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AFRIQUE

Centrafrique : s’unir pour bâtir un avenir commun !


Alwihda Info | Par Abbas Kayangar - 11 Septembre 2013 modifié le 11 Septembre 2013 - 09:37


Depuis le départ forcé du dictateur centrafricain François Bozizé, une classe politique en mal de légitimité s’est trouvée un terreau fertile, en jouant sur l’exacerbation des sentiments xénophobes à l’égard des Tchadiens et Soudanais ou toute autre personne de confession musulmane. Cette montée de l’hostilité à l’égard des étrangers et centrafricains musulmans, est essentiellement motivée par leur volonté macabre de rallier l’autre partie des Centrafricains à leur cause. En proférant des accusations sur les nationalités, la culture, la religion et les idéologies, avec tous les risques de reproduire une des causes de la crise ivoirienne, l’ « ivoirité », pour ce cas d’espèce, la « centrafricanité ».


Il y a fort à craindre que cette manipulation des mentalités, puisse se manifester par des attitudes allant d’un simple préjugé défavorable à des actes extrêmement violents mettant en péril le ciment national et la cohésion au sein de la nationalité Centrafricaine d’une part, et la chasse aux étrangers(Tchadiens, Soudanais ou musulmans) d’autre part. Au lieu de crier sur tous les toits que leurs problèmes viennent des autres, les Centrafricains doivent faire violence sur eux-mêmes, vaincre leur démon et sevrer leur pays des coups d’État et des valses des dictateurs aussi extravagants et violents les uns que les autres. Ces politiciens veulent agiter le spectre que les problèmes de leur pays viennent des autres pour masquer leur engagement politique et social désastreux pour leur pays.



En reprenant la croisade contre l’islamisme comme fond de commerce et voie pour mieux asseoir leur base politique, les politiciens centrafricains sont entrain de vouloir conduire leur pays vers une pente glissante qui pourrait mettre à mal l’unité nationale et la cohabitation entre les différentes franges de la population. Car, la Centrafrique est un pays comme tous les autres. Être citoyen ne veut pas dire être catholique, protestant ou musulman, mais avoir en partageant l’appartenance à une nation, à un destin commun, loin des considérations ethniques, culturelles, régionales, idéologiques ou confessionnelles. Avant tout, la RCA est un pays qui avait ses propres valeurs ancestrales, loin des valeurs religieuses importées qui sont le christianisme et l’islam. On peut être Centrafricain tout en étant musulman, chrétien, juif, bouddhiste, athée…Bref, en choisissant sa propre vision de la chose religieuse.



Ces multiples appels à peine déguisés à la chasse aux sorcières vont directement à l’encontre des principes fondamentaux de la nation Centrafricaine. Ils veulent que des Centrafricains s’en prennent à leur compatriotes d’origine étrangère ou de confession musulmane pour la simple raison que la Seleka avait dans sa cohorte des mercenaires qui avaient usés leur arme et leur âme au Tchad et aux deux Soudans. La notion de citoyenneté et de nationalité ne doit pas seulement se baser sur la religion, l’origine, l’idéologie, l’appartenance ethnique ou régionale… Il faut abolir les préjugés et le rejet de l’autre pour former une seule nation centrafricaine qui doit se mettre aux labeurs pour sortir le pays de l’insécurité et du marasme économique.



C’est en acceptant que la Centrafrique était mal parti dès son accession à l’indépendance et chercher à trouver des solutions durables aux multiples coups d’état

et crises qui ont terni la vie politique et sociale en RCA, que les ressortissants de ce pays verront l’avenir de leur pays autrement. Nonobstant toutes les autres considérations, les citoyens centrafricains doivent être traités de la même façon et bénéficier des mêmes avantages et considérations. On ne doit pas attiser la haine et la peur de l’étranger, de son voisin pratiquant une autre religion que la nôtre et jeter le dévolu sur les autres, en arguant que nos problèmes proviennent d’eux. Stigmatiser les autres est une grossière erreur qui pourrait causer des sérieux antécédents au pays. Beaucoup de ces personnes qu’on accuse sont aussi des victimes des mercenaires tout comme la plupart des autres citoyens centrafricains. Les responsabilités doivent être clairement établies à tous les niveaux de la classe politique, de la société civile, des forces de sécurité et le rôle des puissances étrangères dans les troubles récurrents que connait le pays.



