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AFRIQUE

Centrafrique: Les tchadiens fuient en masse pour échapper à la mort


Alwihda Info | Par Temps réel - 28 Décembre 2013 modifié le 28 Décembre 2013 - 22:25

Happés par la spirale des tueries intercommunautaires, les très nombreux Tchadiens installés en Centrafrique retournent désormais en masse dans leur pays, un exode marquant un nouveau palier dans le déchirement de la société centrafricaine.

Ces civils craignent d'être victimes de représailles de milices d'autodéfense locales chrétiennes ou de foules en colère qui les accusent de connivence avec les ex-rebelles, majoritairement musulmans, de la Séléka qui ont chassé le président François Bozizé du pouvoir en mars 2013.


Ils sont venus détruire le régime chrétien, nous on va détruire le régime islamique ! On va les tuer, tous!", lançait, haineux, un habitant au passage d'un camion bondé de familles tchadiennes quittant la capitale. Le gouvernement du Tchad, dont des centaines de milliers de ressortissants sont établis en Centrafrique, a lancé un pont aérien depuis une semaine et a déjà évacué près de 3.000 personnes par avion, a annoncé samedi l'Organisation internationale des migrations (OIM). Des convois routiers quittent également Bangui, phénomène sans précédent dans l'histoire pourtant très troublée du pays. Des voitures remplies de ressortissants tchadiens quittent Bangui La France, dont l'armée quadrille Bangui avec la force africaine, a de son côté appelé l'ONU à jouer un "rôle plus important" en Centrafrique, où les violences ont fait un millier de morts depuis le début de l'intervention française, le 5 décembre. Un convoi de plusieurs dizaines de voitures remplies de ressortissants tchadiens a quitté samedi Bangui pour prendre la direction du Tchad sous les huées hostiles et menaçantes d'habitants de la capitale centrafricaine, ont constaté des journalistes de l'AFP. Des soldats français de l'opération Sangaris ont contenu des manifestants qui voulaient s'en prendre à ces civils rassemblés dans le 4e arrondissement dans un convoi formé de voitures particulières et de taxis chargés de leurs effets personnels. Réfugié près de soldats français, Abdoulaye Saken, accompagné de son épouse et de leurs quatre enfants, raconte: "j'ai voulu emmener ma famille à l'aéroport [où se trouvent les bases de forces françaises et africaines, NDLR] pour les mettre en sécurité mais nous avons été bloqués par des civils. Heureusement, maintenant l'armée française nous protège". Désespéré, il poursuit : "j'ai toujours vécu ici, mes enfants sont nés ici... on ne comprend pas". Accusés de soutenir les ex-rebelles Séléka Vendredi déjà, un convoi similaire avait pris la route pour fuir les violences meurtrières qui ensanglantent la ville. Au moins un civil avait été tué et plusieurs enfants blessés par des grenades lancées par des soldats tchadiens de la force africaine (Misca) qui protégeaient ce convoi fuyant sous les injures de la foule. Depuis le début de l'intervention française le 5 décembre, les violences interconfessionnelles se sont multipliées entre les milices chrétiennes "anti-balaka" (anti-machette, en langue sango) et la Séléka. Beaucoup de chrétiens, victimes pendant des mois des exactions des Séléka, ont soif de vengeance contre les ex-rebelles et les civils musulmans qui leur sont désormais associés. Les Tchadiens notamment sont accusés par une majorité de la population de soutenir les ex-rebelles Séléka, dont certains sont originaires du Tchad. Faiseur de roi en Centrafrique, N'Djamena a armé et soutenu la Séléka, selon plusieurs observateurs, dix ans après avoir favorisé le coup de force de François Bozizé. Hollande en appelle à l'ONU Après des journées et des nuits de tirs, la capitale centrafricaine a retrouvé une relative quiétude samedi matin. Seuls quelques tirs sporadiques ont été entendus durant la nuit de vendredi à samedi. Comme les jours précédents, l'armée française était largement déployée dans la ville, dans laquelle patrouillent également des détachements de la Misca. Le président français François Hollande a demandé vendredi à l'ONU de jouer "un rôle plus important" en Centrafrique. Au cours d'un entretien téléphonique avec Ban Ki-moon, le président a souhaité que "les Nations unies jouent un rôle plus important encore dans la période de transition en Centrafrique", après l'avoir remercié "pour l'action déployée par les Nations unies en vue de renforcer" la force africaine sur place, la Misca. Après cet entretien, les Nations unies ont annoncé qu'elles comptaient intensifier les discussions sur l'éventuel déploiement d'une force de maintien de la paix. De son côté, l'Union européenne a annoncé l'envoi d'urgence de 20.000 bâches pour abriter certains des centaines de milliers de Centrafricains chassés de leurs domiciles par les violences qui provoquent un désastre humanitaire dans un pays déjà parmi les plus éprouvés du continent. Temps réel


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