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INTERVIEW

"Chaque tchadien doit maîtriser l’informatique", ambitionne Dr Bakhit Amine Adoum


Alwihda Info | Par ATPE - 15 Mai 2015 modifié le 15 Mai 2015 - 23:40

Le secteur des Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication au Tchad est en pleine mutation. Dans un entretien exclusif à l’Info, le Dr Bakhit Amine Adoum lève le voile sur le coin de la recherche qui est au cœur des préoccupations des plus hautes autorités


"Chaque tchadien doit maîtriser l’informatique", ambitionne Dr Bakhit Amine Adoum

L’Info : veuillez-vous présenter à nos lecteurs.

Dr Bakhit Amine Adoum : Je suis Docteur en Génie Electrique et Electronique (Option : Télécommunications), diplômé de l'Université de Technologie PETRONAS de Kuala Lumpur(Malaysia).J’ai publié plusieurs articles dans de revues scientifiques. Je travaille au Ministère des Postes et des Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication depuis 2007.Je saisis cette opportunité pour remercier le Ministre des Postes et Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication et tout son staff, pour son  encadrement  et ses encouragements dans l’exercice de ma  tâche  quotidienne.

 

Quel est  le rôle et la position d’un chercheur dans la société? 


Dans la société, un chercheur joue un rôle de premier ordre. Son  rôle, sa fonction principale, c’est de faire avancer les connaissances, voire  de les disséminer. Il ne s’agit pas seulement  de comprendre comment les choses fonctionnent, mais également de mieux communiquer ce que l’on a compris et découvert, à la fois au grand public en général et au public spécialisé en particulier.

Le chercheur joue un  rôle plus vaste  qui  est celui de réfléchir sur  questions d’éthique. Il peut s’interroger  vers où se dirige la société.

Quelles sont les expériences les plus intéressantes à partager avec les chercheurs tchadiens?

Les chercheurs tchadiens doivent travailler dans d'autres domaines de recherche avec lesquels ils ne sont  pas familiers, afin de partager leurs expériences. La raison en est simplement parce que certains chercheurs ont choisi un mauvais point de départ avec une base très faible. Les chercheurs doivent  fournir un effort supplémentaire et consacrer assez du temps pour bâtir leur connaissance sur  une  fondation assez solide. Lorsqu’un chercheur n’obéit pas à cette règle élémentaire, il  finit   par devenir un simple follower. Le chercheur doit rester fidèle à son  propre domaine et travailler beaucoup pour l’améliorer. C’est ainsi qu’il pourrait obtenir de meilleurs résultats dans le même domaine.

 Le chercheur doit  aimer et profiter de sa  recherche. Peu importe, il faut essayer de trouver un domaine que vous aimez sinon. Car sans  aucune passion, il n’ya pas d’élan, aucun engagement, pas de financement de la recherche ; aucune publication ; pas de produits de recherche ; pas de promotion, voire  aucun bonus

Le chercheur  ne  doit être jamais  satisfait du résultat de la recherche actuelle. Il n'existe pas de « solution finale » dans le monde. Car, dans ce monde concurrentiel en pleine mutation, les gens demandent  toujours plus.

 La plupart des chercheurs ont tendance à être trop submergé par le produit de leur propre recherche. Le produit de la recherche actuelle peut être très grand et fantastique. Mais un jour, vous le trouverez peut-être, à votre grande surprise, « au musée ». Avoir  le produit de sa recherche  musée est un grand honneur. Très probablement, vous ne le trouverez nulle part ailleurs dans le monde. La  disquette est un très bon exemple. La recherche est un processus continu. C’est pourquoi, j’exhorte les chercheurs, chacun dans son domaine de compétence à travailler à l'amélioration de ses recherches. Il faut avoir  le courage de jeter vos travaux de recherche anciens et continuer à avancer.

Le chercheur ne doit pas se plaindre  que son  domaine de recherche ait  atteint le goulot d’étranglement. Le chercheur doit  sentir heureux et exciter  comme une nouvelle percée est juste en face de la ligne. Il est aussi temps de penser à l'extérieur de la boîte.

Quels sont les défis de la recherche et le développement de produits et l'innovation?

La réduction de la recherche à l'innovation de produit n'est pas facile. Faire de la recherche, c’est sortir avec un nouveau concept, ou bien faire une nouvelle  découverte. Ainsi, vous serez en mesure de satisfaire l'indicateur de performance (IP) de recherche. La plupart du temps, cela  ne vous conduirait  pas à l'innovation de produit tout de suite. Atteindre ce stade, résulte d’un long processus.

 

Vous venez d’organiser une formation à l’attention des 100 jeunes  lycéennes et collégiennes sur les NTIC. Que peut-on retenir de cette formation ?

La mission primordiale du département des Postes et des Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication est aussi de permettre aux jeunes de maitriser le système informatique et ses périphériques d’ouvrir et de gérer des comptes ou adresse électronique, comme E-mail ou les réseaux sociaux afin de bénéficier des avantages que l’Internet nous offre. Les TIC constituent aujourd’hui l’un des facteurs déterminants pour le développement. Le thème et sous-thèmes de cette formation sont révélateurs à plus d’un titre. Il s’agit  de « un avenir plein de promesse dans le secteur des TIC pour une nouvelle génération des femmes » ; « les débouchés du numérique : des solutions innovantes utilisant les TIC au service de l’emploi des jeunes ». La Stratégie Nationale du Développement   des TIC prévoit elle de faire des jeunes filles des pionnières de la création d’une économie numérique forte au Tchad.

Quels conseils donneriez-vous alors à un jeune étudiant  tchadien qui souhaiterait devenir chercheur ? 

S’il  ya un  conseil  à donner un jeune étudiant qui voudrait se lancer dans la recherche, c’est de  lire énormément sur des sujets de recherche variés, pour se faire une idée plus précise sur les thèmes de recherche  existants. Il faut aussi contacter ou aller voir le maximum des personnes spécialisées  concernés.

Fréquentiez-vous une association ? Si oui, quels bénéfices en tirez-vous ?

Je fréquente plusieurs associations mais pas physiquement. Les associations virtuelles que je fréquente sont celles appartenant au Group IEEE, Research  gate, Linkedlin. Les bénéfices qui en résultent sont multiples notamment en matière de partage d’expériences, nouvelles connaissances, construction d'un réseau d’amis exerçant dans des domaines d’activités similaire ou différents etc.

Si l’on vous demanderait de résumer votre personnalité en  trois  mots, que proposeriez-vous ?

Je suis passionné, ambitieux et  rigoureux.
 

Propos recueillis par Ramadji Florent Indinta



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