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AFRIQUE

Centrafrique : La folie des Anti-Balles AK


- 21 Février 2014 modifié le 21 Février 2014 - 20:53


Par ABDOULAYE BARRO

Un soldat français interpelle un anti-Balles Ak à Bangui. Crédit photo : Source
Un soldat français interpelle un anti-Balles Ak à Bangui. Crédit photo : Source
CENTRAFRIQUE (Le Pays) - Alors que les musulmans ont fui Bangui, les milices chrétiennes – antibalakas – s’attaquent aux forces internationales, en particulier au contingent tchadien, accusées de sympathie avec les musulmans. La guerre entre dans une nouvelle heure où des manifestants se réclamant des milices antibalakas ont engagé l’épreuve de force contre les forces de la Misca [Mission internationale de soutien à la Centrafrique] et de Sangaris [troupes françaises], lesquelles tentent d’évacuer des Tchadiens, on assiste bel et bien à un nouveau chapitre de la crise centrafricaine.
 
Aux alentours de l’aéroport de Bangui, les barricades, les explosions, les tirs nourris d’armes automatiques traduisent, visiblement, des scènes de guérilla – voire de guerre – entre les forces internationales et les antibalakas. Mais pourquoi ces milices osent-elles s’attaquer à des forces adossées à la légalité internationale, présentes pour secourir et sauver un peuple complètement naufragé ? Le changement de stratégie des antibalakas s’explique-t-il uniquement par une simple opération d’évacuation des ressortissants tchadiens ? Evidemment, rien n’est moins sûr.
 
Il convient de souligner que, depuis les propos musclés d’un général français traitant les antibalakas d’"ennemis de la paix", une guerre larvée est ouverte entre ces milices et les forces internationales. L’opération d’évacuation des ressortissants tchadiens n’est qu’un prétexte, un alibi utilisé par ces milices pour promouvoir leur nouvelle stratégie, celle de la terre brûlée. Mais il faut avoir un culot inqualifiable pour penser un seul instant qu’avec des machettes, des gourdins et des fusils de chasse on peut mettre en déroute des forces internationales lourdement équipées et professionnelles.
 
Ruptures violentes et haine sidérante
 
Cela dit, ce culot des antibalakas a un mérite : il va clarifier, une fois pour toutes, à Bangui, la situation sécuritaire. Les forces internationales sont condamnées à prendre stratégiquement le dessus, en désarmant définitivement les antibalakas. Mais au cœur de la stratégie centrafricaine, ce qui inquiète et stupéfie, c’est cette marche irrésistible vers le fratricide entre les enfants, tous membres de la même famille d’Abraham.
En République centrafricaine (RCA), certains miliciens se réclamant chrétiens rêvent de faire la fête à tous les musulmans centrafricains, notamment d’origine tchadienne.
 
Or les préceptes chrétiens sont destinés à faire vivre concrètement la fraternité humaine. Comme l’écrit [l'évangéliste] Jean : "Qui prétend être dans la lumière tout en haïssant son frère est encore dans les ténèbres. Celui qui aime son frère demeure dans la lumière, il n’y a en lui aucune occasion de chute." Ainsi, l’amour de Dieu ne peut s’accommoder de la haine de l’autre. Et tous les préceptes chrétiens et musulmans enseignent comment aimer son prochain.
 
En vérité, face au culot des antibalakas, nous avons affaire à des illuminés néopaïens, possédés par un désir de puissance illimité. Pourquoi leur conception du christianisme doit-elle inciter à la haine et au meurtre, en lieu et place de l’estime réciproque et de la fraternité ? Pourtant, par-delà la haine sidérante provoquée par ces ruptures violentes du lien humain entre Centrafricains, le chemin de la paix, du pardon, de la justice et de la réconciliation reste ouvert, praticable.
 
Quoi qu’il en soit, l’amour est plus ancien que la haine et l’on peut encore en Centrafrique faire triompher la vie sur la mort. Au-delà des antibalakas, la communauté dite internationale doit aider la RCA à réintroduire la pluralité, la discussion et le conflit constructeur, en vue de restaurer l’unité du peuple centrafricain. Mais ici, il ne suffira pas de pieuses professions de foi pour y parvenir.



1.Posté par Gino pacha le 22/02/2014 11:29 (depuis mobile) | Alerter
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Moi je pense que les antibalakas qui se disent chrétiens, doivent mètre l''amour du prochain enseigné par la religion chrétienne pour que la RCA retrouve la stabilité et la paix gage du développement durable. Que DIEU tout puissant garde la RCA

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