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AFRIQUE

D'après un nouveau rapport, seules des politiques ciblées axées sur les populations rurales permettront d'éradiquer la pauvreté dans les pays en développement


Alwihda Info | Par FIDA - 14 Septembre 2016 modifié le 14 Septembre 2016 - 18:00


D'après un nouveau rapport, seules des politiques ciblées axées sur les populations rurales permettront d'éradiquer la pauvreté dans les pays en développement
Rome, 14 septembre – La seule croissance économique ne suffit pas à sauver ceux qui, chaque jour, risquent de mourir de faim. Une nouvelle étude mondiale publiée aujourd'hui par le Fonds international de développement agricole (FIDA) montre que, pour pouvoir éradiquer la pauvreté, les gouvernements doivent adapter leurs politiques et leurs investissements de manière à transformer les zones rurales des pays en développement.

Le Rapport sur le développement rural 2016, publication phare du FIDA, est un appel de ralliement lancé aux décideurs et aux praticiens du développement pour gagner la guerre menée contre la pauvreté à l’échelle planétaire. Il réunit d’éminents penseurs afin d’analyser les expériences de développement rural dans plus de 60 pays en développement. Ces recherches approfondies jettent de solides bases sur lesquelles dirigeants et institutions pourront fonder leurs investissements et leurs choix en termes de politiques.

"Le Rapport sur le développement rural marque un changement de perspective", affirme Kanayo F. Nwanze, Président du FIDA, avant que le rapport ne soit présenté, aujourd'hui à Rome, au Ministère des affaires étrangères et de la coopération internationale de la République italienne. "Il place le secteur rural dans le contexte plus large du développement national. Il témoigne de la nécessité d’adopter une approche bien plus globale et holistique de l'économie pour garantir la prospérité à des millions de ruraux. Ce rapport conforte également le point de vue adopté par le FIDA sur la base de ses 40 années d'expérience, selon lequel investir dans le développement agricole et rural signifie investir dans l’ensemble de l'économie."

Le rapport déclare qu’il est impératif d’axer les efforts sur le développement rural et agricole, étant donné que, à l’échelle mondiale, 2,5 milliards de personnes tirent directement leurs revenus de petites exploitations rurales qui produisent 80% de la nourriture consommée en Asie et en Afrique subsaharienne.

Ce rapport s’inscrit dans le contexte d’un monde en mutation rapide, marqué par une demande croissante de produits alimentaires, par une migration accrue vers les villes ainsi que par les effets du changement climatique et de la dégradation de l'environnement. Il apporte un éclairage sur les enjeux et héritages historiques régionaux et nationaux ainsi que sur la manière dont des facteurs tels que l’emploi, les jeunes, les droits fonciers, l’accès à la finance, l'égalité des sexes et la protection sociale peuvent influer sur le succès des interventions.

Les chercheurs ayant contribué à ce rapport identifient quatre modèles de développement économique rural, en fonction du rythme de transformation et d’inclusion économiques et des objectifs de développement rural. Cette analyse rigoureuse et systématique du secteur rural permet de mieux comprendre à quels investissements clés et à quelles réformes des politiques la priorité devrait être accordée afin que les populations rurales, et la société dans son ensemble, en bénéficient.

"Nous nous sommes intéressés aux changements dans la vie quotidienne des populations, non pas à un niveau isolé et individuel mais dans le cadre de l’évolution de la situation économique des pays et du secteur rural", explique Paul Winters, directeur de la Division de la planification stratégique et de l’évaluation de l'impact, qui a supervisé l'élaboration du rapport.  "Nous avons systématiquement cherché à déterminer si la croissance économique avait entraîné une réduction de la pauvreté et dans quels cas l’accroissement de la productivité du secteur rural s’était traduite par la création d’emplois et de perspectives et, partant, par une augmentation des revenus pour les populations rurales."

Le rapport analyse en particulier l’impact de la transformation structurelle (c’est-à-dire l'élargissement de l’activité économique à des secteurs autres que l’agriculture, notamment l’industrie manufacturière et les services) et de la transformation du monde rural (c’est-à-dire la diversification des revenus ruraux et des gains de productivité agricole) sur la réduction de la pauvreté.

Ci-après certaines des conclusions du rapport:

La majorité des pays qui sont parvenus à se libérer rapidement de la pauvreté avaient diversifié leur économie et dynamisé leur secteur agricole.
La création d’emplois ruraux revêt désormais autant d’importance que la stimulation de la croissance.
La transformation du monde rural fait partie intégrante du développement économique d’un pays.
L’agriculture reste un secteur vital pour le développement économique, indépendamment du stade de transformation structurelle. Les dirigeants doivent élargir et consolider l'économie rurale axée sur l’agriculture grâce à des investissements en faveur de la création d'un secteur agroalimentaire moderne.
La disponibilité de financements et de services financiers est essentielle pour une transformation durable des moyens d’existence en milieu rural. Cependant, 2 milliards de personnes dans le monde n’ont pas accès à des services financiers réglementés et 73% des pauvres n’ont pas de compte bancaire.                                   
Ci-après certaines des conclusions du rapport au niveau régional:

En Bolivie, en Colombie, en Équateur, au Mexique et en Uruguay, les inégalités de revenu ont diminué en milieu rural – alors qu’elles ont augmenté dans la plupart des pays d’Amérique centrale – en partie du fait des transferts en espèces ciblés effectués par les gouvernements.
En Chine, en Inde, aux Philippines et au Viet Nam, la réforme foncière,
les investissements de base dans les zones rurales et d’autres politiques sectorielles ont constitué des facteurs décisifs pour la transformation du monde rural.
Les pays d’Afrique sont, pour la plupart, toujours aux prises avec l’accroissement du nombre de jeunes, avec un secteur manufacturier limité et en déclin, et avec des obstacles au développement profondément enracinés. L’augmentation récente de la productivité agricole n’est pas due aux avancées technologiques mais à l'expansion de la superficie de terres cultivées.
Dans la sous-région Proche-Orient et Afrique du Nord (POAN), les trajectoires de transformation du monde rural ont souffert de l’instabilité et de la fragilité, situation aggravée par des problèmes structurels liés à la pénurie d'eau et à l’explosion démographique des jeunes.
"La transformation du monde rural n’est pas automatique. C’est un choix", déclare M. Nwanze.
"Or les choix des gouvernements et des praticiens du développement ont un impact considérable sur la vie des populations et des nations."

Il ressort du rapport que les politiques doivent être inclusives et intégrer les populations rurales pauvres, et souvent marginalisées, au circuit économique afin que le développement rural soit durable sur le plan social, économique et environnemental. Il s’agit là de la seule façon d'atteindre les objectifs du Programme de développement durable à l’horizon 2030 et d'éradiquer l'extrême pauvreté et la faim.

"Les conclusions du rapport sont un cri d’alarme lancé à tous ceux qui se préoccupent du sort des enfants, des femmes et des hommes les plus pauvres de notre planète", affirme M. Nwanze. "Toutes les personnes, tous les gouvernements et toutes les organisations qui œuvrent en faveur de la lutte contre la pauvreté devraient lire ce rapport et agir en tenant compte de ses conclusions."


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