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INTERVIEW

Centrafrique : La France affirme que sa mission est de "protéger" les musulmans


- 5 Février 2014 modifié le 5 Février 2014 - 08:33

A l’aéroport de Bangui, le camp de réfugiés ne désemplit pas (entre 50000 et 100000 personnes), tandis que les populations musulmanes continuent d’être traquées par la majorité chrétienne. L’ONU a annoncé, hier, le lancement d’un pont aérien sur la capitale, face au manque de nourriture dans le pays pour les centaines de milliers de déplacés des violences interreligieuses. A Paris, l’Assemblée nationale se prononcera par un vote le 26 février sur une prolongation de l’intervention militaire Sangaris, lancée le 5 décembre. Arrivé en même temps que les soldats (qui sont actuellement 1600), l’ambassadeur de France, Charles Malinas, estime toutefois que le pays est sur la bonne


Par Leparisien.fr - PROPOS RECUEILLIS PAR AVA DJAMASHIDI ET FREDERIC GERSCHE

Bossangoa (République centrafricaine), le 16 janvier. L’ambassadeur de France Charles Malinas estime que « le climat est de plus en plus apaisé » et que la France doit maintenant aider la nouvelle présidente à « refaire fonctionner l’Etat ». | (AFP/Eric Féferberg.)
Bossangoa (République centrafricaine), le 16 janvier. L’ambassadeur de France Charles Malinas estime que « le climat est de plus en plus apaisé » et que la France doit maintenant aider la nouvelle présidente à « refaire fonctionner l’Etat ». | (AFP/Eric Féferberg.)
En deux mois, qu’est ce qui a changé en Centrafrique? 
 
CHARLES MALINAS. La situation sécuritaire. Lorsque je suis arrivé, nous venions de vivre trois jours de violences intenses qui ont entraîné la mort de centaines de personnes. L’opération Sangaris et la Misca (NDLR : la force africaine de l’ONU) ont permis de rétablir à Bangui un climat de plus en plus apaisé. Il y a encore des exactions, mais la vie a repris son cours dans la capitale et cela se voit au quotidien. Début décembre, il n’y avait pas un magasin ouvert, pas de taxi, aucun transport, aucune marchandise en circulation. Aujourd’hui, tout redémarre à Bangui.
 
La France n’a-t-elle pas sous-estimé la haine entre les communautés?
 
Non, je ne crois pas. On savait que la situation était extrêmement grave, raison pour laquelle nous avons décidé le déploiement d’une force militaire pour empêcher les massacres à grande échelle. Mais, c’est vrai, il y a aujourd’hui un phénomène inquiétant avec des populations musulmanes qui craignent les représailles et se déplacent. Notre mission est de les protéger, notamment dans l’ouest du pays où elles sont minoritaires. Deux forces agissent de manière différente. Les Séléka (NDLR : ex-rebelles musulmans), des combattants qui disposent d’un armement assez sophistiqué (fusils-mitrailleurs, mitrailleuses lourdes, lance-roquettes). Et les antibalakas (milices chrétiennes), davantage disséminés, qui possèdent des armes blanches et des armes à feu rudimentaires. Et désormais, nous avons aussi affaire à des groupes de pillards, des bandits qui profitent de la situation.
 
Tous les jours il y a encore des dizaines de morts… 
 
A Bangui, l’activité repart. Les projets de développement économique vont être lancés dans les semaines qui viennent. Les violences sont de plus en plus limitées et circonscrites à quelques arrondissements.
 
Le risque de génocide est-il écarté? 
 
Le risque d’affrontement entre les communautés existe toujours. Mais, nous faisons tout pour le faire reculer.
 
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