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Centrafrique : Le chef de la MINUSCA fait son rapport au conseil de Sécurité


Alwihda Info | Par Alwihda Info - 6 Août 2015 modifié le 6 Août 2015 - 22:12


Bangui, le 6 août 2015 – Le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour la République centrafricaine, Babacar Gaye, a fait le point des derniers développements du processus de sortie de crise en Centrafrique, notamment après le démarrage de l’enregistrement des électeurs devant le Conseil de sécurité, le 5 aout 2015. C’était à l’occasion de la présentation du Rapport du Secrétaire général des Nations Unies sur la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA).

Devant le Conseil, le Chef de la MINUSCA a fait état d’une évolution positive marquée par les avancées enregistrées dans le processus politique même si la situation sécuritaire reste fragile. En effet, 478 000 électeurs se sont enregistrés seulement à Bangui. Le processus est enclenché malgré le gap financier de 11 millions de dollars qui demeure. A cet égard, Babacar Gaye a appelé les donateurs à s’engager davantage envers cet élément indispensable au processus de paix. Il a cependant alerté le Conseil sur «la récente décision du Conseil national de Transition de priver les réfugiés de leur droit de vote représente une régression alarmante et force à rappeler que plus efforts devraient porter sur la réconciliation», rappelant que cette décision va à l’encontre des recommandations du Forum de Bangui.

Le Représentant spécial a aussi remercié les bailleurs de fonds qui se sont engagés à accompagner le processus et s’est particulièrement réjoui de la contribution du Fonds de Consolidation de la Paix pour l’appui de 10 millions de dollars qui seront affectés aux priorités identifiées lors du Forum National de Bangui. L’amélioration de la situation sécuritaire a permis une reprise de l’activité économique notamment dans les localités où la MINUSCA est déployée et le retour de déplacés internes, a-t-il fait remarquer. A cet égard, il s’est félicité des efforts de toute la famille des Nations Unies en RCA qui ont conduit à la libération de 91 Fulani musulmans qui étaient maintenus contre leur gré dans des villages de la région de Yaloké.

Sur la situation sécuritaire, le chef de la MINUSCA a exprimé sa préoccupation face aux «nombreuses parties du territoire qui demeurent affectées par les exactions de bandes ou groupes armés».

A titre d’exemple, dans l’Ouest du pays «l’augmentation récente d’incidents violents sur l’axe principal qui relie Bangui au Cameroun est préoccupante». Dans le secteur Centre, les tensions intercommunautaires entre factions de l’ex-Seleka et groupes anti-Balaka dans les zones de Bambari et de Kaga-Bandoro continuent à constituer des menaces sur la protection des populations civiles. Ces violences ont néanmoins diminué dans le secteur de Bambari. Dans l’Est, l'ex-Séléka continue à avoir une présence militaire importante. Afin de la contrecarrer, la MINUSCA y appuie l’extension de l'autorité de l’Etat afin de mettre fin à leurs pratiques fiscales illicites. Dans le Sud-Est, l'Armée de résistance du Seigneur (LRA) continue d'opérer en extorquant de la nourriture et d'autres moyens de survie aux populations. Dans ce secteur, la MINUSCA a établi trois bases opérationnelles temporaires pour améliorer la protection des civils et limiter la capacité de nuire de la LRA. A Bangui, la sécurité s’améliore progressivement, et le retour des personnes déplacées du Camp de Mpoko à leurs quartiers respectifs est un signe encourageant même s’il reste fragile. Afin de pérenniser ces acquis, la MINUSCA a recours aux mesures temporaires d’urgence lui permettant d’arrêter les éléments subversifs lorsque les autorités de Transition n’ont pas les capacités requises.

Dans le même temps, des fonds sont disponibles et des avancées enregistrées dans des activités de pré-DDR à l’intention de l'ex-Séléka à Bangui ; il ne reste plus qu’à regrouper et à désarmer les combattants dans tout le pays. La plupart des signataires sont enclins à respecter leur engagement conformément à l'accord de DDR, mais les récents développements politiques ont soulevé des réticences, en particulier parmi les ex-Séléka, s’est inquiété le Chef de la MINUSCA. Il a par ailleurs fait état d’une étroite collaboration avec les autorités de Transition afin de créer des conditions propices à des élections calmes et transparentes.

A propos de la situation humanitaire, Babacar Gaye a indiqué qu’elle «demeure une préoccupation importante. Plus de 2,7 millions de personnes ont besoin d'aide, 450 000 sont encore réfugiées et près de 400 000 Centrafricains sont des déplacés internes ». Et d’exhorter les Etats-membres à répondre à l’appel humanitaire en vue de maintenir les progrès enregistrés.

«La RCA est á la croisée des chemins, les étapes à venir s’annoncent difficiles car elles nécessitent du dépassement de la part des leaders, du pardon de la part de la population et de la justice au bénéfice de tous», a ajouté Babacar Gaye. «Aujourd’hui, la stabilisation de la RCA requiert un soutien multiforme destiné à ouvrir une page nouvelle de l’histoire de ce pays à travers des élections libres, transparentes et ouvertes à tous. Nous avons allumé la flamme de l’espoir, il ne faut pas qu’elle s’éteigne, c’est notre responsabilité morale », a-t-il conclu.


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