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POLITIQUE

Centrafrique : Karim Meckassoua veut un audit du feu C.N.T


Alwihda Info | Par Sandra Martin-White - 9 Mai 2016 modifié le 9 Mai 2016 - 14:47


Sandra Martin-White

LOS ANGELES (LNC) – A peine installé au perchoir de la nouvelle Assemblée Nationale Centrafricaine, Karim Meckassoua est pressé... Et avant toute chose, il projette de procéder à un audit détaillé du bilan financier du Conseil National de Transition que présidait Alexandre N'Guendet. Grinçages de dents en perspective.

La politique centrafricaine restera toujours une énigme pour l'observateur un tant soit peu attentif. Et l'on ne peut qu'être circonspect sur les conditions de l'élection du président de l'Assemblée Nationale.

Car, d'un point de vue strictement juridique, il n'était pas légal de procéder à cette élection avec uniquement 128 députés sur les 140 prévus. Une dernière élection partielle étant encore prévue pour faire le complément le 15 mai prochain.

Constitutionnellement parlant, la Cour Constitutionnelle de Transition - dont par ailleurs la pérennité porte à caution, comme issue d'une transition défunte - devrait annuler cette élection et demander aux députés de revoter, sitôt que le nombre des 140 députés serait atteint.

Car c'est un non sens de procéder à l'élection du président d'un parlement avec le quorum d'une assemblée incomplète.

En conséquence, si la loi en la matière n'est pas respectée, la Centrafrique renouera de nouveau avec ses vieux démons de simulacre démocratique et de carence de cohérence politique.

L'AUDIT DU C.N.T PROJETTE PAR MECKASSOUA A-T-IL UN SENS ?

A l'évidence non, car le Conseil National de Transition fut une émanation d'une phase transitoire politique d'exception, suite aux catastrophiques dits Accords de Libreville, qui n'eurent pour conséquences dramatiques que de donner une légitimité au coup d'Etat des Séléka de Michel Djotodia. C'était une fois plus, un renoncement devant la pression des armes.

Le nouveau parlement n'a pas le pouvoir d'enquêter ou de procéder à une quelconque audit de quoi que ce soit concernant la phase de transition qui vient de s'achever. Ce serait UN ACTE POLITIQUE NE RELEVANT QUE DE L'AUTORITE DU CHEF DE L'ETAT ELU, en occurrence FAUSTIN TOUADERA.

Car à ce jeu de basses fosses, pourquoi pas aussi lancer un audit sur la gestion financière du pays par Catherine Samba-Panza ? Là où réellement, il y'aurait matière ?

Relents de règlements de compte entre crocodiles du marigot

Tirs aux pigeons entre d'ex soutiens politiques des Séléka. Karim Meckassoua, bien conscient déjà des conditions plus que douteuses de son élection par "Koudoufarisme" (souvenir de l'achat du député Koudoufara lors de la belle époque du MLPC au pouvoir), Meckassoua cherche au plus vite à se refaire une virginité, et si possible en sacrifiant sur l'autel de la "propreté" son prédécesseur Alexandre N'Guendet, car nul n'est dupe de la manœuvre digne du meilleur de Machiavel et de la cible visée.

CE SERAIT UN PEU VITE PASSER EN PERTES ET PROFITS ALEXANDRE-FERDINAND N'GUENDET, QUI AURA SU DONNER DE LA TENUE ET UNE FORME DE CREDIBILITE AU CONSEIL NATIONAL DE TRANSITION, MASQUANT AINSI LES INCOMPETENCES REPETEES DE CATHERINE SAMBA-PANZA A LA TETE DU PAYS.

Son adversaire théorique le plus dangereux, Martin Ziguélé étant KO DEBOUT ! avec 14 voix simplement sur son nom à l'issue du vote du président de l'assemblée, Karim Meckassoua veut faire le ménage à sec dans ses amis du passé devenus bien encombrant.

Avec les coudées qu'il croit franches, et profitant de l'absence d'autorité légendaire du nouveau président, Meckassoua se voit déjà en électron libre et en substitut du Chef de l'Etat.


Mai 2016 LAMINE MEDIA



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