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AFRIQUE

Centrafrique : De l’impunité à l’insouciance des victimes de la crise contemporaine


Alwihda Info | Par Rodrigue Joseph Prudence MAYTE - 7 Octobre 2013 modifié le 7 Octobre 2013 - 19:09


Rodrigue Joseph Prudence MAYTE (gauche) et Jean-Pierre Moscovici (droite)
Rodrigue Joseph Prudence MAYTE (gauche) et Jean-Pierre Moscovici (droite)
Par-delà ces nombreux rebondissements et ces imprévisibles développements qui continuent de défrayer la chronique centrafricaine ces temps-ci, l’actualité quotidienne déboule en cascade et en cavalcade au point de créer une cacophonie prosaïque dans l’environnement sociétal. C’est un peu comme lorsque, sur l’écran de la télé, la voix de l’acteur ne coïncide pas avec le mouvement de ses lèvres. Une sulfureuse incompatibilité qui taraude davantage la précarité sociale encore en mal de chien dans le pays des enturbannés. En réalité, il est souvent facile d’arborer la tunique d’un analyste et de donner son avis sur une question donnée. En revanche, il s’avère difficile de translater les remords des victimes au prorata de la manière à laquelle elles ont avalé les couleuvres.

Généralement, les lampions médiatiques ne s’orientent que sur une équipe victorieuse ou défaitiste d’un événement dualiste quelconque. Les multiples crises centrafricaines ont toujours mis en exergue cette théorie. A maintes reprises, l’équipe gagnante de la crise était ovationnée d’un côté et de l’autre côté l’équipe perdante était vilipendée à tour de bras. Curieusement les victimes sont marginalisées comme à l’accoutumée. De mêmes, les auteurs de crimes, de pillages, de viols, de vandalismes et autres délits jouissent d’une impunité ahurissante. D’ailleurs, l’impunité est devenue une culture de gouvernance actuellement dans le pays des trublions. D’après une source concordante qui a requis l’anonymat, plus de 8000 véhicules ont été déportés par les enturbannés au Tchad et au Soudan selon un rapport sur l’état des lieux remis au chef de la junte récemment.

Ce même rapport détaille un nombre hallucinant et incalculable des matériels (vélos, mobylettes, motos, meubles, vêtements, ustensiles de cuisines etc…) que les enturbannés ont déporté sans coup férir dans les pays cités ci-haut. Une chose est sûre, les auteurs de ces différents pillages n’ont jamais été inquiétés par la justice centrafricaine. Même si cette justice couarde, qui agit de fois au faciès, a essayé d’inculper dernièrement un nombre futile de voleurs à la sauvette, il faut reconnaître que cette inculpation ne saurait atténuer la douleur des victimes. Il est d’une évidence absolue que la perte des parents, des biens immobiliers et mobiliers lors d’un événement factuel engendre immédiatement la haine et par ricochet l’envie d’une vengeance.

Des hommes de la Séléka. Photo non datée. Crédit photo : Sources
Des hommes de la Séléka. Photo non datée. Crédit photo : Sources
Si on ne rend pas la justice convenablement, il est fort probable que certaines victimes se la rendent sans sonner trompette ni tambour. La brume contemporaine a fait plus de victimes que des heureux. Sur une échelle de zéro à dix, les victimes estiment que la douleur dépasse indéniablement la barre de dix. Plusieurs femmes ont été violées et violentées devant leurs propres parents. Nombreuses sont les familles qui ont assisté aux pillages, aux vandalismes de leurs biens mobiliers et immobiliers. A cela s’ajoutent des familles décimées, des villages consumés, des corps putréfiés qui jonchent encore les bordures de la route et un nombre important des déplacés…Un véritable drame social.

Si la Cour pénale internationale ne rend pas la justice conformément aux dégâts causés, les Centrafricains ne finiront jamais de cautériser leurs plaies. Ce qui est écœurant, ces victimes n’ont souvent aucunes accointances avec les protagonistes de la crise mais elles subissent inéluctablement les affres de la guerre. D’une manière évidente, lorsqu’on n’arrive pas à comprendre les causes de sa souffrance, on s’en prend à des boucs émissaires…Le regain de tension dans la ville de Bossangoa est un exemple illustratif de l’esprit vindicatif qui alimente quotidiennement l’incompréhension des victimes de la crise centrafricaine.

En tout cas, la Centrafrique ressemble de nos jours à un dépôt de carburant dans lequel chaque victime dispose une allumette capable de déclencher un incendie qui pourra pourlécher toute l’Afrique centrale. Décidément, la Cour pénale internationale ne pourra calmer les ardeurs des victimes qu’en inculpant tous les auteurs des crimes crapuleux. Peut être que cette inculpation désamorcera la bombe latente des victimes de cette crise.

Par Rodrigue Joseph Prudence MAYTE
Chroniqueur, Polémiste mayterodrigue@yahoo.fr France, Vitré


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