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AFRIQUE

Centrafrique : l’état psychique d’un pays en déliquescence


Alwihda Info | Par ​Rodrigue Joseph Prudence MAYTE - 15 Mai 2013 modifié le 15 Mai 2013 - 01:45


Deux moins après la déchéance de l’ancien locataire du palais de la renaissance, la junte au pouvoir peine encore à rétablir la sécurité sur toute l’étendue du territoire. Même s’il y’a un semblant d’accalmie à Bangui, les choses se dégénèrent davantage dans l’arrière pays. La précarité sociale en Centrafrique a atteint son paroxysme. Seulement 2% des fonctionnaires centrafricains ont  repris le travail et  les chances d’une stabilité sécuritaire  s’amenuisent davantage  avec  les rapts perpétrés quotidiennement  par les enturbannés. Quasiment, toutes les forces de défenses et de services publics qui constituaient les forces armées centrafricaines s’estiment en danger depuis l’éviction de l’ancien régime et tergiversent à reprendre le travail en fournissant comme alibi les représailles de la junte au pouvoir. Il n’est de secret pour personne que l’armée centrafricaine n’existe plus depuis l’avènement des enturbannées. Or, le seul fait d’ignorer la présence et la compétence distinctive des forces armées centrafricaines constitue un caillou dans la chaussure du Chef de la junte au pouvoir.
 
Déjà, certains militaires et policiers, qui ont tenté de reprendre le travail, ont été victime d’un acte de lynchage savamment orchestré par les enturbannés. En dépit d’un appel rassurant du Chef d’état major des forces armées centrafricaines pour la reprise du travail dans l’immédiat de tous les militaires, la méfiance des uns et des autres n’a point d’explications. Plusieurs événements  factuels démontrent avec outrecuidance  que la situation sécuritaire du pays échappe au contrôle du  Chef de la junte au pouvoir. Aujourd’hui encore, les rebelles continuent de piller, de violer, de violenter, de rançonner sans qu’une solution définitive soit trouvée par les nouvelles autorités. Au delà, du style discursif et déclamatoire  du pensionnaire de l’immeuble « Petroca », les activités quotidiennes  peinent  à prendre l’allure d’un pays en instance d’une reconstruction nationale. On dénombre encore sous les décombres dans l’arrière pays, une putréfaction qui dégage une odeur nauséabonde. Puisque l’administration centrafricaine se résume en ce net moment à Bangui, les villes excentriques semblent aux abonnés absents dans l’agenda du Chef de la junte au pouvoir et de son gouvernement.
 
Dans l’arrière pays, les Centrafricains qui ne veulent pas entreprendre le chemin de l’exile sont contraints d’avaler les couleuvres des enturbannés. Au demeurant, les actes de barbaries, que perpétuent les enturbannées, suscitent actuellement un sentiment de dédain et d’orgueil national au point que des résistances s’organisent ça et là. Les récentes nominations faites par le Chef de la junte au pouvoir au sein des forces armées issues de la rébellion  ont davantage alimenté ce sentiment délétère. Beaucoup de militaires ne cachent pas leurs mécontentements au regard d’une nomination du Chef de la junte qui catapulte un commandant au rang d’un général. La méthode peu orthodoxe des nouvelles autorités exaspère de plus en plus certains fils et filles du pays. Par dessus le marché, il y’a depuis un certain temps une rumeur tonitruante d’une probable recrudescence des conflits armés sous l’égide de l’ancien locataire du palais de la renaissance qui se propage en Centrafrique. La commune renommée semble assimiler à tort et à travers les tirs sporadiques des enturbannés à travers tout le pays en insinuant le retour de l’ancien locataire du palais de la renaissance.
 
Cette folle rumeur fait plus de peur que du mal chez les spécialistes de la transhumance politique ; ceux-là qui ont changé de veste au lendemain de  l’éviction du régime déchu. Une chose est évidente, le Chef de la junte au pouvoir s’arc-boute à son fauteuil en dépit de son impuissance autoritaire à s’imposer dans le paysage politique centrafricain. Les regards indiscrets issus du sérail présidentiel attestent que le Chef de la junte risque de postuler pour les prochaines échéances électorales. Il convient de reconnaître que le Chef de la junte n’est que le président de la transition. De facto, l’accord de Libreville n’a aucune emprise sur lui pour la simple raison que ce fameux accord ne concerne qu’un Président de la République et non celui de la transition. Cette nuance a été tellement bien interprétée dans l’entourage du Chef de la junte  au pouvoir que la tentation de postuler aux prochaines échéances électorales devient de plus en plus grande à ses yeux. De la même manière à laquelle, le Chef de la junte a surpris tous les financiers de la rébellion en s’auto proclamant président, il surprendra tous ceux et celles qui osent le sous estimer pour sa candidature aux prochaines échéances électorales.

​Rodrigue Joseph Prudence MAYTE



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