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AFRIQUE

Centrafrique : Le chaos désorganisé


Alwihda Info | Par La nouvelle centrafrique - 11 Mars 2013 modifié le 11 Mars 2013 - 11:41


Centrafrique : Le chaos désorganisé
La Nature ayant toujours horreur du vide, ce qui n'est pas rempli, elle le compense.
Ainsi devons-nous comprendre l'impact des diktats des accords se voulant de paix de Libreville sur la vie politique centrafricaine.

BLOCAGE !

Ces accords, tout simplement paralysent l'exécution des pouvoirs législatifs et exécutifs du pays, ouvrant la porte à ce qui n'est rien d'autres que l'anarchie, et le gangstérisme politique à tous les étages.

Déjà par culture de l'oralité, les "chefs" africains naturellement n'ont jamais pris au sérieux 'les papiers'. Ces papiers dont certains s'appellent CONSTITUTION.
Cela l'est encore plus, quand d'autres papiers (Libreville) en annulent d'autres (Constitution).

Un des articles des Accords de Libreville, c'en est même un des axes fondamentaux, oblige la Centrafrique à dissoudre l'Assemblée Nationale avant 2014.
Et sur ce seul point, le juriste constitutionnaliste sagace aurait immédiatement dû alerter les députés sur la nécessité de refonte et de modification complète du contenu de leurs séances tout en adaptant le chronographe des tenues parlementaires à l'évènement inéluctable.
Et il eut été intelligent de mettre en place une sorte de 'pont de compréhension' entre l'Assemblée Nationale et la primature, dans le cadre d'une 'pax romana' afin de compenser les vides et lacunes du texte de Libreville, et ne pas bloquer ainsi le fonctionnement des institutions.

Mais rien de tout cela n'a été fait.
L'Assemblée aveuglément ouvrait sa session 2013 'normalement' comme si elle avait 5 ans devant elle, et qu'elle n'allait pas disparaître dans moins de 9 mois.

Assemblée Nationale et Gouvernement se comportent chacun, comme si l'autre n'existait pas.

Or, la paix sociale d'un pays, sa crédibilité, ont besoin de LOIS à la fois organiques et judiciaires et administratives.
Et cela dans un pays 'normal' se passe dans le cadre de l'Assemblée Nationale.
Cette dernière étant désarmée pour 9 mois.

Pourquoi alors ne pas avoir coopéré avec le Gouvernement afin de légiférer en bonne intelligence ?

Libreville n'oblige pas le Gouvernement à suivre les ordres et votes de l'Assemblée. Cette dernière ne pouvant le faire 'tomber', tout puissamment 'Knkaïsée" qu'elle soit.
Libreville a transformé le monstre orange en géant de papier.

LA DESACRALISATION CONSTITUTIONNELLE

Notre consoeur Fabiana Alvarez, explique le mépris des 'papiers' par les élites au pouvoir en Afrique et en Centrafrique en particulier, par l'héritage psychanalytique des violences subies sous la longue colonisation française.
Violence traumatique, qui pour elle explique le fait que seuls les pays issus de la colonisation française restent sous-développés et psychologiquement toujours sous la dépendance de la "Métropole".

Et en substance dit-elle : 'Si la France, terre des Droits de l'homme nous a fait tant de mal, tant détruits, avec ces chefs coloniaux dotés de tous les pouvoirs et ayant droit de vie et de morts sur tous, nous ne faisons que reproduire cet héritage, avec nos dictateurs hors la loi".

De fait, l'ensemble des textes constitutionnels des pays francophones ne sont que des basses copies, des mimétismes superficiels, empruntant à diverses techniques constitutionnelles françaises, traduit dans un camouflage de la part des dirigeants africains, seulement soucieux de préserver leurs prérogatives souvent acquises par la force.

En acceptant de souscrire à un constitutionnalisme de façade, et en faisant mine de respecter des mécanismes démocratiques, l’élite dirigeante se pare des atours d’un système rationalisé, afin
d’afficher une maturité propre à une intégration internationale.
Obligation pour espérer recevoir des aides financières.

Mais le mimétisme de camouflage et de fausse légitimation, devient alors la cause de l’échec du constitutionnalisme, par une réception erronée des modèles constitutionnels recopiés, assortie d’une pratique à sens unique en faveur d’une caste dirigeante.

CONSEQUENCE: Incapable de régler les conflits et de réguler la vie politique, la Constitution issue d’un mimétisme altéré se prête alors à tous les détournements et mépris, qu’ils soient ou non parés d’une respectabilité constitutionnelle.
Et en copiant autrui, on reproduit une photographie, un aspect figé constitutionnel d'autrui d'un instant I. Car le Droit, à fortiori constitutionnel se doit d'évoluer constamment pour coller aux réalités du pays qu'il est censé coordonner.

LE FOLKLORE CENTRAFRICAIN

La Constitution centrafricaine en un article de sa Constitution dit:
"État de droit, souverain, indivisible, laïc et démocratique"

Si laïcité, que faisaient des religieux dans l'enceinte des élus du peuple, celle de son Assemblée nationale, prétendument pour y prier pour la paix ?
Si laïcité, sur quelle base le Chef de l'Etat impose chaque fin d'année 3 jours de prière obligatoire ?

Si indépendance des pouvoirs législatifs, que faisait le Chef de l'Etat dans les murs de l'Assemblée nationale le 8 Mars dernier ?
L'esprit de la Constitution lui interdisant pourtant d'y mettre les pieds.

Pouvoir de la Primature ?
Le Chef de l'Etat va jusqu'à nommer des directeurs de cabinet dans les ministères. Un comble !
Ce n'est ni son rôle ni dans sa prérogative.
Même les dictateurs les plus fiéffés n'ont jamais osé faire ça.
Et pourquoi pas aussi nommer par décrets les balayeurs des ministères ?

En vérité, nous sommes dans du comique de Droit, de la parodie, de la caricature, du dessin animé.
Et le drame est moins les non-respects du Droit que son ignorance.

ET EN GERANT UN PAYS EN CHEF DE VILLAGE, ON SE PREND LE RISQUE BOOMERANG DE VOIR D'AUTRES CHEFS DE VILLAGE SE LEVER DANS TOUS LES COINS.
CA S'APPELLE DES REBELLIONS, DES TROUBLES SOCIAUX, DES DEREGULATIONS ANARCHIQUES, ET POLITIQUEMENT PARLANT, L’AFFAIBLISSEMENT DE L'ETAT TOUT COMME LA VOIE OUVERTE A LA BALKANISATION.

© Mars 2013/LNC


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