres de février 2008 afin de rappeler au pouvoir camerounais le sort que l’ivresse du pouvoir et le rêve d’un dictator Perpetuus ont réservé à l’espoir, à la vie et à la jeunesse camerounaise. Le but est de ne pas oublier, de dévoiler davantage les massacres les plus atroces passés sous silence, de pointer du doigt les auteurs et les méfaits d’une dérive monarchique d’un pouvoir sur les espoirs d’un peuple, et de faire des propositions constructives.
 
1-Le rôle d’une armée nationale camerounaise 
Alors que sa fonction première est de produire et d’offrir la sécurité au territoire et aux populations comme un bien collectif, l’armée camerounaise, transformée en maillon essentiel de la dictature trentenaire en place au Cameroun, privilégie ses parts dans le partage de la rente nationale. Elle agit au détriment de sa fonction régalienne de protéger le peuple camerounais. En conséquence, des pans entiers de l’armée camerounaise sont devenus des entités spécialisées dans la répression par tous les moyens des revendications démocratiques et de la liberté d’expression. Son rôle est désormais de protéger le régime de toute contestation citoyenne et de maintenir le statu quo à la tête d’un Etat prédateur où elle représente une dimension importante du pouvoir en place. C’est une armée désormais privatisée par un régime qui en fait un instrument de protection de l’élite au pouvoir et des privilèges qu’elle en tire. Ainsi, en février 2008, le bilan de l’armée camerounaise a, d’après le rapport 2012 d’Amnesty International, fait une centaine de morts parmi les Camerounais au lieu d’en garantir la sécurité comme cela aurait pu autrement être le cas dans un Etat de droit.
 
La diaspora camerounaise dénonce énergiquement la transformation de l’armée camerounaise en une milice du régime en place. Elle milite pour que ce régime rende compte aux Camerounais devant une justice indépendante des atrocités commises et des crimes perpétrés grâce aux ressources de l’Etat.
 
La diaspora camerounaise pense qu’une armée camerounaise devenue l’ennemie du peuple camerounais et de ses besoins d’émancipation, se situe aux antipodes du rôle de protection et d’encadrement d’une armée républicaine.
 
La diaspora camerounaise soutient et réitère que, Paul Biya, Président camerounais et chef suprême des armées, est le premier responsable de cette dérive meurtrière de l’armée camerounaise sur le peuple camerounais.
 
La diaspora camerounaise milite et travaille à la construction d’une armée camerounaise véritablement républicaine, c'est-à-dire protégeant le territoire et les populations par une offre de sécurité collective.
 
La diaspora camerounaise (ré) affirme fermement que le Président camerounais porte l’entière responsabilité des dérives meurtrières et sanglantes de l’armée camerounaise sur les populations en février 2008 au point de faire du Cameroun un Etat mortifère.
 
2-La situation des Droits de l’Homme et rôle d’une justice républicaine
Si les Droits de l’Homme avait un drapeau, celui serait éternellement en berne au Cameroun tant leur transgression y est quotidienne, abondante et récurrente.
 
Hormis le fait que tous les adversaires politiques du régime de Yaoundé se retrouvent incarcérés via des procès iniques où la main visible du régime dicte les sanctions à l’institution judiciaire quand d’autres accusés passent quinze ans en prison sans aucun jugement, le massacre de février 2008 constitue un zénith dans le lugubre panthéon des actes contre les Droits de l’Homme au Cameroun : « Les procès iniques, les manœuvres d'intimidation et de harcèlement, allant notamment jusqu'aux menaces de mort, sont systématiquement utilisés par les autorités pour réprimer les critiques formulées par la classe politique, les défenseurs des droits humains et les journalistes. La loi du silence imposée aux médias est particulièrement préoccupante. Si un journaliste est considéré comme trop critique à l'égard du gouvernement, il est réduit au silence – et les stations de radio et chaînes de télévision se voient contraintes de cesser leurs activités. » (Amnesty international, 2009).
 
En dehors des 100 morts que dénombre Amnesty International, des centaines de Camerounais ont été arrêtés, jugés et condamnés par une justice expéditive où ils n’ont eu droit ni à un avocat, ni a une possibilité de recours. Ces Camerounais croupissent toujours dans les prisons camerounaises surpeuplées et insalubres. Prisons où nichent tous les virus les plus destructeurs de l’espèce humaine.
 
