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AFRIQUE

Congo - Brazzaville : une opération top secrète de Sassou Nguesso dans le Pool, stoppée nette par les services français


Alwihda Info | Par Jean-François Rivière - 11 Juillet 2017 modifié le 11 Juillet 2017 - 23:37

Quand on évoque devant lui la situation dans le département du Pool avec l’insurrection qui s’y déroule à huit-clos, le président congolais, Denis Sassou Nguesso, se montre très irrité. Et pour cause : les miliciens Ninjas Nsiloulou de Frédéric Bintsamou, alias Pasteur Ntumi, font régner la terreur dans ce département proche de Brazzaville, perturbant ainsi l’approvisionnement en carburant de la capitale congolaise.


Denis Sassou-Nguesso (Reuters)
Denis Sassou-Nguesso (Reuters)
Pour ne rien arranger à la situation, la traque du chef milicien, organisée par l’armée congolaise s’est enlisée. Pourtant, elle a mobilisé, selon plusieurs sources crédibles, d’importantes sommes d’argent. C’est donc pour arrêter l’hémorragie que certains « Africanistes » du Quai d’Orsay, frères de Lumières comme Denis Sassou Nguesso qui est le grand maître de la grande loge du Congo, lui ont suggéré de recourir au service des mercenaires.

Une discrète rencontre est organisée à Brazzaville et un personnage sulfureux, probablement un ancien membre de la DGSE, utilisant plusieurs patronymes est présenté à Denis Sassou Nguesso. Un accord est conclu entre le ministère de l’Aménagement du territoire et des Grands travaux et la société Aurel Technologies, l’une des nombreuses et insaisissables sociétés dirigées par celui qui se fait appeler « Jacques Begaud » qui est un alias en réalité. Afin d’éveiller aucun soupçon, il est dissimulé sous le vocable suivant : « études de la cartographie topographique du corridor de la zone MALOUKOU, IGNIE, MAYAMA, KINDAMBA, VINDZA ». En réalité, il s’agit d’une opération de mercenariat destiné à capturer mort ou vif Frédéric Bintsamou.

Alias Jacques Begaud va multiplier des aller/retour entre Paris et Brazzaville sous de fausses et diverses identités. Histoire de semer les services français qui ne verraient pas d’un bon oeil pareilles opération. D’autant que l’activité de mercenariat est interdite en France. Il procède à des recrutements, met une fine équipe en place, dont l’une est chargée de prendre attache avec Frédéric Bintsamou afin de le faire sortir de sa cachette. Celui-ci aurait mordu à l’hameçon. Un lieu et une date de rendez-vous seraient même fixés. L’opération « taire le gourou » est lancée. Elle fera long-feu.

Le problème, c’est que alias Jacques Begaud est repéré par les fins limiers du contre-espionnage français. Il aurait été « vendu » par une personne ressource qu’il aurait contacté pour un coup de pouce, soutient mordicus l’un de ses complices, un certain « Nemer ». Aux dernières nouvelles, alias Jacques Begaud est cueilli le mardi 11 juillet à sa descente d’avion et mis aux frais.

Voilà comment cette opération montée en toute confidentialité et dans le secret par Denis Sassou Nguesso sera éventrée. Un échec cuisant, parce que sans « Jacques Begaud », il n’y pas d’opération. Et le risque, avance son complice, c’est que « les services français qui entretiennent des rapports discrets avec Frédéric Bintsamou ne l’encouragent à capturer les hommes envoyés par Begaud sur le terrain afin de piéger Sassou Nguesso et de l’affaiblir ». Celui-ci organisent en ce moment leur rapatriement. Rien ne dit qu’ils ne seront pas arrêtés à leur tour.