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COMMUNIQUE

Centrafrique : Procédure pénale injustifiée contre des journalistes


Alwihda Info | Par Reporters Sans Frontières - 18 Avril 2014 modifié le 18 Avril 2014 - 17:41


Reporters Sans Frontières

Centrafrique : Procédure pénale injustifiée contre des journalistes
Reporters sans frontières s’inquiète de la procédure pénale engagée contre trois journalistes centrafricains et appelle à des relations apaisées entre les médias et le gouvernement de transition en République centrafricaine.
Au cours de la semaine écoulée, deux journalistes ont été arrêtés et déférés devant les juges pour avoir publié des articles jugé diffamatoires envers la présidente de la République Centrafricaine, Catherine Samba Panza. Ils sont retenus à la maison d’arrêt de Bangui. Un troisième journaliste, sujet d’un mandat d’arrêt, est actuellement en fuite. Ces interpellations interviennent alors que les journaux et leurs rédactions avaient déjà fait l’objet de sanctions suspensives de la part d’une juridiction composée de pairs, notamment l’Observatoire des Medias Centrafricains (OMCA) et l’Union des Journalistes Centrafricains (UJCA).
 
"Tout en déplorant la qualité de ces articles, que le Président de l’UJCA a lui-même qualifié de "presse de caniveau", Reporters sans frontières s’inquiète de voir des journalistes incarcérés pour des délits qui ont été dépénalisés depuis maintenant près de 10 ans grâce à la loi sur la presse de 2005", déclare Cléa Kahn-Sriber, responsable du Bureau Afrique de Reporters sans frontières.
 
"Nous serions également curieux de savoir sur quelles bases juridique le Procureur de la république, Ghislain Gresenguet, s’est fondé pour émettre les mandats d’arrêt contre ces trois journalistes, dans la mesure où la principale concernée par cette affaire, la Présidente de la République, n’a pas porté plainte contre ces publications".
 
Arrêtés respectivement les 14 et 15 avril, Régis Zouiri, directeur de publication du journal Le Palmarès et Patrick Stéphane Akibata, directeur de publication du journal Le Peuple ont comparu devant un juge pour "outrage au chef de l’Etat", "diffamation", "injure publique" et "atteinte à la sécurité intérieur de l’Etat". Des quatre chefs d’accusation retenus contre les journalistes, seul le dernier pourrait faire l’objet d’une procédure pénale. Ils sont tous deux détenus à la maison d’arrêt de Bangui. Un mandat d’arrêt a également été émis contre Ferdinand Samba, du journal Le Démocrate qui serait actuellement en fuite.
 
Ces arrestations s’ajoutent aux sanctions prononcées à l’issue de l’audience du tribunal des pairs des médias centrafricains du mardi 8 avril, et à laquelle avait assisté la substitut du Procureur. Les journaux Le Peuple et Le Démocrate avaient été condamnés à une et deux semaines de suspension de parution, respectivement.
 
Dans la situation de crise politique et sécuritaire que traverse la République centrafricaine, il est essentiel que les médias et les autorités travaillent dans une relation de respect mutuel pour les rôles et responsabilités de chacun.
 
Avec les droits des médias à une expression libre viennent aussi des devoirs d’exactitude et de mesure du ton utilisé, de vérifications des sources et de recoupement des informations.
 
De même, les autorités de la Transition, dans leur mission pressante de rétablissement de l’Etat de droit, gagneraient à faire appliquer les lois nationales existantes plutôt que de les instrumentaliser pour des objectifs à court terme.
 
La République centrafricaine a effectué la plus grande chute dans le Classement 2014 de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières, passant de la 65e à la 109e place sur 180 pays.


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