En outre, nonobstant le fait que des Camerounais et des Camerounaises sont en prison pour avoir manifesté, nonobstant la disparition de plusieurs autres tombés sous les balles réelles d’une armée camerounaise sous les ordres de son chef le Président de la République, les forces de l’ordre responsables de ces tirs à balles réelles sur les manifestations sont toutes en liberté. Aucun de leurs éléments n’a été traduit en justice afin qu’il répondre du meurtre de Camerounais dont elles sont responsables.
 
La diaspora camerounaise considère une telle attitude des autorités nationales comme la meilleure preuve de la caution morale et politique que donne le régime en place au Cameroun à ce qui a été fait : « L’opposition politique n’est pas tolérée au Cameroun, a expliqué en 2009 Tawanda Hondora, directeur adjoint du programme Afrique d’Amnesty International. Toute dissidence est étouffée soit par la violence, soit par le détournement de la justice pour réduire les personnes qui émettent des critiques au silence. »
 
La diaspora camerounaise soutient que cette absence d’impunité des criminels alors des manifestants croupissent en prison, est la marque déposée d’une absence notoire d’Etat de droit au sein d’un pays où une dictature trentenaire fait la pluie et le beau temps en instaurant le règne macabre et terrifiant de la loi du plus fort. Amnesty International note dans son rapport 2012 sur le Cameroun:
 
“More than 1,500 people arrested during the February protests were brought to trial unusually swiftly, with little or no time to prepare their defense. Many of the defendants had no legal counsel; while others were denied time to consult their lawyers. The trials were summary in nature. Hundreds of defendants were sentenced to between three months and two years in prison. Despite a presidential amnesty in June, hundreds remained in prison at the end of the year, either because they had appealed or because they could not afford to pay court-imposed fines”.
 
3-La place de la jeunesse dans le développement politique du Cameroun
L’Afrique compte 1,04 milliard d’habitants dont plus de la moitié a moins de 20 ans. La jeunesse est donc l’avenir de l’Afrique et mérite à ce titre une attention particulière (Amougou, 2013).
 
Dans sa propagande légendaire, le régime en place au Cameroun depuis 1982 a fait de la jeunesse camerounaise « le fer de lance du développement » du pays. Cette vision est restée du domaine des mots car la réalité de la jeunesse camerounaise est proche de la galère permanente.
 
Les jeunes camerounais, majoritaires parmi les morts de février 2008, sont abonnés au chômage chronique : chômage structurel ; chômage conjoncturel, chômage frictionnel, chômage déguisé, chômage technique autant de résultats régressifs de la gouvernance du Renouveau National. Le pays vit un plein chômage endémique depuis plus de 25 ans.
 
Lorsqu’elle se lève pour manifester son mécontentement, la jeunesse camerounaise court le risque de rentrer chez elle les pieds devant pour ceux qui ont la chance que leurs cadavres ne soient pas transportés en lieux inconnus par l’armée camerounaise.
Face à un régime qui sème la terreur, il reste au grand maximum, deux possibilités aux jeunes camerounais :
 
·         intégrer les associations performantes qui font la promotion du Président de la république camerounaise et de son épouse,
·         ou alors se lancer dans l’aventure de l’immigration internationale avec ce que cela comporte de risques et d’incertitudes.
 
La diaspora camerounaise soutient que les tueries de février 2008 font partie des pratiques macabres d’un pouvoir camerounais qui oblige ses jeunes à rêver leur vie à l’extérieur du Cameroun. D’où le fait que la dictature camerounaise est un puissant moteur à l’immigration clandestine qui alimente les réseaux mafieux, les sans-papiers en Occident et l’exploitation des trafics d’êtres humains.
 
La Diaspora camerounaise pense que des régimes responsables en Afrique en général et au Cameroun en particulier, seraient des remparts solides contre l’immigration clandestine. Les jeunes camerounais constituent la population majoritaire dans plusieurs camps de rétention en Occident parce que, pas issus des familles élitistes au pouvoir, le sort qui leur est réservé est soit la délinquance, soit la mort sous les balles de l’armée ou la précarité la plus extrême ad vitam aeternam.
 
La Diaspora camerounaise travaille et milite pour l’avènement d’une jeunesse camerounaise qui rêvera sa vie au Cameroun et en Afrique via des institutions camerounaises démocratiques, solidaires et justes.
 
