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AFRIQUE

Centrafrique: La presse en danger : Un directeur de publication dans la ligne de mire du président du HCC et ses sbires policiers ?


Alwihda Info | Par Mark KARANDEU - 31 Août 2016 modifié le 31 Août 2016 - 09:18

"Vous connaitrez la vérité et la vérité vous rendra libres", dit-on. Les organes des Professionnels des Médias en Centrafrique a suivi avec indignation et consternation les agissements du président Haut Conseil de la Communication, José Richard Pouambi qui s’est mis en spectacle ces derniers jours en faisant appel aux forces de l’ordre pour traquer le Directeur de publication du quotidien l'Expansion qui, pourtant, est dans une démarche de règlement d'une affaire de sanction dont elle a été l'objet après une publication d'un article, annotant les membres du gouvernement après leur 100 jours passés aux affaires. En effet, une équipe des forces de l'ordre (OCRB) que dirige le président du HCC, comme si il en est le directeur, est allée, dans la matinée du lundi 30 août 2016 dans les locaux de la Maison de la Presse et des Journalistes(MPJ) arrêter le Directeur de publication de l'Expansion, Thierry Serge VICKOS.


Centrafrique: La presse en danger : Un directeur de publication dans la ligne de mire du président du HCC et ses sbires policiers ?
Et c’est justement en plein exercice de leurs fonctions que tout le monde est étonné de ce comportement ce jour-ci, jouant au chef de bande, s’est permis de recourir aux forces de l’ordre pour traquer un confrère qui a été tenté à plusieurs reprises de gérer le problème avec lui à travers son institution dont celui-ci ne voulant coute-que-coute la tête du DP de l'Expansion. C’est bien déplorable qu’un confrère de la corporation, s’en prenne à ses confrères journalistes dans l’exercice de leur profession depuis son accession à la tête de cette institution. Face à cette intimidation grave tendant à embrigader la liberté de presse et à mettre à mal le processus démocratique en Centrafrique, les organes des professionnels des médias prend tout le peuple centrafricain, les Institutions de la République, notamment : La Présidence, la Primature, la Cour Constitutionnelle et le Parlement, les organisations internationales et les représentations diplomatiques à témoin de cette dérive attentatoire aux libertés chèrement conquises de hautes luttes par le peuple centrafricain. Voilà pourquoi les acteurs des médias de Centrafrique, ne sauraient admettre aucune menace et aucune manœuvre d’intimidation que ce soit de la part d’un président du HCC, avec la bénédiction de certains ministres chargés pourtant de faire l’image du pays, à l’étranger.
Certaines organisations internationales ont tenu déjà, après cette nouvelle, à rappeler que c’est sous ces trois dernières années que la RCA a reculé drastiquement dans le classement de « Reporters sans frontières ». Faut-il le faire remarquer, les assassinant, les arrestations et maltraitances illégales subies depuis un moment par les professionnels des médias ne sont pas étrangères à ce déclassement. Déjà dans cette affaire, RSF, met donc en garde le HCC et le gouvernement auquel il appartient contre toute tentative de musellement de la presse. En tout état de cause, plusieurs professionnels des médias rend le gouvernement et le président du HCC responsable des déconvenues qui pourraient résulter des manœuvres d’intimidation des acteurs des médias et invitent tous les professionnels des médias à se mobiliser pour des actions futures plus fortes en vue de barrer la voie à toute velléité de violation de la déclaration universelle des droits de l’homme, de la Constitution et notamment l'Ordonnance 005 sur la liberté de la presse en Centrafrique.
Sincèrement la Rédaction de l'Expansion ne fait que dénoncer la mauvaise gestion des affaires publiques, l'incompétence voire l'inefficacité de certains agents de l'Etat, la multiplication injustifiée des contrats simplifiés pour éviter les appels d’offres, la non-justification et la non-éligibilité de dépenses, la réception de biens non conformes aux commandes, l’octroi d’avantages injustifiés, la fabrication et l’usage de faux documents pour justifier des dépenses fictives, des manipulations des offres par les commissions de dépouillement et d’évaluation dans les opérations de passation des marchés publics, le non-reversement au Trésor Public de ressources collectées, et enfin de la réalité et de l’effectivité de certaines missions administratives, tout ceci, dans le but d'informer rien que le peuple centrafricain .
