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Cameroun: Sur les traces des martyrs de l’Eglise


Alwihda Info | Par - 29 Mars 2017 modifié le 29 Mars 2017 - 18:04

Dans un livre plein de révélations qui vient de paraitre, le journaliste camerounais Léger Ntiga lève un pan de voile sur des enquêtes ouvertes, confiées à la police et qui à chaque fois, n’ont jamais livré leurs résultats.


Depuis 34 ans au Cameroun, des ouvriers apostoliques (prêtres, religieux et religieuses) sont morts assassinés. Et des enquêtes ouvertes et confiées à la police à chaque fois n’ont toujours pas livré leurs résultats. Le livre, « L’Eglise des Martyrs au Cameroun, Enquête sur une rivière de sang non élucidée » constitue une enquête de journaliste qui lève un coin de voile sur « cette omerta qui se pare à s’y méprendre, des oripeaux de la raison d’Etat, selon l’auteur, tant la police reste dans notre pays, le Cameroun, un corps controversé ». Elle l’a particulièrement été entre 1986 et 1989. Cela étant, il faut reconnaitre que cette force, parmi celles en charge de la sécurité, se distingue très souvent aussi par ses exploits. Mais dans le présent ouvrage, l’auteur démontre que son rôle aura été souvent trouble dans les affaires évoquées.
Des enquêtes à elle confiées et retracées dans ces lignes, étant restées pour la plupart, sans lendemain. Le journaliste camerounais, connu pour ses positions tranchées, rappelle que dans bien des cas, la police a éloigné de manière délibérée ou non, les citoyens de la vérité. Et le fruit des investigations de Léger Ntiga est édifiant à ce propos d’autant plus que son style simple et direct permet de parcourir l’ouvrage comme un feuilleton télévisuel. Qu’il s’agisse de l’assassinat de l’Abbé Mbassi où l’instruction toujours en cours trois décennies après, a laissé dire qu’il s’agissait d’un règlement de comptes parce que le prêtre entretenait des relations coupables avec l’épouse du colonel Messanga Mballa, pourtant une parente de Joseph Mbassi. Cette thèse qui est devenue quasi officielle a poussé des années durant, aux auditions des membres de la famille, sur « les conquêtes féminines » de l’abbé brutalement disparu.
Et pourtant, dans l’ouvrage, différentes thèses s’affrontent dont celle de son travail de journaliste et de rédacteur en chef de L’Effort camerounais (un journal catholique), en rapport avec le trafic d’armes au Cameroun.
Des informations vérifiées
L’on se perd également en conjecture à propos des pistes confuses, des dits, non-dits, affirmations et accusations sur les commanditaires, les tueurs et mobiles de l’assassinat des religieuses de Djoum (sud Cameroun) dans un contexte politique trouble, un an seulement après le décès par strangulation de Mgr Yves Plumey, évêque à la retraite de Ngaoundéré. Comme d’ailleurs le cas emblématique l’abbé Apollinaire Claude Ndi, tué d’après le rapport d’autopsie des suites d’un coup sur l’arrière du crâne. Raison pour laquelle le médecin légiste a constaté qu’il avait la tête fracassée. Or, l’enquête de police et la reconstitution des faits ont conclu à un étranglement. Plus douloureuse est l’ambiance qui a régné lors des obsèques particulièrement agitées du Père Engelbert Mveng. Assassinat autour duquel également circulent, des informations faisant état de l’implication de certains responsables publics. Et de certains courants extrémistes du Vatican qui auraient soutenu la liquidation de l’historien qui venait de bouleverser des dignitaires religieux et politiques avec le colloque qu’il a organisé sur Moïse l’Africain. Une démarche scientifique qui tendait à remettre en cause les fondements du christianisme et de la foi juive.
Le livre de 134 pages de Léger Ntiga passe en revue, d’autres cas d’assassinats de prêtres dont le premier de la série, l’abbé Joseph Yamb, Mgr Jean Kounou, l’abbé Materne Bikoa, le Frère Anton Probst, l’abbé François Xavier Mekong. Des informations vérifiées auprès de nombreux officiels qui heureusement réagissent tout au long de l’ouvrage. Car, brisant les tabous, même sans totalement lever la chape de plomb qui semble couvrir ces affaires, l’ancien secrétaire d’Etat en charge de la police, Denis Ekani (aujourd’hui décédé) jette une autre lumière sur ces crimes. Sauf qu’il se contente de dénégations répondant aux accusations de son ancien collaborateur, le commissaire Pierre Ela à l’époque directeur des Renseignements généraux. Même son de cloche chez le commissaire divisionnaire Sontia Sadate qui a démenti les écrits de feu Ateba Eyene sur le rituel satanique à propos de la consommation du cerveau du Père Mveng. Au bout du compte, Léger Ntiga publie une œuvre d’une actualité brûlante que Me Simon Pierre Eteme Eteme, avocat au Barreau du Cameroun a accepté de préfacer.



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