La Diaspora camerounaise encourage la jeunesse camerounaise à ne pas sombrer dans la peur de la terreur du régime en place et de continuer à crier haut et fort ce qu’elle pense et souhaite pour sa vie.
 
4-Le rôle de la Diaspora camerounaise communauté internationale
En tout temps, la communauté internationale a été un acteur de poids dans l’évolution des systèmes politiques nationaux malgré le fait qu’elle soit parfois engluée dans des prises de positions partisanes inévitables car liées aux intérêts géostratégiques, politiques et économiques des Etats.
 
Il est donc primordial que d’autres acteurs non étatiques puissent y jouer le rôle de défiance, de surveillance et notation des régimes aux comportements contraires au Droits de l’Homme, dont notamment les régimes africains dans le cas d’espèce.
 
La Diaspora camerounaise a endossé ce rôle d’acteur politique non étatique de la communauté internationale. La célébration qu’elle a désormais instituée efficacement de la répression sanglante des manifestations citoyennes de 2008 au Cameroun, sert de relai et de porte-voix aux cris stridents des peuples africains et camerounais en proie à une conception du pouvoir dont le but est de se reproduire par la négation de la vie et de l’espoir.
 
La Diaspora camerounaise confirme qu’elle continuera à jouer ce rôle sans relâche auprès de tous les Etats, des organisations internationales et des associations qui mettent en lumière les atrocités des dictatures africaines et participent à des dynamiques constructives pour l’émergence du continent africain.
 
La Diaspora camerounaise soutient que le destin de l’Afrique en général et du Cameroun en particulier n’est pas la dictature et le déclin.
 
Par conséquent :
 
Nous personnalités signataires du présent Mémorandum requérons donc la mise en place d'une Commission d'enquête Internationale sous l'égide de l'ONU, sur les crimes commis par le régime de M. Paul Biya en février 2008 contre les populations camerounaises.
 
Nous nous engageons à assurer partout où besoin sera, cette revendication essentielle pour la fin de l'impunité au Cameroun.
Nous nous engageons, convaincus du lien nécessaire entre la fin de l’impunité et l’avènement réel de la démocratie, à œuvrer pour l’avènement d’un nouveau pacte républicain exigeant, entre autres conditions essentielles, une transparence électorale via la création d’une commission électorale indépendante en lieu et place d’Election Cameroun (ELECAM).
 
Fait à Bruxelles le 28 février 2013
 
LES SIGNATAIRES
1.      Elie KADJI, Président du CEBAPH
2.      Koko ATEBA, Présidente de l’ACP-DH
3.      Mpodol Franklin NYAMSI, Professeur Agrégé, Homme politique
4.      Théodore POUFONG, Président SDF Benelux
5.      Guy FOKOU, Président de la Fondation Moumié
6.      Thierry AMOUGOU, Enseignant-chercheur UCL, Personnalité indépendante
7.      Oumarou ROUFAOU, Président de l’APJE
8.      Hubert DUCARME, Porte-parole du Groupe de soutien à Paul Eric Kinguè
9.      Marcel TCHANGUE, Membre fondateur du CODE
10.  Chadeline TOGUE, Secrétaire Administratif MDI Afrique
11.  Luc BANAMECK, Président du CPMC
12.  Jean Marie MOUKAM, Président CCL-Libération
13.  Ernest PEKEUHO TCHOFFO, Président du parti politique BRIC
14.  Josué YETNA, Président de l’UPC France
15.  Eric NGUEMALEU, Président de Solidarité Universelle
16.  Gisèle EMEGUE, Présidente Action Solidaire Internationale
17.  Evariste MOBHEU, Représentant CNI
18.  Simplice KAMEGNI TCHUESSA, Représentant Mouvement de février 2008
19.  Ruefli HAFIS, Président du CCC 
 
 
Plus d'infos en dessous
 
Les morts et les autres victimes des émeutes de février 2008 au Cameroun honorés à Bruxelles
C’est aussi de l’extérieur du pays que les associations de la diaspora sont mobilisées pour une semaine dite des martyrs de février 2008. Cette année, cinq ans, jour après jour, après le déclenchement de ce que certains ont appelé «les émeutes de la faim », derrière lesquelles Paul Biya le président du Cameroun a vu la main des «apprentis sorciers», des Camerounais n’oublient pas. L'asbl Cercle Belgo-Africain pour la Promotion Humaine avec la collaboration de plusieurs organisations de la société civile, politique camerounaises et belges ont décidé d’organiser à Bruxelles une semaine pour se souvenir des victimes des émeutes de février 2008 au Cameroun
 
 
L’évènement annoncé du 24 février au 2 mars 2013  à Bruxelles et Louvain-la-Neuve en Belgique est une commémoration des personnes tuées par le pouvoir en place au Cameroun lors des émeutes de  février 2008 au Cameroun. 
 
