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AFRIQUE

Centrafrique : L'anarchie


Alwihda Info | Par Bernard-Christian MBEZOUA - 11 Avril 2013 modifié le 11 Avril 2013 - 19:28


Décembre 2012. Les centrafricains dans les rues de Bangui. Diaspora Media
Décembre 2012. Les centrafricains dans les rues de Bangui. Diaspora Media
Par Bernard-Christian MBEZOUA

Tous les Centrafricains ont reproché à l’ex Président de la République François BOZIZE d’avoir tenté de manipuler la Constitution pour pouvoir se présenter de nouveau aux prochaines élections présidentielles.

Une autre personne s’est installée au pouvoir en le prenant par la violence, a carrément dissout notre Constitution et a décidé de gérer le pays par ordonnances.

Où sont toutes ces personnes et ces organisations centrafricaines qui avaient protesté vivement contre la manipulation de notre Constitution par Bozizé ? Pourquoi ne se lèvent-ils pas maintenant pour réclamer à cors et à cis la restitution de notre Constitution ?

Notre loi fondamentale avait été parfaitement pensée et écrite. Elle n’a jamais été mise en cause. Quelle est alors la raison pour laquelle nous devrions rédiger une toute nouvelle constitution ? Serait-ce une manipulation destinée à nous faire perdre du temps pendant qu’une certaine mafia s’installe ? Les administrations ont été détruites et toutes les archives volatilisées : l’intention serait-elle de donner la nationalité centrafricaine à tous ces étrangers envahisseurs et leur fabriquer les documents nécessaires? Cette nouvelle constitution a-t-elle pour but d’y incorporer des articles de la charia ? (peine de mort, flagellation, amputations etc…)

Armée Nationale. Notre armée nationale n’existait déjà plus sous le régime de François BOZIZE. Aujourd’hui les nouvelles autorités procèdent à un recrutement forcené, incluant même des enfants et des handicapés. Nos forces nationales seront-elles reconstituées avec des étrangers et des incompétents ?

La sortie de crise passe surtout par la réhabilitation complète des forces armées, ce qui implique un retour des militaires de métier, une formation et un encadrement des nouvelles recrues strictement de nationalité centrafricaine, et le respect des valeurs liées à l’éthique de ce métier NOBLE.

Conférence Nationale. Aujourd’hui tout le monde se précipite à la mangeoire et veut participer au Conseil supérieur de la transition (CST), sans se poser de questions sur la légalité de cet organe. Certes le sommet de Ndjamena a préconisé la mise en place d’un collège pour jouer le rôle de l’exécutif, mais n’a pas précisé les critères de choix de ses membres. Le peuple centrafricain devrait avoir son mot à dire dans ces choix, desquels dépend son avenir. Les autorités actuelles seraient mieux avisées d’éviter la manipulation des accords de Libreville et des recommandations du Sommet de Ndjamena. Ces manipulations mèneront le pays dans les même travers que le régime précédent : la gestion clanique et patrimoniale du pouvoir, qui nous a plongés dans l’abîme.

La mise en place opaque d’une CST n’est donc pas la solution. La meilleure voie pour sortir notre pays définitivement du gouffre est de tenir immédiatement une Conférence Nationale qui impliquera tous les centrafricains et débouchera sur des décisions communes sur la gestion de la transition et les orientations pour l’avenir.

Les populations continuent à subir les violences et les barbaries des envahisseurs. Sur toute l’étendue du territoire, elles survivent dans des conditions désastreuses et déplorables. La situation est grave, les pillages, les assassinats, les viols et les atrocités continuent. Les leaders des rebelles n’arrivent pas à discipliner leurs troupes. Le pays souffre d’une catastrophe sanitaire et d’une crise alimentaire qui va devenir de plus en plus aigüe.

La sécurité doit être rétablie de toute urgence pour la protection des populations. Comme nous n’avons plus de forces de sécurité, la RCA doit faire appel à l’Union Africaine et aux Nations Unies pour nous envoyer des forces d’interposition en attendant la reconstruction de l’armée nationale.

Les risques d’une guerre généralisée sont évidents. Il y a de grosses dissensions entre les différents sous-groupes de la rébellion Séléka. Il faut prendre en compte la présence menaçante d’autres groupes armés ne s’étant pas joints à Séléka, et des préparatifs de réplique de certains caciques du pouvoir déchu. La Conférence nationale désamorcerait toute velléité de revanche ou d’une quelconque contre attaque.

Paris, le 11 avril 2013



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