Il est grand temps de sortir du débat haineux et d’exclusion pour inscrire la Centrafrique dans une démarche de débat colligeant la légitimité démocratique pour répondre aux aspirations du peuple Centrafricains de manière à assurer une stabilité politique et la sureté républicaine. Les politiciens Centrafricains, la société civile et la presse doivent sortir de ce carcan qui les accule à reprendre à leur compte la séculaire rengaine, la veille politique du bouc-émissaire qu’est l’étranger ou l’autre.



Depuis son indépendance, le 14 Août 1960, la Centrafrique a connu plusieurs coups d’état militaires, et cela n’est pas l’apanage des Soudanais ou des Tchadiens. David Dacko n’a fait que 6 ans au pouvoir pour y être chassé le 1er janvier 1966 par Jean Bedel Bokassa. Ce dernier devenu empereur fantasque et clownesque le 04 décembre 1976, a été rattrapé par la nouvelle roulotte centrafricaine pour y être chassé à son tour, par ce même David Dacko, le 20 septembre 1979. André Kolingba entra dans la danse en chassant David Dacko du pouvoir le 1er septembre 1981. François Bozizé accéda au pouvoir par les armes le 15 mars 2003, il y sera chassé par la Seleka de Michel Djotodia le 24 mars 2013. À qui le prochain tour ? Djotodia échappera-t-il au jeu de la roulote centrafricaine ?



Au lieu de crier au vent, vomir leurs fiels et leur incapacité sur les autres, les politiciens centrafricains, la société civile et la presse doivent œuvrer pour relever les innombrables défis pour la restauration de la sécurité et de la stabilité. Ils doivent également mettre leur force ensemble pour lutter contre la pauvreté qui gangrène le pays et rend son économie exsangue. Les vrais problèmes de la Centrafrique ne sont ni les Tchadiens, ni les ressortissants de deux Soudan, mais les Centrafricains eux-mêmes, qui doivent combattre la division, le sectarisme, le clientélisme, le régionalisme, le népotisme, l’injustice, l’impunité, le confessionnalisme, les détournements récurrents et flagrants des deniers publics, la corruption généralisée et banalisée, les fresques et fantasmes de leurs dirigeants qui, une fois au pouvoir s’érigent tous les droits pour saigner à blanc le pays et violer les droits fondamentaux de leur compatriotes.



De David Dacko, Bokassa le mégalomane à Bozizé l’indolent, la Centrafrique n’a connu que des dirigeants incompétents et autoritaires qui ont conduit leur pays dans un gouffre sans fond. Il est encore temps de sauver le pays contre la fourberie des Hommes politiques qui veulent un bouc-émissaire pour décharger sur les autres, le fardeau de

leur incompétence notoire à conduire le pays vers le droit chemin. Tous les Centrafricains doivent faire abstraction des discours haineux pour un appel citoyen contre la xénophobie et la démagogie des politiques, enfin que le pays retrouve la sérénité, la paix, la justice, la stabilité et la cohésion nationale. Les Centrafricains doivent et ont obligation de laver leur linge sale en famille et cesser de pointer du doigt les autres comme responsables de tous leurs maux.



Que nos prières soient élevées auprès du Seigneur, Créateur de la terre et des cieux, et de tous ceux qui y habitent afin que la Centrafrique retrouve pour toujours la paix et la voie vers son développement économique et social. Que le ciment de l’unité nationale soit plus fort que les propos haineux, démagogiques et dangereux d’un groupe de citoyens qui rêvent de plonger davantage le pays dans le noir. Il est maintenant temps de faire table rase sur les coups d’état et convaincre tous les Centrafricains, qu’ils soient de souche, d’origine étrangère, de toute confession confondue, de s’unir pour bâtir un brillant avenir commun. De leur union sortira la grandeur, la dignité, la justice, la paix et le développement au pays, loin des pantalonnades des politiciens qui ne visent que leur intérêt personnel.

Abbas Kayangar


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