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AFRIQUE

Congo Brazzaville : Les ex-combattants Ninja décidés à enterrer définitivement la hache de guerre


Alwihda Info | Par Jonas Mvouanzi - 28 Juin 2015 modifié le 28 Juin 2015 - 21:00

Dans une déclaration jugée pathétique par le président Denis Sassou N’Guesso, les ex-combattants Ninja démobilisés du département du Pool ont fermement résolu de plus se servir de « bouclier » pour la prise de pouvoir par la Force. Cet engagement a été annoncé à l’occasion de la rencontre citoyenne en les filles et fils du département du Pool avec le chef de l’Etat, le 27 juin 2015 à Kinkala.


Pendant deux heures trente minutes (temps chrono), près de vingt personnes ont pris la parole, à tour de rôle avec des interventions parfois codées, mêlées d’humour, d’inquiétudes et de sagesse, entrecoupées d’intermèdes musicaux, à l’instar de la chanson sur « la marche de l’éléphant » que le président Denis Sassou N'Guesso.

La dégradation des pistes agricoles, la qualité des hôpitaux qui ne répondent plus aux attentes des populations, la réhabilitation des écoles dont nombreuses portent encore les stigmates de la guerre, voilà autant de préoccupations soulevées par des intervenants soucieux de la paix et du développement dans leur département.
Le district de Kimba a sollicité l’attention du Chef de l’Etat pour la construction du pont sur la rivière Loulali, trait d’union entre ce district du Pool et le département de la Lékoumou.

Les intervenants ont aussi insisté sur le développement des modèles économiques dans les 12 départements du Congo, en vue de développer le « made in Congo économique ». La création d’un département à part entière au bénéfice des districts d’Ignié et de Ngabé, la suppression des taxes farfelues au marché Bourreau à Makélékélé pour des produits en provenance du Pool et l’organisation des funérailles officielles pour l’Abée Fulbert Youlou, sont d’autre sujets évoquées devant le chef de l’Etat.

Mais, ce sont les ex-combattants Ninja qui ont volé la vedette avec une déclaration considérée comme pathétique par le chef de l’Etat qui a promis la garder soigneusement dans ses archives. La main sur le cœur, les ex-combattants Ninja ont dit haut et fort qu’ils s’inscrivaient, désormais, dans la dynamique de paix à la faveur de la main tendue du président Denis Sassou N’Guesso : « Les ex-combattants du Pool ne seront plus manipulés dans ce département. Ils ne seront plus le tremplin des gens pour l’accession au pouvoir. Le fils du Pool qui croit que le temps est venu pour prendre votre fauteuil… qu’il se dirige directement à la résidence des plateaux connue par tous les congolais ...», ont ils déclaré.

Les ex-combattants ne sont pas abstenus d’aborder le débat de l’heure sur le changement ou non de la constitution du 20 janvier 2002. Selon eux, cette constitution à rempli son rôle historique en pacifiant le pays et en restaurant l’autorité de l’Etat. « Un nouvelle constitution est nécessaire pour donner naissance à une nouvelle République », ont martelé les ex-combattants par la voix de Saturnin Tambika.

En guise réponse, le chef de l’Etat s’est fait humble, comme à son habitude : « Nous écoutons le peuple et nous apprenons au près de lui parce que, c’est lui qui est au contact de la réalité », a répondu Denis Sassou N’Guesso.Faisant la synthèse de l’échange, il a donné des éclaircissements, sur certains aspects d’intérêt national. Il a émis un vœu de ne plus voir le peuple congolais dans une nouvelle souffrance. Car, a-t-il déclaré, « on connait le goût du sang que lorsqu’on se blesse à la langue »,

Sur les questions politiques, le président de la République a plaidé pour l’instauration d’un dialogue inclusif. Mais, en toute franchise, il s’est dit opposé à toute ingérence étrangère, en soulignant que la communauté internationale n’a payé le prix de son ingérence du désordre causé en Libye, en Syrie et en Irak. « Je crois fermement en l’avenir du Congo », a conclu le président de la République.

En fait, Denis Sassou N’Guesso a toujours voulu d’un échange libre où les populations abordent, sans tabous, tous les sujets liés à la vie de leur département. A Kinkala, chef lieu du département du Pool, dans la salle polyvalente du collège d’enseignement technique, transformée en «Mbongui du Pool », cette tradition a été respectée.

Cette liberté de parole accordée, à tous sans, limite, signe de vitalité démocratique, a créé un remue ménage dans la salle, au début de la rencontre, puisque personne ne voulait rater l’occasion ainsi offerte. Lorsque le préfet du Pool, Jean Michel Sanga a interpelé la conscience de tous pour plus de discipline et de responsabilité, les signes de passion se sont faits lire. Puis le président de la République a reprécisé : « Chers Amis, il s’agit de la démocratie en question. Si, l’on n’est pas capable de la gérer, il faut être tolérant », a dit Denis Sassou N’Guesso.

Avec près de 400 personnes dans la salle, il ne manquait que la cérémonie de lavement de main pour que cette rencontre citoyenne ressemble de peu à une conférence nationale bis, où l’on a également noté la présence de la diaspora du Pool dans le Kouilou.




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