La Messe d'action de grâce a eu lieu le 24 février à la paroisse Saint François de Louvain-la-Neuve de 10 à 13 heures.
 
 
 
C'est dans une ambiance de chansons religieuses noyées dans un récit pathétique que plusieurs participants ont commémoré les morts et les personnes victimes des émeutes de février 2008 au Cameroun. Au menu quelques témoignages sur les circonstances qui ont précédées l'assassinat des jeunes camerounais et le sort réservé à tous ceux qui croupissent encore dans les cellules des prisons camerounaises. La lettre de Paul Eric Kinguè, l'ex Maire de la commune de Njombe Penja, adressée aux organisateurs a été lue en pleine homélie et a ému la salle
 
 
 
Le 1er mars dernier à 15 heures, une délégation constituée de Tchangue Marcel et de Simplice Tchuessa Kameni s'est rendue au service du Premier Ministre Belge afin de lui remettre un mémorandum (Voir accusé de réception)  signé par Elie KADJI, Président du CEBAPH, Koko ATEBA, Présidente de l’ACP-DH, Jérôme NDETTA, Représentant Mouvement de février 2008,Guy FOKOU, Président de la Fondation Moumié, Oumarou ROUFAOU, Président de l’APJE,Marcel TCHANGUE, Conseiller spécial du Président du CODE,Luc BANAMECK, Président du CPMC,Eric NGUEMALEU, Président de Solidarité Universelle, Gisèle EMEGUE, Présidente Action Solidaire Internationale, Evariste MOHBEU, Représentant CNI, Jean Marie MOUKAM, Président CCL-Libération, Hubert DUCARME, Représentant Collectif PEK.
 
Ce mémorandum est en lui même révélateur et revient dans son contenu sur la répression violente et sanglante des manifestations citoyennes de février 2008 au Cameroun
 
Le même mémorandum a été déposé à l'ambassade de France à Bruxelles où après les modalités d'usage, il a été transmis sur le champ et en main propre du plénipotentiaire français auprès du royaume de Belgique
 
 
 
 
 
Le point ultime des activités, cette année, a été en dehors du dépôt de la gerbe de fleurs à l'ambassade du Cameroun à Bruxelles, la grande conférence qui a eu lieu le 2 mars 2013 à la rue de la Sablonnière, 30 à 1000 Bruxelles 
 
 
 
Il est précisément 16h quand l'ambiance est aux retrouvailles dans la salle Paul Delvaux. On retrouve parmi les participants, des invités venus de France, de l'Allemagne, du Luxembourg, sans oublier Madame Marie Arena, Sénatrice belge à qui l’honneur reviendra d’ouvrir les travaux… Tous sont  venus donner de leur contribution au bon déroulement des travaux.
 
 
 
Au niveau des participants, on dénombre  plusieurs personnalités de la société civile et politique  à l'instar de Kadji Elie, président du CEBAPH, Marie Arena, Sénatrice belge, Guy  Fokou , président de la Fondation Moumié, Thierry Amougou, Macro économiste, Franklin Nyamsi du Collectif Diasporique Camerounais, Hubert Ducarme, du Groupe de Soutien à Paul Eric Kingue, Theodore Poufong, Poufong Théodore Fernando, Président Provincial SDF- Belgique
 
 
 
Tous ont répondu patriotiquement à l'appel du CEBAPH. Le professeur Pierre Mila Assouté s'étant excusé .
 
 
 
Sur les murs de la salle abritant la conférence se côtoient en effet les portraits des martyrs historiques de la lutte pour l'indépendance du Cameroun : Um Nyobé, Félix Roland Moumié et autres.
 
 
 
Dans la salle,  l'asbl CEBAPH, le CNI, le MDI, exposent une kyrielle de leurs travaux et de leurs publications.
 
