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POINT DE VUE

Centrafrique : Si j’étais candidat à l’élection du nouveau Président de la transition


- 17 Janvier 2014 modifié le 17 Janvier 2014 - 08:57


KONGBO Elmar-Marcia, Commissaire Commandant de l’armée de terre.
KONGBO Elmar-Marcia, Commissaire Commandant de l’armée de terre.
La République Centrafricaine doit se doter d’un nouveau Président de la transition. Cette élection va augurer d’une nouvelle orientation de notre pays après le constat d’échec ayant abouti à la démission forcée de l’exécutif.
 
Aujourd’hui, l’insécurité est généralisée, les populations civiles sont soumises à des traitements inhumains et dégradants ; poussées à l’exode perpétuel ; refugiées à l’intérieur du territoire sur certains sites considérés comme « sécurisés » par les soldats de l’opération française SANGARIS et les forces africaines de la MISCA ou à l’extérieur dans les pays voisins. Plus que jamais, l’existence de la RCA en tant que Etat est hypothéquée. Dans ces conditions, il est quasiment impossible d’organiser des élections.
 
Etant donné la durée de la transition, il serait utopique de prétendre engager des réformes générales car l’objectif de celle-ci est de créer les conditions nécessaires et suffisantes pour le retour à la légalité Constitutionnelle par l’organisation d’élections transparentes.
 
Le projet que je proposerai, s’articulerai autour des axes suivants :
 
  • Rétablir la sécurité sur toute l’étendue du territoire
  • Rendre justice aux victimes de la crise actuelle
  • Organiser des élections transparentes dans le délai imparti
 
Changer de cap c’est :
 
I°) Rétablir la sécurité sur toute l’étendue du territoire
 
Le rétablissement de la sécurité passe par :
 
1°) Le cantonnement et le désarment des combattants des divers groupes armés.
 
Il s’agit de circoncire la libre circulation des combattants armés qui infligent aux populations civiles des traitements inhumains et dégradants et qui créent l’insécurité. Je déciderai de cantonner tous les éléments de la Seleka sur le site de Bérengo pour leur recensement, leur identification, leur désarmement et leur démobilisation. La question des supplétifs étrangers sera traitée sans ambages. Ceux, non coupables de crimes de guerre ou de crimes contre l’humanité ou de tout autre crime connu seront rapatriés dans leur pays d’origine. A l’opposé, ceux qui seront reconnus coupables de quelque crime que ce soit, seront purement et simplement mis à la disposition de la justice. Les combattants anti-balaka seront cantonnés au PK 26 route de Damara pour la même procédure.
 
2°) La reconstitution des forces de défense et de sécurité
 
Je reconstituerai les forces de défense et de sécurité à l’identique comme avant le 24 mars 2013 afin d’appuyer les efforts de la communauté internationale dans le processus de reconstruction du pays. Je remobiliserai les militaires déplacés ou entrés en clandestinité sur le territoire national et ferai rentrer sans délai tous ceux réfugiés hors du pays dans le but d’échapper aux représailles de la seleka.
 
3°) La restauration de l’autorité de l’Etat sur toute l’étendue du pays
 
Je restaurerai l’autorité de l’Etat, en redéployant très rapidement une fois les conditions de sécurité réunies les éléments des forces de défense et de sécurité sur leurs différents lieux d’affectation ainsi que l’ensemble des services de l’Etat. La sécurisation du corridor Beloko-Bangui fera l’objet d’une attention particulière pour faciliter les approvisionnements.
 
4°) La démobilisation et la réinsertion des ex-combattants dans la vie civile
 
Je démobiliserai ceux des ex-combattants ne satisfaisant pas aux critères d’exercice du métier des armes et procéderai à leur réinsertion dans la vie civile dans un processus d’accompagnement efficace au travers d’activités génératrices de revenus sous forme individuelle ou de groupement d’intérêts économiques. Un programme de Désarmement, Démobilisation et Réinsertion avec des acteurs engagés, intègres et désintéressés sera élaboré et mis en œuvre pour l’accompagnement de ces ex-combattants.
 
5°) La refondation d’une nouvelle armée nationale
 
Afin que plus jamais ne se reproduise en Centrafrique le tsunami Séléka, je jetterai les bases de la refondation d’une nouvelle armée nationale, équipée et entraînée en permanence, une armée de métiers fondée sur la culture du résultat, où les réussites sont reconnues et récompensées et les échecs analysés et sanctionnés au besoin. Le but étant d’avoir une armée motivée et animée par un idéal républicain.
 
Intègreront la nouvelle armée nationale, les volontaires parmi les anciens militaires des FACA aptes au métier des armes. Les inaptes seront, en fonction de leur profil, intégrés dans la fonction publique ou démobilisés et réinsérés dans la vie civile. Les ex combattants seleka et anti balaka volontaires et aptes, intègreront la nouvelle armée nationale, sous réserve de suivre avec succès la formation commune de base.
 
II°) Rendre justice aux victimes de la crise
 
Afin de recréer les conditions du vivre ensemble après toutes les atrocités perpétrées çà et là, il apparait plus que nécessaire de rendre justice aux multiples victimes du conflit actuel.
 
1°) Mettre en place un Tribunal populaire
 
Je mettrai en place un tribunal populaire, chargé de connaître les délits et crimes ne relevant pas de la compétence de la Cour Pénale Internationale afin de rendre justice et réparation aux victimes, souvent laissées pour compte dans les crises centrafricaines.
 
2°) Mettre en place une commission d’enquête internationale et un Tribunal Spécial pour la RCA chargés de juger les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité.
 
Je permettrai la mise en place d’une commission d’enquête internationale et d’un Tribunal Spécial pour la RCA, chargés de juger les auteurs et complices des multiples crimes de guerre et crimes contre l’humanité perpétrés depuis le 10 décembre 2012.
 
III°) L’organisation des élections transparentes dans le délai imparti à la transition.
 
Etape ultime d’une transition apaisée et dernier axe de mon engagement, j’organiserai des élections libres, démocratiques et transparentes afin que la légitimité des futurs dirigeants ne soit irréfutable. Avec un processus inclusif, le résultat des scrutins à venir devront être sans équivoque l’expression de la volonté du peuple. Un travail de sensibilisation sera fait sans ménagement envers les populations afin de susciter un regain d’intérêt pour le processus électoral.
 
Je tiendrai mon engagement une fois les autorités élues aux suffrages universelles directes, investies dans leurs différentes fonctions.
 
Enfin, présider la transition, c’est panser les plaies béantes du peuple, c’est réconcilier les Centrafricains de toutes ethnies, de toutes confessions religieuses, c’est recréer les conditions du vivre ensemble entre les citoyens.
 
Pour la renaissance et la refondation d’une République
 
Centrafricaine viable, je vous invite, dès le 18 janvier à choisir de changer de cap pour le bonheur de tous.
 
KONGBO Elmar-Marcia
Commissaire Commandant de l’armée de terre

Mouvement pour la Renaissance et la Refondation (M2R)