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EDITORIAL

Centrafrique: La sacralisation de l’union politique nourrit le sacrilège anti démocratique - Le train de l’enfer est en marche !


Alwihda Info | Par Jean-Gualbert Togba - 2 Août 2016 modifié le 2 Août 2016 - 21:01

« Quand le crime d’Etat politique se mêle au sacrilège – le sang ni l’amitié n’ont plus de privilège ».


L’autorité ne s’invente pas ni ne se décrète pas

Encore une ixième fois, la Centrafrique est entrain de rater le coche pour sortir du gouffre dont elle est plongée par les prétendus politiciens ménageant la chèvre et le chou - qui préfèrent avoir le dos au feu et le ventre à table. La mascarade électorale bien que, inappropriée, jouée sur le coup de dé et décriée par tous les observateurs et spécialistes comme très néfastes, sont censées, bon gré mal gré, remettre les institutions en place et faire asseoir l’autorité de l’Etat.
Mais voila ! L’autorité ne s’invente pas ni ne se décrète pas - Elle est l’émanation et découle de la personnalité à la tête de l’exécutif. Ils pensaient donner le bon Dieu sans confession à qui bon leur a semblé - résultat de course, nous assistons par la suite à un largage de longues perches dépourvues de crochets, imaginant la lune en pleine jour ! Un brassage de vent qui n’est que vanité de vanité. Et pour le centrafricain lambda, il n’y a rien d’anormal. Ce qui laisse penser que ce peuple participe et est complice de son propre malheur.

Il apparait qu’un pouvoir mal acquis n’a jamais profité à son détenteur et quand précocement, on arrive à une situation de statuquo, cela me fait dire que même la plus belle femme du monde ne peut donner que ce qu’elle a. On a laissé croire à qui veut l’entendre que le problème centrafricain se trouverait dans les élections. La Centrafrique a eu ses foutues élections et après ? On arrive à la viabilité de l’exécutif qui est cuit dans sons vin. Pourtant, les risques et les complications de la gestion des affaires de l’Etat et l’énormité de la charge à assumer étaient connus avant les élections. Rien ne peut justifier une quelconque défaillance de gouvernance. Il faut tout simplement assumer sa responsabilité et toutes les conséquences qui en découlent.

Chose grave, nous assistons à un véritable conglomérat de comploteurs contre la Nation, avec une classe politique coutumière du fait qui tient un éventail à bourrique contre le peuple. Ce conglomérat de trop qui s’ajoute à toute une armée mexicaine confectionnée, précédant et succédant les élections, les deux se livrent à un jeu de la pelle qui se moque du fourgon, à telle enseigne que je me demande quel régime d’exception faudra t-il à la Centrafrique qui a vu passer des régimes issus des élections, à ceux des coups d’Etat - De la dictature à des transitions politiques, avec une caractéristique commune : ils ont tous, les deux pieds dans le même sabot car qui s’assemble se ressemble.
J’ose comprendre que la démocratie est fondée sur des principes simples, de la pluralité des partis politiques. Ce qui suppose, après une consultation du peuple, qu’il y ait la formation d’une majorité coexistant avec une opposition pour le bien du jeu démocratique. Ceci étant, comme le fonctionnement d’un corps humain, tous les membres bien qu’indépendants sont liés les uns aux autres dans un synchronisme parfait pour l’équilibre du corps. Tous les membres ne marchent jamais dans le même sens. Il en est de même de la démocratie. Les hommes politiques centrafricains se morfondent, sont –il nostalgiques du parti unique au point de se fondre dans la masse gouvernante ?
Cette union dite sacrée ou encore que je qualifierais de l’union de la carpe et du lapin, entre l’exécutif et la classe politique centrafricaine d’une part, entre l’exécutif et les indépendants, les tatas, les tontons et autres zombies politiques d’autre part, réveillés par le sang de la grande délinquance et criminalité politique qui prennent pli dans ce pays, muselant un vrai débat interne sur les vraies problématiques à confronter et à affronter. C’est toute la démocratie Centrafricaine qui se trouve compromise, sans laquelle démocratie cette classe politique n’aurait pas eu une existence. C’est un attentat de sacrilège contre le peuple et contre la démocratie centrafricaine. Même si en politique, la sacralisation se démarque de la diabolisation, quand bien même que le conflit que va générer cet état de fait invitera le profane, pauvre victime, à jeter un regard critique et finira par la diabolisation du système.
Il va sans dire que la sacro-sainte union, démocratiquement incorrecte, cache la fébrilité, le manque de cap, l’absence de choix, de courage et d’engagement politique, le manque de fermeté, manque de vision politique et de perspective à susciter un début d’espoir - nous laisse penser qu’on est encore dans une transition politique (sans y être pourtant). La transition est finie.
En dépit du passé politique et de la situation contextuelle, le centrafricain doit être exigent envers la gestion des affaires d’Etat. Je retiendrais tout simplement ceci : On voit le passé plus meilleur qu’il n’a été. On trouve le présent pire qu’il n’est. On espère l’avenir plus heureux qu’il ne sera – Ceci n’est pas du tout péjoratif. Tout est à l’honneur de quiconque place la barre haute pour essayer de s’en approcher. Je soutiens que cela s’inscrit dans la recherche de la perfection et non se contenter du peu car, l’homme est un éternel insatisfait, c’est un bon comportement et un refus de défaitisme et de l’approximation.
Je finis par cette citation de Corneille qui dit : « Quand le crime d’Etat politique se mêle au sacrilège – le sang ni l’amitié n’ont plus de privilège ». Ceci étant, je fais juste remarquer que, quand le train du diable passe, le cortège qui le suit est évocateur et se rapporte en lui. La Centrafrique est-elle embarquée dans un train d’enfer ? Et à combien de fois sifflera t-il ? En tout état de cause, je l’ai déjà entendu siffler trois fois ! Les centrafricains seraient-ils entrain d’attendre l’apocalypse pour se réveiller ?
Que Dieu nous garde !
 


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