Accueil
Envoyer à un ami
Imprimer
Grand
Petit
Partager
COMMUNIQUE

DJIBOUTI : Harcèlements, arrestations et mauvais traitements dans la région d'Obock


Alwihda Info | Par Alkarama Foundation For Human Rights - 3 Juillet 2015 modifié le 3 Juillet 2015 - 11:32

Ces différents cas de détention sont illustratifs du harcèlement constant dont sont les victimes les habitants de la région d'Obock et les Djiboutiens en général.


DJIBOUTI : Harcèlements, arrestations et mauvais traitements dans la région d'Obock
Le 22 juin 2015, Alkarama et la ligue djiboutienne des droits humains ont transmis un appel urgent au Groupe de travail des Nations Unies sur la détention arbitraire (GTDA) ainsi qu'au Rapporteur Spécial des Nations Unies sur la torture et autres peines et traitements cruels, inhumains ou dégradants (RST) concernant les cas de 10 éleveurs de la région d'Obock détenus arbitrairement et maltraités depuis leurs arrestations respectives entre les 22 et 24 avril 2015. Détenus pendant 10 jours au secret, Aden Mohamed Ali, Abdo Yaidi Ali, Hassan Mohamed Hamadou, Mohamed Ali Mohamed, Mohamed Ahmed Houmed, Abdallah Mohamed Hanifa, Mohamed Yaidi Ali, Mohamed Hamadou Ali, Deberkaleh Mohamed Abdallah, et Ali Sillay Abakari ont finalement été libérés mais ont rapportés avoir été maltraités durant leurs arrestations et détentions. Un autre éleveur, Houmed Moussa Hamadou est quant à lui détenu depuis le 9 mai 2015 au secret dans la prison de Gabode et est à risque de mauvais traitements voire d'être torturé. Depuis le début du mois d'avril 2015, les autorités ont redoublé leurs frappes et opérations militaires contre le Front pour la restauration de l'unité et la démocratie (FRUD), un mouvement politico-militaire militant pour des changements démocratiques dans le pays. Ces mouvements militaires se sont concentrés dans le nord du pays et notamment dans le district d'Obock. C'est au cours de ces opérations que les dix hommes ont été arrêtés, violemment battus par les forces armées et emmenés dans des campements militaires. Sans aucun contact avec l'extérieur, ils ont été accusés de soutien au FRUD, une accusation souvent porté contre les habitants de la région, sans aucune preuve. Certains ont alors rapportés avoir fait l'objet de mauvais traitements au cours de leur détention secrète. Ce n'est qu'après 10 jours de détention au secret que ces hommes ont été libérés, sans n'avoir jamais été déférés devant une autorité judiciaire. Houmed Moussa Hamadou a quant à lui été arrêté le 9 mai 2015 dans la région d'Obock et est depuis détenu arbitrairement au sein de la prison de Gabode, notoire pour ses conditions de détention épouvantables. Détenu au secret, il n'a pas pu entrer en contact avec ni sa famille ni son avocat et n'a toujours pas été présenté à un juge depuis son arrestation. De plus, ayant lui aussi été accusé de sympathie avec le FRUD, il encourt aussi de gros risques d'être torturé. Sa famille reste impuissante pour le faire libérer car l'armée continue de jouir d'une impunité de fait à Djibouti rendant très difficile la contestation de sa détention. Ces différents cas de détention sont illustratifs du harcèlement constant dont sont les victimes les habitants de la région d'Obock et les Djiboutiens en général. Les journalistes et opposants politiques restent les plus exposés face aux exactions des autorités en raison de leur engagement pacifique et leur travail indépendant, tandis que les citoyens ne jouissent pas librement de leurs droits fondamentaux. Pour mettre fin immédiatement à la détention de Houmed Moussa Hamadou et demander des enquêtes impartiales et indépendantes sur les agissements de l'armée dans le district d'Obock contre les 10 hommes susmentionnés, Alkarama et la ligue djiboutienne des droits humains ont envoyé un appel urgent auprès du GTDA et du RST afin qu'ils interviennent, selon leurs mandats respectifs, auprès des autorités djiboutiennes. Alkarama appelle de plus les autorités à mettre un terme aux harcèlements dont est victime la population de Djibouti et de garantir le libre exercice de ses droits prévus dans le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP) ainsi que le Pacte international relatif aux droits économiques sociaux et culturels (PIESC), tous deux ratifiés par Djibouti en 2002, et en particulier les droits à la liberté d'expression, d'association et de réunion pacifique.


EDITORIAL | COMMUNIQUE | Informations | AFRIQUE | SCOOP | Spécial Mali | Santé | INTERVIEW | SPORTS | REACTION | MEDIAS | REPORTAGE | RELIGIONS | SERVICES | INSOLITE | ANALYSE | ARCHIVES | SCIENCE | LIVRE | Evènements