 
 
En trois heures d'intenses échanges entre le public et les intervenants, les participants venus du Luxembourg, de la France et l'Allemagne ont participé à cette rencontre qui portait sur le thème "Peut-on conduire le Cameroun vers la démocratie en ce 21ième siècle en évitant les massacres des  Camerounais ?
 
 
 
Dans son allocution d’ouverture de la conférence, la sénatrice belge  Marie Arena insistera sur le fait qu’on ne peut pas balayer d’un revers de la main toutes les formes d’injustice  commis quelque part qu’importe le pays.
 
Elle en a profité de son intervention pour inviter le public le 20 avril prochain à l’Athénée Royal d’Ixelles pour une journée de réflexion sur la question de l’Afrique subsaharienne.
 
 
 
Jacques Mbakam, membre de l’UPC (Union des Populations du Cameroun), dans son témoignage doit situer la violence politique au Cameroun dans son contexte historique.
 
Selon lui, les pouvoir publics des années 50 jusqu’à ce jour au Cameroun  ont toujours usé de la violence pour réprimer toute activité de revendications publiques.
 
 
 
Poufong Théodore Fernando, Président Provincial SDF- Belgique, dans son témoignage,  reviendra sur la genèse des violences  politiques au Cameroun et affirmera que sans conteste les émeutes de février 2008 ont laissé paraître, à première vue un mal être manifeste.
 
Celui d’une jeunesse qui peine à assurer ses besoins vitaux. La hausse du prix du pétrole et la flambée des prix des produits de base qu’elle a engendrée mais aussi sur le plan politique, la contestation par le peuple camerounais du projet de la modification de la constitution.
 
 
 
Hubert Ducarme du Comité de soutien à Paul Eric Kinguè prendra la parole pour revenir sur l’affaire PEK au Cameroun.
 
Une très forte émotion s'est emparée de l'assistance lorsque  Hubert plus connu sous le nom de Hubert de Luxembourg évoquera les manquements de la justice camerounaise avec des magistrats obligés de condamner un individu selon des instructions et non selon la loi
 
 
 
Selon Guy Lambert Fokou,le président de la Fondation Moumié , la crise sociale qui s'installe au  Cameroun trouve sa source dans les maux qui minent notre société. Les maux décriés en 2008 par les jeunes et la populations entière demeurent  
 
 
 
L'essentiel de la journée du  2 mars  était concentré dans la recherche à travers des différents thèmes débattus dans la recherche d'actions à entreprendre. Comment  bâtir un Cameroun nouveau ? Comment combattre la corruption dans ce pays ? 
 
 
 
Thierry Amougou  suggère à tous de replacer la notion du bien commun dans nos comportements. Plus loin, il suggère aux autorités camerounaises compétentes d’inclure dans la constitution du Cameroun que « Tout soldat qui tue un Camerounais en train de manifester soit radié de l’armée et mis en prison pour 40 ans ».
 
Plus loin dans son intervention, il affirme également qu’il faut que nos constituants puissent  établir la responsabilité pénale du Chef de l’Etat
 
 
 
Franklin Nyamsi pour sa part  pense que le Cameroun changera par la prise claire d'un cap nouveau sur les questions suivantes: la question homosexuelle, la question de la double nationalité, la question féodale, la question de l'égalité des sexes, la question de l'immigration et de l'apatridie, la question de l'éducation et de la formation des jeunes, la question de la relation à l'Occident et notamment la France, la question de l'industrialisation du Cameroun, la question de la géopolitique africaine du Cameroun, la question écologique, la question de la forme administrative de l'Etat national, la question anglophone, la question des minorités autochtones discriminées, etc Selon lui, renouveler l’upécisme c’est renoncer à la haine
 
 
 
Il importe davantage de puiser en nous toute l'énergie nécessaire pour jeter les bases d'un nouveau départ. C'est en cela que la conférence s'y est attelée. Certes, il n'apporte pas la solution intégrale et définitive aux mille et une revendications fondées que le peuple camerounais exprime aujourd’hui. Cependant, il faut un début à tout. 
 
 
 
L'on retiendra en substance que cette rencontre à la fois riche en enseignements et en information restera gravée dans l’histoire du Cameroun avec pour corollaire la prise de conscience de la diaspora progressiste  Camerounaise.
 
 
 
Cellule de Communication de l'asbl CEBAPH
 
Contact : asblcebaph@gmail.com 
 
http://cebaph.blogs.lalibre.be  
 


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