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AFRIQUE

Cameroun : rentrée scolaire sous haute surveillance


Alwihda Info | Par - 8 Septembre 2015 modifié le 8 Septembre 2015 - 17:31

Empêtré dans des pratiques peu orthodoxes, le système éducatif camerounais a repris droit de cité avec la reprise des classes ce 7 septembre 2015. Le tout dans une psychose à peine voilée, due à l’insécurité imposée au pays par la secte Boko Haram.


Des élèves dans une école primaire.
Des élèves dans une école primaire.
Environ 6,5 millions d’élèves du primaire et du secondaire ont repris le chemin de l’école, à l’occasion de la rentrée scolaire 2015/2016 au Cameroun. Et c’est dans une atmosphère un peu lourde, que les carillons de la rentrée ont sonné. Au-delà des désagréments subis par les parents d’élèves pour inscrire leur progéniture à l’école, il s’est ajouté dans ce contexte, le spectre de l’insécurité consécutive à la guerre que le Cameroun, à l’instar du Tchad et du Nigeria, mène depuis de longs mois, contre la nébuleuse terroriste Boko Haram. L’on a encore à l’esprit, les derniers événements sanglants perpétrés contre les populations dans la région de l’Extrême-Nord du pays.
Face à cette situation, les autorités publiques ont pris des mesures rigoureuses de contrôle et de veille, à l’entrée des établissements scolaires dans les grandes villes. Au lycée Général Leclerc à Yaoundé, où a eu lieu une cérémonie officielle présidée par le ministre des Enseignements secondaires, Louis Bapès Bapès, un dispositif sécuritaire était de mise. Il en était de même dans d’autres établissements de la capitale, ainsi que dans d’autres villes comme Douala, Bafoussam,  Ebolowa ou Bamenda, sans oublier le grand Septentrion du pays qui vit en permanence le spectre des attentats terroristes. A l’entrée des établissements scolaires, tout le monde est passé au détecteur des métaux, pendant que les cartables des élèves étaient même fouillés au peigne fin.
Gratuité de l’école primaire publique
Pour cette année scolaire qui commence au Cameroun, les défis sécuritaires vont donc côtoyer la spirale de corruption qui mine le système éducatif camerounais. Et le mal est profond. Cette gangrène, devenue rampante dans le milieu, fait de la résistance, et ce en dépit des multiples rappels à l’ordre et le haro permanent des parents, lorsque certains d'entre eux ne se confondent pas dans cette mauvaise posture, en monnayant purement et simplement des places, ou en présentant de faux bulletins de notes au recrutement. C’est alors que l’on vit, au vu et au su de tout le monde, l’arnaque, le rançonnement et tous les mécanismes déviants, qui vont à l’encontre des dispositions réglementaires.
L’on se rappelle qu’en 2001, le président camerounais Paul Biya avait pris une mesure salutaire, en décidant de la gratuité de l’école primaire publique. Mais sur le terrain, des subterfuges sont mis en place pour extorquer, de façon subtile, de l’argent aux parents d’élèves, au travers des associations de parents d’élèves (Ape), pour lesquelles, le paiement de frais n’est pourtant pas obligatoire, selon les textes.
Dans le secondaire public, le recrutement en classe est juteux dans les lycées : il faut débourser 100 000 FCFA en moyenne pour la classe de sixième. Or, les textes prévoient que dans le premier cycle, les frais d’inscriptions sont de l’ordre de 7 500 FCFA et de 10 000 FCFA pour ce qui est du second cycle. Mais en sus, le parent doit débourser entre 25 000 et 30 000 FCFA, selon les lycées et le degré de cupidité des responsables d’établissements scolaires. Bien plus, les commissions de recrutement organisées à la veuille de la rentrée scolaire ne sont généralement que le moyen pour les enseignants, de ne retenir que les élèves dont les parents auront versé des espèces sonnantes et trébuchantes.
En définitive, les nombreux textes qui encadrent le fonctionnement des établissements scolaires au Cameroun sont jetés aux calendes grecques par les fonctionnaires véreux. « Au Cameroun, la saison des enseignants bat son plein. Plus que jamais, l’argent prime sur la morale dans un secteur aussi important que celui de la formation des citoyens », regrette Emmanuel A., un parent d’élève rencontré dans l’enceinte d’un établissement privé de Yaoundé le jour de la rentrée.


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