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Enquête

Centrafrique : Les vraies raisons de l’arrestation du “Général” Mahamat Ousmane


Alwihda Info | Par V.M - 12 Mars 2015 modifié le 12 Mars 2015 - 14:58


V.M

BANGUI (LNC) — Lundi dernier, à Bangui, Ousmane Mahamat Ousmane, ancien ministre de l’urbanisme sous Michel Djotodia se rendait à l’aéroport Bangui M’Poko pour récupérer son épouse rentrant de voyage.
Mais il n’ira pas plus loin, arrêté immédiatement avec 4 autres personnes, ses aides de camp, par la gendarmerie et la Brigade d’intervention rapide (BIR), au motif officiel de possession illégale d’armes et constitution de bande armée.
Ils seront conduit à la Gendarmerie pour investigation.
Et selon cette même gendarmerie :
“Ils avaient des armes sur eux, et leurs véhicules en étaient également remplis.”
Ajoutant encore que : “Qu’il était recherché depuis quelque temps par les services de sécurité. Il se promenait toujours avec des armes dans son véhicule ainsi que des aides de camp en dépit de la levée des mesures de confiance obtenue depuis le 20 février.”

MOTIFS PEU CREDIBLES

Alors que des centaines de personnes, ex chefs rebelles et autres circulent à Bangui armés au vu et au su de tous, Mahamat Ousmane n’étant qu’un parmi d’autres, dès lors, pourquoi lui et pas les autres ?
Officiellement, l’argumentation serait qu’il détiendrait à son domicile de nombreux véhicules et une grande quantité d’armes.
Et ses hommes, majoritairement des ex-Séléka contrôleraient le quartier Camerounais à Bangui, tout comme le quartier populaire du KAM 5.

Pour comprendre…
Il faut remonter au mois d’octobre 2014 pour saisir le fond caché de cette mise hors jeu de Mahamat Ousmane.
Car à cette date, Ousmane avait fait des confidences à la presse.
Il dénonçait une manipulation interne dont serait victime la coalition Séléka :
« Je voudrais réaffirmer ici l’unité de la coalition Séléka. tout ce qui se passe en ce moment, est le résultat d’une manipulation ourdie par un certain nombre de leaders en perte de popularité qui veulent par tous les moyens destituer ce mouvement ».
Mais plus grave, il mettait en doute l’impartialité des Sangaris :
« En fait, aujourd’hui, c’est la Sangaris qui contrôle tout. Elle fait la pluie et le bon temps. Cette force est passée de l’impartialité à la partialité. C’est ce qui pose problème aujourd’hui ».
Sur le PK5 :
« Nous savons qu’il y a des gens qui ne veulent pas que l’on sache que la paix est en train de revenir au Km5. Je suis aujourd’hui dans le Km5, cela signifie qu’il y a des efforts qui ont permis que les choses se passent aujourd’hui de manière acceptable. Mais, des volontés ne reconnaissent pas cette vérité pourtant palpable. Il y a toujours des gens qui pensent que le Km5 est un calvaire, un couloir de la mort, ce qui n’est pas vrai. Il n’y a pas de danger ici ».

Enfin, élément décisif à la nécessité de sa neutralisation, il est dans le collimateur du président tchadien Idriss Deby qui veut sa tête.
Le “général” Mahamat Ousman a été un proche de Nourredine Adam, qui lui a même confié le poste de conseiller au sein du mouvement Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique (FPRC) présidé par Michel Djotodia.

Mahamat Ousman est d’origine tchadienne, et fut le sous-préfet de Moundou, une commune du sud du Tchad, bien avant de rejoindre l’ex-rébellion séléka.
En conflit ouvert avec Idriss Deby, ce dernier avait mis sa tête à prix, le suspectant de « conspiration » contre son régime.

Ainsi, Idriss Deby a ordonné, la Centrafrique s’exécute…Comme d’habitude.
Côté Sangaris, cela fait “une grande gueule de moins”.

© Mars 2015 LNC - LA NOUVELLE CENTRAFRIQUE


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