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MEDIAS

Crise en RCA : Le calvaire de la presse nationale


Alwihda Info | Par Jospin Lionel ZOUMIRY - 4 Avril 2014 modifié le 4 Avril 2014 - 10:09


Par Lionel ZOUMIRY

La multiplication des foyers de tension trouble toujours la vie sociopolitique et économique de la Centrafrique. Depuis un an et demi, le pays vit une situation d’exception. La présidente de la transition Catherine Samba-Panza compte toujours sur la communauté internationale pour l’aider à calmer les affrontements entre les milices armées. La presse nationale quant à elle, vit le calvaire dans cette crise. Le cas précis est celui du quotidien centrafricain l’Agora. Après dix années d’existence, l’Agora continue d’informer ses lecteurs avec exactitude, équité, impartialité et régularité dans une période où s’acquitter d’une telle mission n’est pas toujours facile.

Ils se réunissent tous les matins au siège de l’Agora, avec une tranquille assurance, pour préparer la prochaine édition de l’Agora. Dans la salle de rédaction, une affiche du code d’éthique et de déontologie du journalisme, punaisée contre le mur. Albert MBAYA, Directeur de publication donne les consignes sur les rubriques de reportage à ses journalistes. Quelques instants, un quartier de la capitale a été le théâtre d’affrontements entre les milices anti-balaka et séléka. Le quartier est désert, les éléments de la MISCA et ceux de l’opération sangaris interviennent avec des tirs sporadiques. Blasés de cette nouvelles, les journalistes présents à la rédaction du journal, notamment Lionel Zoumiry qui est responsable de la rubrique sécurité et actions gouvernementales ne trahisse aucune peur, même s’il n’a aucun moyen de protection sur le terrain. Comme le reste de la population, la presse nationale a appris à vivre avec les horreurs des crimes qui déchirent le pays depuis le 24 mars dernier.

La décision du Haut conseil de la communication de transition proclamant des mesures pour la protection des journalistes, n’est que du papier. Les réalités sur le terrain est tout autre. Les médias publics et privés fonctionnent au prix de leur vie sans concours majeurs des autorités locales. Dans cette période très sensible, ils invitent les journalistes à s’impliquer dans le processus de la pacification du pays sans autant donner les moyens nécessaires. A l’Agora, le directeur de publication invite ses journalistes à éviter d’écrire ou de dire « ce qui tiendrait à compromettre à la cohésion nationale ou d’inciter une communauté à la haine ». Ainsi, accusés d’être la radio mille collines, les radios publiques et privées ont été censurées pendant la période allant de 2011 sous le régime Bozizé à 2013 avec Djotodia.

Mais en dix mois sous le règne de Djotodia, la petite feuille de format A4 de l’Agora et d’autres organes de presse en a connu des ennuis. Des menaces, des saisies, des mises à sac, des procès de diffamation, gardes à vue et interrogatoires musclés des responsables de ces organes de presse. Malgré tout, le quotidien l’Agora a survécu aux turbulences et présente un peu de signe de prospérité : avec ses cinq journalistes et ses sept « personnels d’appui » la rédaction de l’Agora dispose en son sein d’un par d’ordinateur qui ne compte qu’une demi douzaine de postes. Avec une connexion internet, un groupe électrogène pour prévenir le délestage récurrent d’électricité et quelques matériels pour l’imprimerie. L’un des piliers de la presse écrite ne s’est pas épanoui avec cette crise et soumis à un contexte sociopolitique et économique instable. L’avènement de cette crise et l’engouement des lecteurs pour le débat politique dopent les ventes des journaux sur le terrain. Les annonces publicitaires n’atteignent non plus un niveau satisfaisant. Par ailleurs, l’Agora, comme le reste de la presse écrite, n’échappe pas aux réalités sociales décrites par les statistiques officielles : des 5 millions des centrafricains, seule une minorité des populations de la capitale declare lire les journaux. La presse nationale (audio-écrite) est desservie par un réseau de diffusion ou de distribution déficient et plombé par l’absence d’une messagerie nationale et des réseaux en onde courte pour la couverture de l’ensemble du territoire national.

Une subvention à la presse a bien été instituée en 2007 lors des états généraux de la communication par le gouvernement. Mais elle n’a été jamais donnée et « souvent le 3 mai, date de la célébration de la liberté de la presse, ils font un clin d’œil », persifle le directeur du journal Palmarès.

Lionel ZOUMIRY



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