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AFRIQUE

Centrafrique : La révolution en perspective …


Alwihda Info | Par Rodrigue Joseph MAYTE - 12 Avril 2013 modifié le 12 Avril 2013 - 17:48


Bangui : Une personne tuée par la Séléka et la population proteste. Crédits photos : hyppolite Donossio
Bangui : Une personne tuée par la Séléka et la population proteste. Crédits photos : hyppolite Donossio
Par Rodrigue Joseph Prudence MAYTE


Avec la coalition Seleka au pouvoir, on ne cessera jamais de tirer sur la sonnette d’alarme pour la simple raison que le quotidien des Centrafricains devient de plus en plus alambiqué au regard des événements factuels qui se produisent fréquemment. De prime à bord, on s’interroge sur la volonté politique et l’engagement des nouvelles autorités à rétablir la paix et la sécurité sur toute l’étendue du territoire. Un réalisme politique primordial qui peine à prendre corps dans la gestion quotidienne des nouvelles autorités. D’emblée, les Centrafricains ont de fil en aiguille un regard courroucé à cause des sempiternels pillages, des actes de vandalismes, des viols à répétition…

A la lecture des événements, on a l’impression que les nouvelles autorités qui demeurent encore des rebelles dans leurs modes opératoires, mettent en amant la terreur pour se faire entendre par la population. Une méthode qui ne corrobore plus de nos jours et ne marche pas à tous les coups. Les faits sont hallucinants et pathétiques ; on observe d’un côté, un officier supérieur de Seleka qui impose d’une manière unilatérale la suppression de l’association nationale des étudiants centrafricains (ANECA) tout en ignorant les textes statutaires de la structure, de l’autre côté les forces de Seleka qui tendent des guet-apens aux paisibles citoyens en vue d’extorquer leurs biens matériels.

Bien que le nouvel homme fort de Bangui ait annoncé dès sa prise de pouvoir qu’il n’y aurait pas de chasse à l’homme, plusieurs Centrafricains s’étonnent des actes de barbaries, d’enlèvements, de kidnapping dont leurs parents sont victimes. En plus, il faut admettre que la culture du couteau apparaît tous azimuts dans les altercations usuelles…A l’aperçu de tout le monde, les policiers sont molestés copieusement et les militaires humiliés au prorata de leurs grades. Par-dessus tout, les rebelles de Seleka continuent de piller Bangui et les villes excentriques. Selon une source concordante,il s’est avéré qu’une colonne de 30 véhicules volés à Bangui par les forces de Seleka en partance du Soudan était tombée dans une embuscade le lundi dernier sur l’axe Ouadda d’une force non identifiée faisant plusieurs morts et des blessés du côté des maraudeurs de la RCA.

D’ores et déjà, des voix dissonantes s’élèvent au sein de la coalition pour réclamer les butins de guerre. A priori, les mercenaires soudanais semblent insatisfaits et promettent d’attaquer Tirigounlou, Gourdil, Sam Ouaddjia en vue de récupérer manu militari les objets volés et stockés par les Goulas et les Roungas depuis le début de la crise. Pire encore, la coalition vit une dissension profonde sur le fond et la forme par rapport à la gestion quotidienne de la chose publique. Les signaux d’une vendetta deviennent irréversibles. Une chose est sûre, la tâche est ardue pour l’occupant de l’hôtel Ledger…Les fonctionnaires et les étudiants feront entendre leurs voix dans un avenir proche lorsque les salaires et les bourses ne seront pas payés au moment opportun. Ce qui est sûr, la flambée du prix des denrées alimentaires qui va de crescendo alimentera la grogne populaire au point que les nouvelles autorités comprendront que l’imposture et la stature ne vont pas ensemble.
Rodrigue Joseph MAYTE



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