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AFRIQUE

Cameroun : un trafiquant faunique ghanéen aux arrêts


Alwihda Info | Par - 1 Avril 2017 modifié le 1 Avril 2017 - 20:33

Le vendredi 24 mars 2017, ce dernier a été appréhendé par les agents de la délégation régionale des Forêts et de la Faune de la région du Centre (Yaoundé), pour détention et exportation illégales de près de 300 perroquets gris à queue rouge.


Des perroquets dans des caisses prêtes pour l'exportation illégale.
Des perroquets dans des caisses prêtes pour l'exportation illégale.
L’opération menée en collaboration avec la police au quartier Nkoabang à Yaoundé, avec l’assistance technique de « The Last Great Ape Organisation » (LAGA), fait partie d'une enquête en cours qui implique un groupe de trafiquants internationaux de perroquets. Selon des sources proches de l'affaire, les enquêtes portent sur le démantèlement d’un réseau international de trafiquants de perroquets gris à queue rouge qui s’étendrait jusqu’en Europe. Ces enquêtes sont menées par le réseau EAGLE (un réseau de projets qui œuvrent au soutien de l'application des lois sur la faune à travers l'Afrique) qui a suivi un chargement d'environ 100 perroquets gris à queue rouge illégalement exportés de l'aéroport international de Yaoundé-Nsimalen à bord d'un vol en direction d'Abidjan. De là, la cargaison a continué vers le Ghana où une équipe a mis la main sur un suspect en possession perroquets frauduleusement exportés.
Le Ghanéen de 42 ans avait facilité l’exportation illégale des perroquets au Ghana. D'après Ofir Drori, directeur de LAGA qui s'est adressé aux journalistes par téléphone après l'arrestation, "le commerce illégal de perroquets gris est si bien organisé qu'il implique très souvent des complicités et la corruption, il rapporte beaucoup d'argent aux trafiquants qui les investissent dans un réseau international de facilitation des crimes ". Un autre homme a été arrêté en même temps que le Ghanéen comme l'un des facilitateurs des exportations illégales. Les enquêtes révèlent progressivement le mode opératoire du réseau de trafiquants. Il s’agit d’une action de démantèlement d'un réseau qui porte un énorme préjudice aux populations de perroquets et Ofir Drori de poursuivre : "Cette arrestation qui a eu lieu au Cameroun est une tentative de démantèlement d'un réseau, dans le cas du Ghana, la personne qui a été arrêté avec les perroquets est un Ghanéen qui essayait de faciliter l'exportation illégale et il avait déjà facilité des expéditions illégales auparavant".
Système de protection
Ce n'est pas la première fois que d'énormes quantités de perroquets gris à queue rouge sont saisies entre les mains des trafiquants. En 2007 seulement, deux grandes saisies de perroquets ont eu lieu à l’aéroport international de Douala. Plus de 1000 perroquets gris à queue qui étaient sur le point d’être illégalement exportés, ont été saisis, ramenés au zoo de Limbe (région du Sud-ouest anglophone du Cameroun) et relâchés plus tard dans la nature. Le trafic des perroquets est immense et la raison principale c’est qu’ils sont très sollicités comme animaux de compagnie et parce qu’ils sont très intelligents et peuvent maîtriser jusqu'à 600 mots. Dans le but de réduire la tendance néfaste du trafic des perroquets, la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (CITES).
Pendant la Cop17 qui s’est tenue en Afrique du Sud l’année dernière, il a décidé d’accroître le niveau de protection des perroquets, les faisant passer de l’annexe II à l’annexe I qui est le plus haut niveau du système de protection. Ce qui signifie que le commerce international des perroquets gris à queue rouge est interdit. A cet égard, en janvier dernier, le ministre des Forêts et de la Faune du Cameroun Ngolle Philipp Ngwesse a également signé une lettre circulaire adressée à l’ensemble du personnel de son ministère et aux exploitants de la faune les informant du changement de statut du perroquet gris à queue rouge qui a été déclassifié dans la catégorie des espèces sauvages intégralement protégées et dont la capture ne pourrait être légale qu’à la suite de la délivrance d’un permis spécial par le ministre.
La saisie des perroquets est le signe que, malgré son interdiction le trafic se poursuit et des mesures d'application effectives de la loi sont urgemment nécessaires pour mettre fin au processus.