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AFRIQUE

Cameroun : malaise dans la filière des oléagineux


Alwihda Info | Par - 22 Octobre 2015 modifié le 24 Octobre 2015 - 11:07

Des opérateurs regroupés au sein de l'Association des raffineurs des oléagineux du Cameroun (ASROC), ont présenté le 21 octobre 2015 à Yaoundé, sa situation peu reluisante, due essentiellement aux importations massives et incontrôlées d’huiles végétales raffinées, ceci en violation de la réglementation en vigueur. Une mauvaise conjoncture qui contraste pourtant avec la volonté du gouvernement de promouvoir l’industrie locale.


Une huile végétale de fabrication locale : il faut sauver l’industrie locale.
Une huile végétale de fabrication locale : il faut sauver l’industrie locale.
Depuis quelques mois, la filière des oléagineux du Cameroun broient plutôt du noir dans ses usines à travers le pays. En effet, des industriels l’ont révélé, non sans exprimer leur mécontentement, au cours d’une conférence de presse tenue à Yaoundé. Ils ont fait état des actions menées par cette structure, ceci en rapport avec les instructions du chef du gouvernement, pour assainir une filière vitale en danger
C’est ainsi que dans son propos liminaire, Jacquis Kemleu Tchabgou, secrétaire général de l'Association des raffineurs des oléagineux du Cameroun, a présenté une situation peu reluisante: les méventes de la filière ont entrainé une réduction considérable des taux d’utilisation des capacités de production des unités, passant de 70% en général, à près de 30%. Cela a eu comme conséquences : la mise en chômage technique du personnel, la perte de rentabilité des gros investissements réalisés, la perte des points de croissance et la baisse des revenus des populations rurales qui sont en amont de la filière.
Importations massives et incontrôlées
Au Cameroun, cette filière a déjà investi près de 600 milliards de FCFA et utilise plus de 50 000 personnes en emplois directs. C’est une filière à fort potentiel de croissance, et à forte valeur ajoutée. Mais ces derniers temps, elle connait des obstacles à sa compétitivité, à son développement harmonieux, du fait des importations massives et incontrôlées d’huiles végétales raffinées en violation de la réglementation en vigueur.
C’est pour cette raison qu’elle a récemment fait l’objet, au regard de sa position de 3ème en termes d’équilibre de la balance commerciale, d’une attention particulière du gouvernement et de la société civile, au moment où le Cameroun subit les effets pervers de la crise financière internationale, de la guerre contre la Boko Haram et de l’insécurité à sa frontière avec la République centrafricaine. Pourtant, la politique d’industrialisation prônée par le président Paul Biya encourage la production et la transformation des matières premières locales qui génèrent des emplois, en améliorant les recettes de l’Etat, à partir de la fiscalité indirecte, assurant du même coup, la contribution au PIB.
Un secteur à forte valeur ajoutée
Aujourd’hui, il est permis de s’interroger sur les importations en valeur transactionnelle des huiles végétales raffinées de marques Broli et Vikor, non enrichies à la vitamine A, réalisées par la société African Food Distribution.
Ces huiles envahissent malheureusement le marché national, au moment où le gouvernement du Cameroun encourage et fait accroitre la production du soja, à travers le programme AGROPOLE logé au sein du ministère de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire. Par ailleurs, le ministère de l’Agriculture et du développement rural vient de signer avec celui de la Recherche Scientifique, une convention destinée à mettre à disposition, 12 millions de plants de palmier à huile, à raison de 6 millions par an, pendant deux ans à compter de 2016. Cela étant, pour le Dr Emmanuel Paul Nkoulou Ada, «la filière des oléagineux est un secteur à fort potentiel de croissance et d’emplois en même temps qu’elle est à forte valeur ajoutée ». En effet, elle représente 9.5% du secteur industriel et 28.5% du sous-secteur des industries agroalimentaires. Elle a connu une croissance de 5% en 2014, après une hausse considérable de 15% en 2013.
L’Association des raffineurs des oléagineux du Cameroun est constituée des entreprises Scr Maya et Cie, Azur sa, Sodecoton sa, Scs/Rafca, Rpfs, Cco sa, Sitron sa, et Saagry qui produisent 90 % des huiles végétales raffinées de palme, de coton et de soja et 85 % de savons de ménage disponibles dans l’espace commercial camerounais.


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