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AFRIQUE

Centrafrique : L'homme qui inventa la Séléka craint la menace d'Al Qaïda et d'extrémistes


- 17 Février 2014 modifié le 18 Février 2014 - 07:39

"Si les Chrétiens n'arrêtent pas de tuer des Musulmans, j'ai peur que cela puisse entraîner des groupes comme Al Quaida et Boko Haram à venir se mêler au conflit."


Par La Nouvelle Centrafrique - Fatima K. Lamine

L'ex général Séléka Mohamed Dhaffane. Photo : LNC
L'ex général Séléka Mohamed Dhaffane. Photo : LNC
(LNC) — Dans une interview accordée à l'agence de presse Anadolu, l'ex général Séléka Mohamed Dhaffane, et également ancien ministre d'état sous le gouvernement provisoire de Michel Djotodia a prévenu, en affirmant que : "Si les Chrétiens n'arrêtent pas de tuer des Musulmans, j'ai peur que cela puisse entraîner des groupes comme Al Quaida et Boko Haram à venir se mêler au conflit."
 
Ajoutant en outre que les ex Séléka pourraient aussi refaire des coups, si ces assassinats de musulmans par les Anti-Balaka ne s'arrêtaient pas.
 
"J'ai conseillé aux musulmans et aux ex-Séléka de ne pas s'adonner à des actes de vengeance contre les attaques chrétiennes, mais, ils sont très remontés, et se vengeront si les chrétiens continuent à les tuer," dit-il.
 
Les musulmans ont de manière intensive depuis janvier, été ciblés, depuis que Catherine Samba-Panza a été élue présidente.
 
Questionné par l'Agence Anadolu s'il soutiendrait l'idée d'une partition de la RCA, Dhaffane a précisé : "Je ne soutiens pas du tout cette idée, mais il y a le risque que, si les violences sectaires ne cessent pas, certaines personnes tenteront de diviser le pays."
 
Il n'a cependant pas dit qui il entendait par "certaines personnes".
 
Il apprécie toutefois toute investigation de la Cour pénale internationale sur les crimes perpétrés en Centrafrique.
 
"Mais avant d'arrêter qui que ce soit, ils doivent d'abord arrêter en premier François Bozizé l'ancien président, parce qu'il est celui qui a mis en place ceux qui s'appellent "Anti-Balaka", et qui a tourné les chrétiens contre les musulmans." Complète-t'il encore.
 
"Après cela, il faudra aussi arrêter Djotodia et les autres."
 
Toujours dans son interview, il a déclaré que des officiers sous les ordres de Bozizé étaient parmi les premiers qui avaient brûlé en 2009 la mosquée de la ville d'Akurusubak dans la région de N'Délé.
 
"Les soldats y étaient allé pour chercher les rebelles musulmans" dit-il. "Et quand ils n'étaient pas parvenus à nous trouver, ils avaient mis le feu à la mosquée en représailles."
 
Dhaffane raconte que la présente situation à Bangui pouvait être évitée si Djotodia avait tenu compte des conseils.
 
"Si Djotodia avait écouté notre conseil, de tout de suite renvoyer les mercenaires tchadiens et soudanais, nous n'aurions pas actuellement ces violences sectaires dans le pays."
 
Dhaffane martèle qu'il avait averti Djotodia, qu'il fallait avoir un dialogue avec les Séléka pour les prévenir des exactions - Mais Djotodia avait refusé.
 
"Je lui ai dit de payer les mercenaires étrangers pour qu'ils puissent s'en aller, mais il avait encore ignoré ma suggestion, et après, ces mercenaires ont commencé à voler et à tuer des civils".
 
"Voilà pourquoi les chrétiens se sont ensuite retourné contre les musulmans dans notre pays – parce que la grande majorité des Séléka sont des musulmans, et évident, ils les ont associés avec les civils de la communauté musulmane," explique-t'il encore.
 
Il rappelle que durant une émission à la radio, il avait clairement dénoncé et critiqué les exactions et les autres crimes des combattants de la Séléka.
 
"Mais dès que j'ai quitté les locaux de la Radio, le président Djotodia m'avait convoqué au Camp de Roux où il vivait. Et dès mon arrivée, j'ai été arrêté."
 
Il passera ensuite les 6 mois suivant derrière les barreaux, et ne sera libéré que quelques jours avant la démission de Djotodia le 10 janvier.
 
Général d'armée de la Séléka, il dit qu'il avait le respect de 3.000 soldats répartis dans les casernes de Bangui.
Et c'est après s'être lassé de conseiller Djotodia en vain qu'il avait pris la décision d'aller à la Radio Nationale pour dénoncer les crimes commis par les Séléka.
 
"Je suis celui qui a trouvé le nom de SELEKA, quand je dirigeais le CPSK, et la totalité de la coalition avait ensuite accepté ce mot," dit-il encore.
 
"Mais malheureusement, Djotodia a ignoré mes conseils, et au lieu de cela, il m'avait mis en prison," clame-t'il, et que selon lui, s'il n'avait pas été emprisonné, la crise actuelle n'aurait jamais eu lieu.

Note de la rédaction :

Le titre "Centrafrique : L'homme qui inventa la Séléka brandit la menace d'Al Qaïda" est interprété comme une confusion volontaire d'idées ou de concepts distincts visant à discréditer. Ainsi, il est modifié par "Centrafrique : L'homme qui inventa la Séléka craint la menace d'Al Qaïda et d'extrémistes".

L'ex-général Séléka Mohamed Dhaffane « n'a jamais brandit la menace d'Al Qaida. Il a plutôt exprimé une crainte de voir les extrémistes de tous genres s'inviter dans le conflit Centrafricain si les tueries contre les musulmans devaient continuer. Comprenez par extrémistes tout extrémisme qu'il soit musulman ou chrétien tel que la LRA de Joseph Kony ».


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