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POINT DE VUE

Centrafrique. La France continuera-t-elle à soutenir et protéger des putschistes ?


Alwihda Info | Par Jean-Gualbert TOGBA - 25 Novembre 2013 modifié le 25 Novembre 2013 - 23:06


La France continuera t-elle à soutenir et protéger une transition dirigées par des putschistes avec du sang des centrafricains sur leurs mains ? (Part 2/2)

La France face à l’auto handicap de la Centrafrique : L’impunité.

Toute la Centrafrique retient son souffle et est suspendue dans l’attente d’une prochaine intervention française qui ne fait plus l’ombre d’aucun doute. Cette intervention est annoncée pour les prochains jours afin de soulager le peuple centrafricain qui paie un lourd tribut dans cette agression. Faut il le rappeler que le pays a basculé dans le chaos depuis le coup d’Etat du 24 mars 2013 qui a évincé le président déchu François Bozizé. Un coup d’Etat mené par Michel Ndjotodia, le chef de la Séléka, une coalition des groupes rebelles hétéroclites qui avaient comme intérêt commun le soif du pouvoir sans en avoir la capacité ni les moyens d’assumer et conduire la destinée d’une Nation.

La Centrafrique n’est pas en guerre. Elle est agressée par une organisation criminelle en association des malfaiteurs pilotée par le chef rebelle Michel Ndjotodia et le FARE (le Front d’Annulation pour la Reprise des Elections), coalition des partis politiques centrafricains qui dénonçaient le résultat de la dernière élection présidentielle remportée par le président déchu François Bozizé. En voila encore une coalition qui fait dégât. Comme quoi, il faudrait se méfier des coalitions aussi honorables et motivées que se soient. Combien même - une seule coalition fait dégât, combien supportable une superposition de coalitions ? (Coalition SELEKA + coalition FARE). Ce mariage indigeste, contre nature d’une structure dite démocratique coalisée avec une organisation criminelle jette le discrédit sur la fiabilité des hommes politique centrafricains jusqu'à la crise Séléka. Une problématique que toute la classe politique centrafricaine confondue doit apporter un éclaircissement et se forger une déontologie.

On se souvient, pendant que François le centrafricain s’alarmait de la dangerosité de ce groupe et demandait l’intervention de la France pour couper l’herbe sous les pieds des rebelles, un fin de non recevoir lui a été signifié par l’autre François le français, pour motif que la France n’a pas pour vocation de protéger les pouvoirs africains en perdition ni de s’ingérer dans une affaire centrafricano-centrafricaine. Une occasion manquée d’éviter l’effusion de sang, stopper la progression de la Séléka et faire la pression sur le président déchu qui était en position de faiblesse et n’avait aucune capacité de nuisance assez sérieuse pour mener une guerre et de l’évincer du pouvoir, sans que le peuple centrafricain puisse payer le lourd tribut par son sang. Mais voilà, après tant d’allégations inexactes contestant la présence des éléments djihadistes sur le territoire centrafricain au coté de la Séléka. Mais la vigilance des ONG et Human Wright très actifs sur le terrain a contraint la France à faire un recadrage de sa politique en tenant compte de l’ampleur des dégâts humains sur la population civile. Ce qui a évidemment contrarié la France a présenté aux conseils de sécurité des Nations-Unis une résolution alarmiste sur le chaos centrafricain pour une intervention d’urgence.

Mais le point d’aberration est de voir exonérer Michel Ndjotodia de toute responsabilité dans la crise de la honte politique que travers la Centrafrique. Ce serait dire aux centrafricains de se faire justice eux-mêmes et c’est ce qui est entrain de se produire avec les groupes d’auto défense et de dizaine de groupes armés. Maintenant que Michel Ndjotodia et les acolytes ont le pouvoir, ils ne savent plus quoi en faire. Le mode de la gouvernance devient « on attend ce que va décider les chefs d’Etat africain qui vont se réunir à…. » Ou encore « les chefs d’Etat africains ont dit que … donc….». Pathétique ! Si la honte pouvait enterrer quelqu’un vivant ! Quelle peine !

Si la communauté internationale a à cœur ne fusse que d’aider la Centrafrique à lutter contre l’impunité, Il serait judicieux de commencer à rendre une vraie justice aux victimes de Michel Ndjotodia par son arrestation immédiate et qu’il dévoile aux autorités judiciaires de la CPI le contenu de son plan diabolique pour qu’un traitement radical et en profondeur soit apporté afin de neutraliser les poches de ce qui se prépare encore dans le couloir pour la déstabilisation de la Centrafrique en particulier et de toute l’Afrique en général.

Décider de la dissolution de la Séléka dans la précipitation unilatéralement sans aucune concertation avec les partenaires et experts en la matière est une stratégie de terre brulée afin de compliquer la mission de la sécurité aux partenaires. Ensuite, demander à la Communauté Internationale de solutionner la crise relève d’une pauvreté d’esprit que seuls Michel Ndjotodia et ses acolytes détiennent le secret. Il appartient à cette communauté Internationale d’être responsable en traitant Michel Ndjotodia et ses complices comme des terroristes parce qu’ils ont conçu une machine de destruction lâchée dans la nature et n’ont pas pensé à la sécurité de la population. Des machines fabriquées avec du matériel NON RECYCLABLE. Ce qui revient à dire que les éléments de la Séléka ne sont pas incorporables dans aucune unité de sécurité parce qu’il y a à ce niveau une incompatibilité avec les valeurs de la république. Voir des soudards tchadiens et soudanais dans l’armée centrafricaine est une haute trahison digne d’une pendaison.

Jean-Gualbert TOGBA
Jean-Gualbert TOGBA
Pendant que la communauté internationale se casse la manette pour le déploiement d’une force d’intervention militaire au crédit d’un désarmement forcé, Michel Ndjotodia enfonce le clou à chaque fois pour rendre improbable le retour à la sécurité. Mais au delà des mesures de déploiements des forces sur le terrain en Centrafrique, se pose la véritable question de la sincérité de voir la vraie stabilité et la paix s’installer dans ce pays. Les dés sont pipés d’ores et déjà pour voir une véritable rupture la médiocrité politique centrafricaine en faveur d’un renouvellement de la classe politique et des élites à l’allure où courent les événements : On fait un coup d’Etat, on tue, on viol, on vol, on met à terre les institutions et comme récompense, c’est le cadeau d’une transition dorée avec la cerise sur le gâteau, une élection dans le désordre et dans l’insécurité. A qui profite le désordre ? Il y a anguille sous roche qu’il faudrait extraire !

Rappelant-le que Michel Ndjotodia a conçu une organisation criminelle en association de malfaiteurs contre un Etat souverain et ses institutions, la Centrafrique. Son arrestation et son audition par la CPI serait un début de solution appropriée dans le traitement de la crise centrafricaine pour lutter contre l’impunité afin de rendre les esprits, corps et âmes des centrafricains disponibles à être réceptifs aux différentes solutions de sortie de crise. Faute de quoi, toute initiative serait vue comme une manipulation tendant à masquer la vérité et à couvrir les responsables de la tragédie centrafricaine.

Jean-Gualbert TOGBA