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POINT DE VUE

Centrafrique : Une transition crépusculaire


Alwihda Info | Par Rodrigue Joseph Prudence MAYTE - 15 Décembre 2013 modifié le 15 Décembre 2013 - 20:51


Michel Djotodia, qui a pris le pouvoir le 24 mars en Centrafrique au terme de l'offensive éclair des rebelles du Séléka. / Crédits : SIA KAMBOU / AFP
Michel Djotodia, qui a pris le pouvoir le 24 mars en Centrafrique au terme de l'offensive éclair des rebelles du Séléka. / Crédits : SIA KAMBOU / AFP
Devant l’implacable dégénérescence de l’actuelle transition, l’esbroufe inacceptable des enturbannés et le pouvoir résiduel voire impavide de Monsieur Amdroko qui a contribué largement à l’aggravation de la fracture sociale au point de créer un chauvinisme iconoclaste dans la Centrafrique profonde, les troupes françaises de Sangaris et celles des forces africaines de la Misma sont désormais déterminées à faire feu de tout bois afin d’éviter une foire d’empoigne désastreuse dans le pays. Il n’est guère fastidieux de reconnaître que la mission des soldats français et ceux des forces africaines s’articule autour de trois(3) points à savoir : sécuriser la Centrafrique toute entière, désarmer tous les groupes armés et faciliter la tenue des prochaines élections dans un laps de temps.

Même si les forces étrangères ont réussi à sécuriser Bangui, il n’en demeure pas moins que les exactions s’opèrent encore dans la capitale. Aussi le désarmement, qui avait rencontré un succès inéluctable, piétine en ce net moment pour diverses raisons. Quel contraste saisissant ! Les seleka utilisent plusieurs modes opératoires pour biaiser le processus du désarmement. Plusieurs sources concordantes qui ont connu l’ombre d’une authentification par les troupes étrangères font état de l’usage des véhicules humanitaires par les enturbannés ces derniers temps. Les mêmes sources attestent que les enturbannés utilisent les véhicules des contingents tchadiens de la Misma avec des fausses plaques d’immatriculations et des faux mandats africains pour procéder à des tueries ciblées.

Rodrigue Joseph Prudence MAYTE
Rodrigue Joseph Prudence MAYTE
Là ou le bât blesse, les armes, obtenues par le biais du désarmement et stockées par les forces étrangères à la Gendarmerie, sont immédiatement redéployées entre les mains des enturbannés grâce à l’immodestie enthousiaste du sulfureux colonel Narkoyo. Une attitude désinvolte qui rend davantage la mission des troupes étrangères absolument périlleuse. Au regard de ce mode opératoire des enturbannés qui change à tout va, la France a une crainte que cela se pourlèche dans d’autres domaines notamment le rapt et la rançon. C’est dans cette optique que le Ministre de la défense française a entrepris une mission éclaire en Centrafrique et au Tchad.

Une visite qui trouve sa raison d’être car le Ministre passera largement le savon sur le président de la transition afin qu’il prenne ses responsabilités par rapport au rôle ambigu du Colonel Narkoyo et celui de ses éléments. En outre, le Ministre de la défense sermonnera le voisin géant au pied d’argile pour qu’il mette son holà sur le jeu trivial de ses soldats stationnés à Bangui. Une approche pédagogique qui permettra à l’état major des troupes étrangères de se reconstruire tactiquement. D’ailleurs, les troupes étrangères savent qu’elles n’obtiendront le désarmement des groupes armés qu’au forceps. D’ores et déjà, les mercenaires tchadiens et soudanais refusent le désarmement. De surcroît, Ils se disent prêts à résister autrement aux troupes étrangères.

A l’évidence, cette résistance s’explique par la simple raison que ces mercenaires ont dorénavant un attachement (mariage et enfants) sur le sol centrafricain…Que voulez vous, la nature à horreur du vide…Mdrrr, Pdrrr ! Silence radio.

Rodrigue Joseph Prudence MAYTE
Chroniqueur, Polémiste mayterodrigue@yahoo.fr France, Vitré