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AFRIQUE

Centrafrique : Sangaris, Francisco Soriano, débarqué pour manque de résultat


Alwihda Info | Par Gilles Deleuze - 23 Juin 2014 modifié le 23 Juin 2014 - 23:48


Gilles Deleuze

BANGUI (LNC) — Pas dans les habitudes de l'Etat Major français de remplacer un chef en pleine opération extérieure.
Pourtant, après près de 200 jours en Centrafrique, le général Francisco Soriano, fils d'immigrés espagnols ayant trouvé son salut dans l'armée en intégrant la prestigieuse école militaire de St Cyr, sera la première victime d'une urgence, dans cette patate chaude qu'est devenue la Centrafrique pour les autorités politiques françaises.

En vérité, la machine à expulsion de Soriano a démarré quand le ministère de la défense à Paris eut connaissance d'un reportage accablant de Canal + faisant clairement montre de fraternisation d'éléments de la Sangaris avec des chefs miliciens Anti-Balaka.
Cette fantaisie à Paris ne passa pas. Et depuis, le cher général était dans l’œil du cyclone.
Jean-Yves Le Drian le ministre de la Défense le 'bordait' depuis par des hommes à lui à M'Poko, chargé de lui faire des rapports en temps réels.
Le sort de Soriano était en vérité scellé dès le mois de mai 2014.

En cause, son inaptitude à mettre en place un véritable service de renseignement, susceptible d'orienter les opérations militaires des Sangaris.
Et le vase déborda avec le dossier 'Boda' dans la Lobaye, où des musulmans se retrouvent coincés par des hordes d'Anti-Balaka, et où les Sangaris ne firent que passer, juste pour poser une ligne de démarcation, transformant le sort des musulmans locaux en pogrom à la polonaise, comme pour les juifs à Varsovie durant la dernière guerre mondiale.

En cause également, comme très cruellement dans une récente analyse le rappelait le colonel DE LACAN, ancien conseiller militaire du président Bokassa, son absence de stratégie pour enrayer les violences en RCA.

En cause encore, et conséquence, l'image ternie des Sangaris en RCA sous le commandement de leur chef.
Pour rattraper le coup, Soriano faisait distribuer des ballons aux enfants à Bangui afin de donner se la jouer proximité de la population, mais de guerre lasse.
Les ballons n'ont pas rattrapés l'image désastreuse des Sangaris en Centrafrique.

POURTANT....
L'échec en Centrafrique du général Soriano était prévisible.
L'homme est avant tout un homme de dossier, un gestionnaire, et pas un chef combattant.
Son parcours passé l'atteste.
Commandant en 2011 à Besançon de la 7e brigade blindée, basée à la caserne Ruty, puis à Kaboul en Afghanistan, entre novembre 2012 et avril 2013 où il supervisera le désengagement des personnels et des matériels français d'Afghanistan.
C'est de son précédent poste à Libreville au Gabon où il commandait la base française permanente qu'il sera promu à Bangui.
Encore un poste de fonctionnaire.

En RCA, Soriano fut très vite débordé.
Ne comprenant rien des subtilités et des composantes complexes du conflit auquel il devait faire face, il aura finalement failli par inexpérience de l'action terrain.

Raison pour laquelle lui succède son antinomie, un 'buffle', un véritable soldat, Eric Bellot des Minières, général de brigade, et surtout un légionnaire pur jus.

© Juin 2014 LNC - La Nouvelle Centrafrique


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