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AFRIQUE

Centrafrique : Le FPRC en recherche de nouvelles alliances ?


Alwihda Info | Par Abdoulaye Ngamende - 12 Avril 2017 modifié le 12 Avril 2017 - 14:51

Dans son objectif de conquête territoriale du nord et de l’Est de la Centrafrique, le FPRC pourrait-il oser certaines alliances qui lui permettrait d’asseoir son pouvoir sur a moitié du territoire de notre pauvre pays ? Cette question n’est pas si innocente qu’elle parait, car si Nourredine Adam contrôle déjà une très grande partie des ressources minières et bovines de la moitié nord du pays, il peut avoir besoin de relais pour l’aider à atteindre son objectif de créer son sultanat, ou obtenir des finances en cas de difficultés militaires. Déjà, dans le nord-est, les comités islamiques rendent la justice, une taxe est imposée aux exploitants des mines pour financer la coalition, le MPC d’Al Khatim contrôle le nord avec ses interventions à Ngaoundaye. Déjà en 2015, les médias avaient soupçonné des contacts de Nourredine Adam avec BokoHaram.


Alors on voit bien que, derrière une simple question et l’étalement de plusieurs indices, certaines réponses peuvent apparaitre. Le FPRC a de l’argent et contrôle un grand territoire. Il a besoin de troupes pour mener son action. BokoHaram est en difficulté, il est de plus en plus chassé de ses sanctuaires, alors il pourrait être intéressé par l’accueil en terre centrafricaine par le FPRC en échange du soutien financier et la participation à une tactique de terreur pour couper un peu plus le nord et l’Est de notre pays et dissuader une intervention armée qui serait alors compliquée.
Déjà, le FPRC s’est allié avec certains groupes anti-balakas pour chasser les Peuls. Chacun trouve son compte. Alors, pourquoi il ne le ferait pas avec BokoHaram ? Et si ça ne marche pas, il pourra faire accuser BokoHaram des éxactions.
Malheureusement, cette alliance du FPRC avec BokoHaram va aller avec le malheur des populations du nord et de l’Est. Même les autorités traditionnelles, comme le Sultan Ibrahim Senoussi de N’Délé, descendant coutumier des sultans de cette partie de notre pays, pourrait être mis de côté, ou supprimé, pour faire disparaître sa lignée historique et faciliter la création de la lignée de Nourredine Adam. BokoHaram, de funeste réputation, s’occupera du sale boulot, comme il le fait au Nigéria, au Cameroun et qu’il essaye de le faire dans la zone des trois frontières vers le lac Tchad.
Le FPRC continue de mettre la pression sur les autorités et les organisations internationales en manipulant les populations. Le 11 avril, une délégation de l’ONU, venue pour enquêter sur la mort d’un individu, a été caillassée par des gens dans le village de Bornou à Bambari. Une fonctionnaire de l’ONU a été blessée à la tête. Une preuve de plus des tentatives d’intimidation de la coalition FPRC-MPC-RPRC, avec certains de leurs alliés, pour isoler des zones entières, dissuader l’administration de revenir, empêcher l’information et instaurer une société extrémiste comme c’était le cas dans le nord du Nigéria avec BokoHaram ou dans le nord du Mali jusqu’en 2013 avec les groupes djihadistes.
Les informations ont du mal à filtrer, les gens ont peur, la terreur les obligent à se méfier de tout et de tout le monde pour ne pas être dénoncé. Les quelques informations, reçues par téléphone, rapidement, sont transmises par des gens courageux au péril de leur sécurité, de leur vie, et de celle de leur famille. Personne ne se demande jamais pourquoi nous n’avons pas d’informations de Vakaga, de Haute Kotto ? Parce que les gens sont déjà isolés et ils survivent en courbant l’échine pour ne pas être dénoncés ou lapidés.
Alors, au point où en est Nourredine Adam, son alliance avec BokoHaram serait possible. Elle validerait les contacts qu’il a déjà eus auparavant. Devons-nous attendre une catastrophe pour agir ? Est-ce que ça ne sera pas trop tard ? Pourquoi ne pas pousser la communauté internationale, les organisations de défense des droits de l’homme, le gouvernement, à agir rapidement pour éviter que la situation soit plus grave ?
Les médias peuvent avoir un rôle important de lanceur d’alerte pour inciter à l’action.




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