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AFRIQUE

Cameroun/Messamena : Un trafiquant faunique aux arrêts


Alwihda Info | Par - 28 Avril 2017 modifié le 28 Avril 2017 - 16:36

L’homme de 37 ans a été appréhendé pour détention illégale et tentative de commercialisation de près de 100 kg d'écailles de pangolins.


Le trafiquant arrêté à Messamena.
Le trafiquant arrêté à Messamena.
Alors qu’il faisait déjà l’objet d’enquêtes depuis quelques mois, le célèbre trafiquant d'écailles de pangolins a été arrêté le 14 avril 2017 en mi-journée, par les agents du poste de contrôle forestier et de chasse, assistés des éléments de la brigade de Messamena (région de l’Est du Cameroun), au cours d'une opération coup de poing. Le trafiquant qui tient une échoppe dans la ville est soupçonné d'avoir régulièrement fourni des écailles de pangolins à ses clients installés à Yaoundé et à Douala. Les enquêtes préliminaires indiquent qu'il transportait et vendait d’importantes quantités d'écailles de pangolins. En retour, il achetait de la marchandise pour approvisionner sa propre boutique. Mais ce jour-là, comme par mauvaise fortune, les enquêtes avaient déjà fourni assez d'informations révélant l’imminence de la vente illégale d'écailles de pangolins dans la ville. L'opération a été menée avec l'appui technique de The Last Great Ape Organization (Laga).
Le trafiquant qui est actuellement derrière les barreaux devrait faire face à deux chefs d'accusation, à savoir la détention et la circulation illégales des trophées d'une espèce sauvage intégralement protégée, et ceci conformément aux dispositions des articles 101 et 158 de la loi faunique camerounaise de 1994. Il pourrait ainsi écoper d'une peine de prison pouvant aller jusqu'à 3 ans.
Demande croissante d’écailles
Le Cameroun abrite trois espèces de pangolins et seul le pangolin géant est classifié comme espèce intégralement protégée. Mais après la dernière COP de la CITES tenue l'an dernier en Afrique du Sud, toutes les espèces de pangolins sont passées à l'Annexe I qui offre le plus haut niveau de protection dans le cadre de cette Convention de l'ONU relative au commerce des espèces sauvages.
Le ministre camerounais des Forêts et de la Faune Ngole Philip Ngwesse a réagi promptement à cette résolution de la CITES en publiant en janvier 2017, une lettre circulaire laquelle il précisait que toutes les espèces de pangolins sont désormais totalement protégées au Cameroun. Le commerce illicite des écailles de pangolins a connu une augmentation très rapide au cours des deux dernières années, avec l'accroissement de la demande des marchés asiatiques. Les écailles sont abondamment utilisées dans la médecine traditionnelle chinoise et comme aphrodisiaques, malgré l'absence de preuves scientifiques de leurs propriétés thérapeutiques ou curatives. Ceci est à l'origine d'un énorme marché noir d’écailles. Et les pangolins d'Afrique paient le lourd tribut en raison des demandes sans cesse croissantes d’écailles.
Les écailles sont collectées par de plus petits trafiquants qui parcourent les villages qui les achètent pour approvisionner les plus grands trafiquants, comme celui qui a été arrêté à Messamena. Ils fournissent à leur tour des trafiquants chinois comme ceux arrêtés en janvier dernier à Douala, avec plus de 5 tonnes d'écailles dissimulées dans deux énormes containeurs prêts à être exportés vers la Chine. Le trafiquant est actuellement derrière les barreaux. L'opération a eu lieu quelques heures après que trois hommes aient été arrêtées à Meiganga dans la région d'Adamaoua, pour trafic de peaux de félins, dont une peau de lion et de deux peaux de panthère. L'intensification des opérations visant l'application effective de la loi faunique, tend à stopper une activité illicite qui décime les populations d’animaux sauvages dans le pays. Le gouvernement semble bien s'attaquer au problème.