De mauvaise gestion, détournement de derniers publics, d’abus de biens sociaux... qui sont d’ailleurs connus. Des centaines de dossiers relatifs à la corruption dorment dans les tiroirs. C’est là où se trouve le vrai problème de notre pays. Les autorités à la fois politiques et judiciaires ne doivent pas chercher à en dormir le peuple avec des faux débats tels que la poursuite judiciaire engagée contre un simple journaliste.
Thierry Serge VICKOS ne vaut-il pas mieux que ces apatrides de l'UPC, de MPC, de la séléka et autres groupes armés qui, aujourd’hui règnent dans l'arrière pays et qui ont insulté tout le peuple centrafricain, incendient des villages, violent les femmes et leurs filles, vilipendent le nom du pays...
Au lieu de songer à emprisonner un innocent, qui n’a que ses idées, sa plume pour informer les centrafricains sur l’évolution politique, économique, sociale et culturelle de leur pays, il faut d’abord traduire devant la justice certains leaders des groupes armés terroristes ainsi que leurs combattants qui ont pris des armes contre les centrafricains. Sinon ça serait une justice sélective et à double vitesse.
Si l'Expansion est lu, tant adulé, cela veut dire qu’il a de la matière à critiquer, analyser et proposer.
Si elle critique le gouvernement, dans cet article parait incriminant par le HCC, c’est juste pour pousser ces ministres à plus d'effort de réalisation à travers les dossiers qui leur sont confiés le chef du gouvernement et le président de la République? Annoté ces ministres, est synonyme de les chasser du gouvernement? Ils sont encore là, et ils ont pris connaissance de leur faille qui a permis à certaines réalisations tant saluées par le peuple ces derniers temps? Ne dit-on pas que “Parler de liberté n'a de sens qu'à condition que ce soit la liberté de dire aux gens ce qu'ils n'ont pas envie d'entendre?”
Que veulent exactement le président du HCC qui parle d'une condition irrégulière de l'Expansion qui a pourtant mené toutes les démarches en vue d'obtenir son autorisation, mais ce dernier s'est refusé ce document pour des raisons non évoquées?
Certains criminels qui devaient être emprisonnés sont reçus aujourd’hui avec tous les honneurs. Ils sont caressés dans le sens du poil par nos autorités. Ces criminels étaient poursuivis pour crimes de guerre mais ils se la coulent douce aujourd’hui. Ils sont logés dans les bâtiments de l'Etat, sans parler des hôtels de l'Etat aux frais du contribuable. Ils narguent leurs victimes.
Or le cas de l'Expansion. Elle évoque dans son canard des sujets souvent sensibles mais qui sont une préoccupation réelle des centrafricains. D’où sa popularité. Il n’est pas apprécié uniquement par les lecteurs mais il est appréciée du milieu diplomatique et autres partenaires de la RCA qui voient en elle, un journal les vraies informations. Car dans ses publications, elle aborde des problèmes réels de la Centrafrique, même si on l'accuse de diffamation.
En Centrafrique, nous encourageons la démagogie et avec cette pratique le pays n’avancera pas. Si nous voulons la paix nous ne pouvons ignorer la justice équitable. Les plus hautes autorités doivent ouvrir les yeux à commencer par le président de la République.
Nos forces de l’ordre ont-ils le vilain reflexe de traquer un pauvre journaliste ? s’interrogent les citoyens. On se demande comment la Centrafrique s’en sortira avec des autorités qui ne veulent pas de la vérité. Quand on exerce le pouvoir, il faut écouter son peuple, sinon rapidement se serait le chao total. Le président Touadéra contrairement à ses prédécesseurs, n’acceptera jamais qu'un journaliste soit emprisonné, soit un organe soit réprimée par la force. On se souvient de ses cinq années passées à la Primature sous le régime de Bozizé. Rares les organes de presse ou les journalistes qui sont réprimés par le pouvoir en place. Et pourtant, le régime était accusé par la communauté internationale bien plus violent de la situation des droits de l'homme que celui d'aujourd'hui.
Le président du HCC, pour beaucoup des observateurs, n’est intéressé que par une chose, son intérêt et celui de certains membres du gouvernement, quitte à ce qu’on fasse taire la presse. Il ne veut être ni critiqué, ni dérangé au cours de son mandat. Les libertés il s’en occupe peu.
De toutes les façons, la mort est inévitable, et un adage dit que “Qui meurt a le droit de tout dire.” Mais en Centrafrique, on confond tout et le résultat donne ça. "Gloire aux pays où l'on parle, honte aux pays où l'on se tait", dira un politologue.



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