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AFRIQUE

Centrafrique : Affaire du "Don Angolais", un document accablant pour le pouvoir


Alwihda Info | Par Eve Malonga - 2 Octobre 2014 modifié le 2 Octobre 2014 - 12:10


Eve Malonga

BANGUI (LNC) — En vérité, bien avant la révélation du scandale du "Don Angolais" par Jeune Afrique, LNC dès le 4 juin 2014 en avait déjà parlé.
Lire ou relire : http://www.lanouvellecentrafrique.info/centrafrique-quand-des-proches-de-catherine-samba-panza-detournent-sans-vergogne-largent-public/

Mais l'affaire révélée passât inaperçue, pour ne rebondir que récemment, via sans doute un media bien plus médiatique que nous.

Dans le présent document, comme on peut le lire, en date du 30 avril 2014, le Directeur Général du Trésor centrafricain, Gabriel Madenga informe son ministre de tutelle Rémy Yakoro, en explicitant très très clairement que sur requête de Mahamat Kamoun, à l'époque l'un des pléthoriques Conseillers spéciaux de la Présidente Catherine Samba-Panza, qu'il devait se mettre en relation avec Mlle Christelle SAPPOT, ci-devant fille de la Présidente, et accessoirement sa Chef de Cabinet, pour recevoir de sa part UNIQUEMENT 2.5 millions de $ à verser au Trésor, sur les Cinq (5) qu'elle reçut en espèces via un envoyé du président angolais.

A partir de là, et sur foi de ce document officiel du Ministère des Finances, nous sommes bel et bien devant un cas avéré de détournement des deniers de l'ETAT CENTRAFRICAIN dont se sont rendus coupables, Catherine Samba-Panza, Mahamat Kamoun et Christelle Sappot, entre autres.

CAR POUR LE TRESOR CENTRAFRICAIN, CES AUTRES 2.5 MILLIONS DE $ N'EXISTENT PAS, PUISQUE NON ENCAISSES ET DONC NON DECLARES.

UNE TRUANDERIE ROCAMBOLESQUE DIGNE DES PIEDS NICKELES

Ce que le Directeur du Trésor ignorait, c'était que les deux convoyeurs de "confiance" de la Présidente Samba-Panza, les porteurs de valisettes chargés de trimbaler les 5 millions de $ pour faire le change à Douala, étaient son propre ministre Rémi Yakoro, et Mahamat Kamoun.
Une fois le change fait en F CFA, les deux reviendront à Bangui avec l'argent, toujours en espèce.

Maintenant, ce que le ministre des finances lui ne savait pas, c'était que Kamoun remettra la totalité de la somme à Christelle SAPPOT, ceci en toute illégalité, de la main à la main.

C'est ensuite que sur instruction de Samba-Panza, il demandera au DG du Trésor, comme le document en fait foi, d'aller trouver Mlle SAPPOT, mais pour ne recevoir que la moitié de la somme.

Depuis, Rémy Yakoro qui eut vent de la malversation s'était fâché et menaçât de démissionner.
Mais peine perdue, Mahamat Kamoun par la grâce de la Présidente, devenu depuis le Premier Ministre du pays, ne le reconduira pas. Pas fou !

Tout ceci nous ramène à un simple problème de criminalité financière en col blanc, ou plutôt en pagne coloré.
2.5 millions de $ non déclarés au Trésor, c'est tout simplement du VOL QUALIFIE !!!

Cela pourrait s'apparenter à des "Fonds occultes" comme le pratiquait en France le Premier Ministre avant que Lionel Jospin n'y mette fin.
Mais dans le cas de la France, ces fonds mis à la disposition du Premier Ministre étaient prévus par le Budget de l'Etat, même si la pratique était fort douteuse.
Rien de tout cela dans le cas centrafricain, qui n'est qu'escroquerie de voyous au plus haut niveau de l'Etat.

Melle SAPPOT avait-elle délégation officielle pour détenir 5 millions de $ et par dessus le marché en liquide ?
Pourquoi ne pas avoir remis la totalité de cette somme, comme elle avait obligation de le faire au DG du Trésor ?
Les réponses dans les intentions de criminalité financière.

ASSOCIATION DE MALFAITEURS

1.132.500.000 F CFA, non déclarés et détenus illégalement par Mlle Sappot, qu'elle remettra à sa mère, comme l'avoue indirectement Joseph Mabingui son directeur de cabinet.

Dès lors, tout un chacun de s'interroger sur les justifications des dépenses de cet argent, qui officiellement n'existe pas.
Car si l'on donne foi au document fantaisiste de Joseph Mabingui, cet argent serait sorti de la cagnotte de la présidente pour un usage à discrétion.

Et ceci nous rappelle une vieille affaire, celle des "Diamants de Giscard".
Quand au cœur du scandale, le président français osera dire qu'il avait vendu les diamants reçus de Bokassa pour en remettre la somme à Ruth Rolland à l'époque Présidente de la Croix Rouge centrafricaine.
Mme Rolland niera fermement avoir reçue quoique ce soit de Giscard d'ESTAING.
Mensonge éhonté donc, qui de par le poids du délinquant, n'eut aucune suite judiciaire.

Ainsi, si comme le prétend Joseph Mabingui, Samba-Panza a utilisé cet argent pour les utilisations qu'il décrit, quelle en est la provenance, et d'une ?
Et de deux, une fois de plus nous reposons la question :
OU SONT LES PIECES COMPTABLES JUSTIFICATIVES, QUI SANS, REND NUL SON DOCUMENT QUE SAMBA-PANZA L'OBLIGEAT A ECRIRE ?

A l'évidence, Mr Mabingui ne pourra durablement maintenir ses assertions, si mis devant un Tribunal pour investigation.
Car l'argent fut bien détourné, et n'est nullement allé là où il le prétend - sur ordre de sa patronne.

Où est vraiment passé cet argent ? une question qui mériterait investigation de la Justice.
Mais au pays de l'impunité en tous genres, on peut y rêver, pas plus.

CONCLUSION

Les affaires de malversations financières au plus haut niveau de l'Etat sont coutumières en Centrafrique.
Depuis Bokassa, les personnalités au pouvoir ont pris l'habitude de confondre les caisses de l'Etat avec leurs cagnottes personnelles.
Les cas de détournement des fonds publics, surtout à la source, lorsque les présidents taxaient pour leurs comptes les entreprises minières ne surprennent plus personne.
MAIS....
Cela prend une autre tournure, et une autre dimension dans le présent cas du scandale du "DON ANGOLAIS".
Le pays est en crise absolue, les caisses de l'Etat sont complètement rincées. Les fonctionnaires ne sont pas payés.
L'Etat vit sous apnée de l'aide internationale.
Dès lors, se permettre de voler, et de surcroît une partie conséquente d'un don généreux d'un pays frère relève non seulement de l'inconscience, de la prédation maladive, de toute absence de sens des responsabilités, et disons le tout prosaïquement, DU SANS COEUR !

Quelle crédibilité peut-on encore accorder à Mme Samba-Panza après un tel forfait ?

Available in English

© Octobre 2014 LNC


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