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AFRIQUE

Cameroun : Zacharie Perevet sort de ses gonds


Alwihda Info | Par - 3 Septembre 2015 modifié le 3 Septembre 2015 - 18:25

Le ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle rappelle aux investisseurs de respecter la réglementation en vigueur en matière d’emploi des nationaux.


Le ministre Zacharie Perevet (à droite), en compagnie du directeur du  projet Memve'ele, le Dr Dieudonné Bisso.
Le ministre Zacharie Perevet (à droite), en compagnie du directeur du projet Memve'ele, le Dr Dieudonné Bisso.
Ces derniers mois, les projets structurants en exécution au Cameroun ont connu des remous sociaux, généralement consécutifs aux mauvaises conditions de travail des employés. C’est ainsi qu’on a vécu, aussi bien à Mekin, Lom Pangar et Memve’ele, des arrêts de travail, pour certains de ces projets, lancés personnellement par le président Paul Biya, et s’inscrivant dans sa politique des « grandes ambitions » de son septennat actuel.
A la suite d’un énième mouvement de grève observé sur le site du projet Memve’ele (211 Mw à produire à l’horizon 2017), et qui a nécessité la récente descente sur le terrain de son collègue du Travail et de la Sécurité sociale, Grégoire Owona, le ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Zacharie Perevet y a effectué sa première visite le 2 septembre 2015. Même s’il a été émerveillé par le gigantesque chantier en terme infrastructurel, il n’a pas manqué l’occasion ainsi offerte, pour sommer les responsables de l’entreprise chinoise Sinohydro, constructrice de l’ouvrage, de se conformer impérativement à la réglementation en vigueur, en matière de recrutement des nationaux. « Je suis venu apprécier moi-même ce qui se passe ici », a-t-il rappelé au cours de la séance de travail qui a suivi la visite marathon du chantier.
Transferts de technologie
Pour ce qui est du transfert de technologie, Zacharie Perevet a souhaité que les ingénieurs camerounais s’impliquent davantage pour mieux assurer la relève et surtout, la maintenance des équipements.
Sur un plan global, il a souhaité qu’il y ait plus de collaboration au sein des projets structurants en cours au Cameroun (et dont l’implication de la Chine est grande), et qu’ils ne subissent aucune incidence sur la productivité. A ce sujet, il faut souligner le cas du barrage de Mekin, construit encore par les Chinois (15 Mw seulement), qui devrait être achevé cette année. Après quelques mois d’arrêt, sa livraison sera repoussée à plus tard.
Le ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle a fustigé, sans fioritures, les modes de recrutement des employés camerounais par la partie chinoise. « Au Cameroun, le contrat de travail est de mise et devrait s’appliquer à tout le monde », a-t-il martelé. Comme le Cameroun, la Chine est membre du Bureau international du travail (Bit), et par conséquent, devrait se conformer à certaines normes internationales, sous l’encadrement du cadre réglementaire en vigueur au Cameroun.
Comme on peut l’imaginer, la souplesse du gouvernement au sujet des dispositions du code du travail sur les emplois des étrangers, a fait son temps, surtout avec cette notion de « tolérance administrative » qui se mue généralement en laxisme. Dès lors, il devient urgent de faire respecter les dispositions du code du travail camerounais en matière des quotas minimum de main d’œuvre, applicables pour les nationaux et les étrangers.
Pour terminer, le ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle annonce des descentes sur le terrain, dans un proche avenir. Il s’agira alors de recueillir régulièrement des données actualisées de la main d’œuvre, et envisager des mesures correctives qui s’imposent.


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