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AFRIQUE

Cameroun : un trafiquant d'ivoire arrêté à Yoko


Alwihda Info | Par - 12 Juillet 2017 modifié le 12 Juillet 2017 - 17:07

Le suspect est arrivé sur une moto transportant un sac dans lequel étaient dissimulées 18 kg de pointes d'ivoire.


Le trafiquant a été arrêté le 5 juillet 2017 à Yoko, une localité de la région du Centre, alors qu'il essayait de vendre deux pointes d'ivoire. Les agents de la délégation régionale des Forêts et de la Faune de cette région, en charge de l’application de loi faunique, ont fait le déplacement de Yoko, située dans le département de Mbam et Kim à plus 300 km de la capitale Yaoundé, pour réaliser l'opération, ceci en étroite collaboration de la police nationale et le soutien technique de l’Ong Laga, spécialisée dans l'application de la loi faunique adoptée en 1994. Le suspect est arrivé sur une moto transportant un sac dans lequel étaient dissimulées des pointes d'ivoire. Ces pointes d’ivoire qui pesaient 18 kg, avaient été divisées en quatre morceaux pour faciliter le transport sur la moto. Les agents de la faune qui attendaient son arrivée se sont aussitôt jetés sur lui, se saisissant du sac, ils le menottèrent immédiatement. Le trafiquant expérimenté ayant compris qu’il avait été pris, a essayé vainement de s’en fuir. Il a ensuite résisté à entrer dans la voiture qui a immédiatement pris le chemin de Ntui, quittant la ville de Yoko, considérée comme une zone difficile pour les opérations de répression des crimes fauniques.
Plusieurs opérations d’arrestation de trafiquants d'espèces fauniques dans cette région ont connu un échec flagrant, en raison de la complicité et de la corruption entre certains responsables et les trafiquants de la faune. Ce n'est pas la première tentative d'arrestation de ce même trafiquant qui a échappé l'année dernière dans la même ville. Et ceux qui avaient mené l'opération croient que des informations avaient été divulguées par les agents locaux.
Des fonctionnaires impliqués
En expliquant pourquoi l'équipe devait partir de Yaoundé, le contrôleur n°3 de la délégation régionale, Ngnondete Jean, qui était chef de l'équipe pour cette mission, a déclaré que « c’est pour éviter les fuites d'informations, car généralement, les informations à Yoko ne sont pas bien conservées. Lorsque les informations ne sont pas bien gérées, comme c’est souvent le cas, les missions d’application de loi échouent ». Les difficultés rencontrées pour mener les opérations dans la ville lui ont donné une très mauvaise réputation dans les milieux de la conservation, car le trafic se fait en toute impunité et certains fonctionnaires semblent être impliqués. La nouvelle de l'arrestation a été accueillie avec satisfaction dans le milieu de la conservation et par les responsables de la faune à Yaoundé. Beaucoup ont exprimé l'espoir que ce soit le début d'une nouvelle vague d'opérations de répression dans cette région peuplée de trafiquants et de braconniers de nombreuses espèces protégées.
Le commerce illégal de l'ivoire entraînerait un déclin calamiteux des populations d'éléphants. Les trafiquants, comme celui arrêté à Yoko, dirigent des équipes de braconniers qui font l’abattage et la coupe des défenses d’éléphants. Selon les enquêtes préliminaires, il avait une équipe de braconniers à qui il fournissait de la nourriture, des balles et d'autres accessoires pour le braconnage. Les enquêtes ont également révélé qu'il faisait affaire avec un trafiquant de Douala qui faisait régulièrement des déplacements pour le rencontrer. Quelques heures après l'opération de Yoko, un total de 7,2 tonnes d'ivoire a été saisi à Hong Kong, par les douanes qui ont mis la main sur trois personnes, un homme et deux femmes. Un container déclaré transporter du poisson congelé était chargé d'ivoire, enfouie en dessous des cartons de poisson. Le trafic de cette ampleur commence par la commercialisation d’ivoire comme c’est le cas de Yoko.