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LIVRE

Culture : Les "chroniques de mon enfance" de Christophe De Gaulle


Alwihda Info | Par Franck Cana - 2 Juillet 2014 modifié le 2 Juillet 2014 - 17:44


Il y a dix-sept ans, l'écrivain camerounais Christophe De Gaule perdait son père avant que sa mère ne s'éteigne, il y a huit mois de cela. Comme des millions d'africains, il aurait préféré vivre continuellement au milieu des siens mais sa destinée l'a conduit au Canada où il réside depuis 2003. Ce natif d'Endinding au centre du Cameroun, à l'histoire particulière, relate le récit de son enfance et celle de ses soixante-huit frères et sœurs nés de quinze mères, dans son livre Chroniques de mon enfance.  
 
Dans cet ouvrage qui semble avoir été écrit à l'instant et à l'instinct, celui qui est l'homonyme du général De Gaulle, ancien chef d’État français, se raconte et parle du vrai visage du Cameroun. En allant passer quarante-cinq jours de vacances dans son village natal, il a du vague à l’âme. Un environnement qui lui a tout donné et lui a ouvert les yeux au monde ! Depuis l'étranger, il n'a cessé de songer à son pays et aux gens de chez lui ! « Comment, dès lors, vous oublier ? Comment vous fuir ? clame-t-il. Car dans sa tète résonnent ces paroles de Céline Dion « Non, je ne vous oublie pas, jamais ».
 
Un pays à découvrir
 
Le livre sonne simultanément comme une pédagogie, un espoir en cette Afrique en lambeaux et une découverte des merveilles végétales, culinaires, historiques, humaines et touristiques de ce pays. Dieu, comme tout cela lui aura manqué durant ces nombreuses années d'absence. Dans le pays Eton, tout ce qu'il fut et est remonte en surface. Les souvenirs sont comme d'hier. Le vacancier estime que, sous d'autres cieux, la pimenterie d'Obala serait un lieu touristique. Quiconque peut savourer les mets tels que le « bikob bi nyack, le zôm, le pkwem ou le sanga » dans les restaurants d'Etoa-Meki, appelés « Tourne-dos ».
 
Dans la nature villageoise, Christophe De Gaule semble renaître. Le bruit de l'eau de la rivière Foulou, celui des oiseaux de l'époque encore en activité, les effluves du coin et les visages des siens parviennent à faire couler ses larmes de joie. Mais parfois, l'ombre n'est pas bien éloignée de la lumière. De cette enfance, il aurait souhaité recevoir de l'affection de la part de son père, qui était un chef autoritaire, et en donner. « Aimer était le verbe de la honte. J'ai grandi sans jamais avoir avoué à ma mère que je l'affectionnais..Aujourd’hui 'hui que maman n'est plus, je peux enfin lui avouer ce que de son vivant je ne lui avais pas dit, une phrase si simple, mais pleine de sens : « Maman, je t'aime». Une affection encore absente, de nos jours, dans de nombreuses familles africaines où la violence parentale demeure souvent la règle.
 
Véritable miroir d'une société avec toutes ses facettes
 
Beaucoup d'émotions lors de ce retour en terre natale ! Dans une écriture spontanée, l'on découvre l'animation exceptionnelle du marché des lampes d'Obala avec ses revendeuses appelées Bayam Sellam « et leurs poitrines affaissées par les allaitements». Ces braves commerçantes qui parvenaient à acheter leurs marchandises de gros en courant « les derrières au vent en criant ». Après les jeux et le repas du soir, le narrateur se souvient qu'avec ses frères et sœurs ils étaient attroupés, les soirs de pleine lune ou dans une cuisine, autour de leurs quinze mamans qui leurs relataient « les histoires de la contrée et les fables de la région ». Des moments de bonheur !  
 
Quant à la corruption, elle se portait déjà à merveille. Comme cela était de tradition, à la vue des gendarmes, se trouvant au volant du vieux car, « Chercheur remettait à Radio, un vieux cahier dans lequel, il avait enfoui un vieux billet de cinq cents. Radio disait bonjour au gendarme, puis lui remettait le cahier-dossier du véhicule. Le gendarme faisait mine de contrôler les pièces du véhicule, puis après avoir retiré et coincé le billet entre ses doigts crochus, il remettait le soi-disant dossier à Radio ». Si besoin est de l'affirmer, on dira que Christophe De Gaule a écrit le passé et le présent de millions d'africains. Un éclairage qui atteste qu'on n'échappe vraiment jamais à soi-même.
                                                                                                          Franck  CANA
 
« Chroniques de mon enfance » tome 1, de Christophe De Gaule, éditions CDG, disponible sur www.312ruegutenberg.com, 110 pages.



1.Posté par aparcia Maleba le 03/08/2014 13:22 (depuis mobile) | Alerter
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Génial.

2.Posté par Françoise Bailly le 18/09/2014 16:53 | Alerter
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je voudrais me procurer le livre chronique de mon enfance comment puis je l'avoir

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