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AFRIQUE

Centrafrique : A quand une inculpation des criminels de guerre ?


Alwihda Info | Par Blanche Kéré - 29 Mars 2017 modifié le 29 Mars 2017 - 12:15

Chacun sait que des crimes de guerre ont été commis par les différents groupes armés en Centrafrique. Qu'en est-il de leur inculpation ? Qu'en est-il des procédures ? Les années passent et le sentiment des populations est que rien n'est réellement fait pour leur permettre de ne plus vivre dans la peur quotidienne.


La crise en Centrafrique a donné lieu à des scènes d’une atrocité difficilement soutenable, apportant son lot de malheurs, de tristesse et de déchirement pour des populations chaque fois victimes d’outrages, d’exactions et de crimes de guerre.
Consciente de la nécessité absolue de rendre justice aux victimes, la communauté internationale et la république centrafricaine mettent en place, petit-à-petit, les structures qui permettront de juger les criminels de guerre.
Pourtant, l’ONU, par la résolution 2127 concernant la république centrafricaine, a publié une première liste de justiciables dont François Bozizé, Nourredine Adam, Alfred Yekatom, Oumar Younous, Haroun Gaye, Eugène Ngaikosset, Habib Soussou. Bien entendu, chacun sait que d’autres personnes pourraient faire partie de cette liste, mais c’est un début. Or, les crimes continuent, les criminels ne sont pas inculpés, ni menacés. Pire, les populations qui ont souffert, et souffrent encore, subissent leurs pressions quotidiennes en province, en voient certains passer dans leur ville, leur village. Les adjoints de ces hommes, tous aussi coupables, continuent de circuler librement en province, commettant leurs crimes. La presse et les divers médias nous informent chaque fois des crimes et atrocités commises.
Alors, puisque les structures de jugement sont en place, puisque les criminels sont connus, pourquoi les procédures n’avancent pas plus vite ? La seule parution, et large diffusion, de listes officielles de criminels justiciables serait déjà un début d’apaisement pour les victimes, leurs familles, leur communauté. Cette officialisation les inciterait à modérer leurs actions et créerait les conditions d’un retour au calme dans certaines régions du pays, faciliterait le travail de la MINUSCA et donnerait un moyen de pression sur les criminels et leurs troupes.
Or, que voyons-nous actuellement ? Une large partie du pays est laissée sous la menace de ces groupes criminels, autour de Bambari, Bakouma, Ippy, KagaBandoro etc… Chaque jour les organes d’information nous informent de dizaines de personnes assassinées à tel ou tel endroit.
Mais est-ce surprenant ? Les mêmes criminels qui ont précipité notre pauvre pays dans la crise la plus grave qu’il ait connu depuis longtemps, sont toujours aux commandes de ces groupes armés. Les Nourredine Adam, Arda Hakouma, Abdoulaye Issène, Kanton, Baba Issène et bien d’autres dans les autres mouvements armés. Ils continuent leurs forfaits sans être menacés, sans être dénoncés, sans être inquiétés. Il ne faut donc pas s’étonner que la crise armée ne se termine pas.
Lorsqu’un corps est malade, le médecin va s’attaquer à l’origine du mal pour l’éradiquer, pas uniquement aux signes apparents. Alors pourquoi n’est-il pas possible de faire de la même façon pour notre pays, pour notre population ?
J’en appelle à une action massive des pouvoirs publics, de l’ONU, des organismes de défense des Droits de l’Homme, pour exiger une accélération des procédures et des décisions, car les malheurs engendrés par l’inaction rejailli sur ceux qui ne font rien pour résoudre le problème. Ils deviennent complices, malgré eux, des troubles qui continuent.