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AFRIQUE

Centrafrique : Décryptage d’une gouvernance paparazzi


Alwihda Info | Par Rodrigue Joseph Prudence MAYTE - 28 Mai 2013 modifié le 28 Mai 2013 - 13:50


Rodrigue Joseph Prudence MAYTE
Rodrigue Joseph Prudence MAYTE
Par Rodrigue Joseph Prudence MAYTE

Il n’est point un secret de polichinelle que les nouvelles autorités centrafricaines mettent aujourd’hui un accent particulier sur la communication. Une approche stratégique qui permet à la junte au pouvoir de cautériser les plaies des récents événements fâcheux. Plusieurs faits démontrent que les nouvelles autorités s’investissent davantage dans la communication pour non seulement redorer leurs blasons mais vendre également  l’image de leurs activités quotidiennes. On constate même une prolifération des sites d’informations et des journaux dans l’unique but de relayer les activités de la junte au pouvoir et de contrecarrer avec véhémence toutes les analyses qui élucident certains événements factuels du pays. Si certains centrafricains apprécient la manière à laquelle les nouvelles autorités communiquent, d’autres perçoivent très mal cette supercherie de la junte au pouvoir qui consiste à noyauter le monde des médias dans l’intention de tout cadenasser et de faire une communication ciblée.

Déjà, certains débatteurs de la vie politique centrafricaine estiment que le pouvoir de Bangui soigne  beaucoup son image alors que les vrais problèmes du pays restent en toile de fond. Une telle technique risque de transformer la transition en eau de boudin si jamais la junte au pouvoir ne priorise pas l’essentiel qui caractérise le quotidien du peuple centrafricain.  Il est vrai que le chantier est vaste mais  les autorités centrafricaines  sont tenues de s’attaquer aux différents dossiers brûlants plutôt que d’opter pour l’arbre qui cache la forêt à travers la communication. A l’évidence, le Chef de la junte doit nécessairement faire une ouverture politique orientée vers la diversité. Aussi, il est important qu’il organise dans un bref délai un forum républicain qui permettra  à tous les  Centrafricains de se réconcilier et d’opter pour la reconstruction nationale. En plus, il est aisé que le Chef de la junte puisse créer les conditions nécessaires d’un retour au pays de tous les exilés. Ce retour se facilitera certainement par le dédommagement au prorata des biens (mobiliers, immobiliers) de tous les Centrafricains qui ont été pillés et détruits.

A travers ce geste noble, le trait d’union entre l’altruisme et la haine s’observera visiblement en Centrafrique. Il semble ultime de nos jours que les nouvelles autorités doivent d’abord se pencher sur le rétablissement de la sécurité sur toute l’étendue du territoire et envisager un remaniement du gouvernement qui devra tenir compte de la diversité. Tant que le président de la transition n’affiche pas une volonté politique dans ce sens il est fort possible que l’effet boule de neige de son durcissement caracolera dans un avenir proche. La situation du pays est très grave et  il est inconcevable qu’on fasse tout le temps une diversion à travers la communication. Assurément, le Chef de la transition doit  mettre les pieds de tous les Centrafricains à l’étrier pour la reconstruction nationale. La célèbre phrase saugrenue et bizarroïde  en Sango: « Tour ti é là » qui veut dire littéralement en Français « C’est notre tour » doit disparaître dans le langage courant de certains centrafricains.

Rodrigue Joseph Prudence MAYTE



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