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COMMUNIQUE

Centrafrique : Les réactions suite à l'interview de Michel Djotodia


Alwihda Info | Par Maître Tahéruka SHABAZZ - 4 Septembre 2014 modifié le 4 Septembre 2014 - 09:16


Centrafrique : Les réactions suite à l'interview de Michel Djotodia

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COMMUNIQUE DE PRESSE

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Lors d’une dernière déclaration complètement irresponsable, datée du 3 septembre 2014, de la part de M. Michel Djotodia, chef du mouvement rebelle Séléka, nous avons été effarés de lire des propos d’une gravité extrême. En effet, voici ce que M. Michel Djotodia déclare au média béninois Matin Libre de Cotonou :

« Après cinquante (50) ans de gouvernance par les chrétiens, un musulman vient au pouvoir, et on en fait un tapage de telle manière que ça a entrainé le chaos. Pour qu’il y ait équité, il faut qu’on redonne ce pouvoir-là à l’ex-Séléka.  ».

Une fois de plus ce chef rebelle se distingue de la pire des manières en versant dans l’exécrable instrumentalisation de la religion à des fins bassement opportunistes.

Non, Monsieur Djotodia ! Les Centrafricains ne font pas un « tapage » comme vous le dîtes avec dédain, parce qu’un Centrafricain musulman aurait été porté à la tête de l’Etat centrafricain. Ils vous ont tout simplement désavoué pour avoir apporté la mort par milliers sur des Centrafricain avec votre installation au Palais de la Renaissance. Vos troupes et affiliés se sont livrés à des crimes atroces, des barbaries indicibles et des exactions sans nom à l’encontre de la population civile centrafricaine. Même quand l’Empereur Bokassa Ier s’était converti de façon éphémère à l’islam, jamais de sang n’a coulé à cause de ce choix religieux personnel. Donc cessez d’enfumer la presse internationale en servant des prétextes fallacieux pour masquer votre seule irresponsabilité manifeste en termes de gestion de la chose publique. Les Centrafricains n’ont que faire de votre confession ou de celle de tout homme politique centrafricain. Seuls comptent les actes posés, et à dire vrai vos actes à la tête de l’Etat centrafricain ne plaident pas pour vous.

Vous dîtes, je vous cite, que « pour qu’il y ait équité, il faut qu’on redonne ce pouvoir-là à l’ex-Séléka ». C’est exactement cette façon patrimoniale de concevoir la politique, de pratiquer la politique que les Centrafricains en particulier, et l’Afrique en général, vomissent et rejettent de toutes leurs forces. Vous avez le droit de convoiter le pouvoir, de vous croire qu’il devrait vous revenir. Mais aucunement vous ne pouvez vous arroger le pouvoir en Centrafrique en marchant sur les cadavres des Centrafricains, en prenant en otage les Centrafricains par le biais de groupes rebelles armées sanguinaires ou en semant la mort à tout va. Le pouvoir en Centrafrique ne vous appartient pas, il n’est pas votre propriété, ni celle de votre clan ni celle de quiconque. Si vous voulez le pouvoir, conformez-vous aux conditions d’accession au pouvoir en commençant par déposer les armes, et en obligeant vos groupes armées à cesser les exactions contre les Centrafricains. Ensuite présentez-vous au suffrage des Centrafricains, et si ceux-ci estiment que vous êtes le seul, ou du moins le meilleur candidat, à même de ramener la concorde nationale, l’unité nationale, soyez-en sûr, souverainement ils vous élèveront au sommet de l’Etat, vous confieront les clés de la Maison Centrafrique et par conséquent légitimeront de la meilleure des façons possibles votre prise de pouvoir.

Hors de ce cadre, il s’agit ni plus ni moins que d’une usurpation scélérate, d’une abominable tyrannie, d’une violation quasi-blasphématoire de la souveraineté de la Nation centrafricaine.

Aussi, le Parti du Renouveau Panafricain (PRP) qui rompt avec cette praxis surannée, qui ramène l’Afrique dans le nihilisme politique, s’oppose fermement avec la dernière énergie à votre conception de la politique, à votre offre politique d’un autre temps, et qui ne peut être que source de destruction totale. La Centrafrique ne veut plus de ce type de politiciens, de responsables publiques, d’ « élites ». Il est de temps de renouveler le logiciel politique centrafricain car la version en place actuellement est datée, dépassée, périmée.

Que Dieu bénisse l’Afrique, qu’Il bénisse la Centrafrique. Vive la Centrafrique.

 

Fait à Dakar le 3 Septembre 2014

       Maître Tahéruka SHABAZZ, Président du PRP



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